La politique et les partit français
Resume
Mon opinion sur la vie politique française, les partit et les institution
1) C’est quoi être de gauche et pourquoi je suis de gauche
1) 1) Motivation à être de gauche
1) 1) 1) Réponse gentille
Pour moi un jour il ne restera plus aucune trace de notre existence rien de tout ce que nous avons créé. Que le destin de l’univers soit de connaitre une mort thermique sous l’effet de l’accélération de l’expansion de l‘univers et de la monté de l’entropie ou d’un nouveau big-bang après plusieurs milliard d’année à se recontacter jusqu’à faire la taille d’un atome un jour tout ce que qui nous entoure et tout ce que nous avons produit aura disparu (y compris nos onde radio et les trous noirs)
De plus pour moi il n'y a pas d'âme éternelle ou de vie après la mort. Pour moi, il y a juste le monde tel qu'il est et quoi que l'on fasse il n'y aura aucune conséquence. Quoi que l'on fasse un jour, notre civilisation, notre espèce et tout ce que l'on a construit disparaitra.
En conséquence la vie n'a aucun sens. Et c'est tant mieux car ça veut dire que l'on peut lui donner le sens que l'on veut. Pour moi le sens de la vie c'est de se faire le plus plaisir le peu de temps que l’on passe sur terre.
Pour moi on est comme les IA. On est des machines qui cherchons à maximiser un score. La seule différence c'est que nous notre score n'augmente pas lorsque l'on arrive à prédire le mot suivant d'une phrase mais lorsque l'on :
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N’est pas stressé
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N’est pas malade ou blessé (en gros que l’on ne ressent pas de douleur)
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Que l'on mange de la bonne nourriture autant que l'on n’en a envie
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Que l'on a bien dormi
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Que l’on se sente propre.
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Que l'on découvre régulièrement des trucs
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Que l'on construit régulièrement des trucs
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Qu’on ne subit pas de contrainte de la part des autres
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Que l'on reçoit de l'amour, de l'affection ou des compliments des autres. Bref que l'on a l'impression d'être un membre apprécie du groupe dont on fait partie.
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Que l'on baise ou que l'on se masturbe régulièrement (je sais c’est beauf mais il n’y a pas de manière élégante de le dire et quoi qu’en pense les cul-béni, ça fait partie de la vie)
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Que l'on se sente en sécurité. C'est à dire que l’on n’a pas peur que dans le futur on est plus accès à tout ça.
Pour moi le but de la politique c'est de faire ne sorte que tout le monde est accès à ça. Pour moi le sens de la vie et toute les autres questions métaphysiques ce sont des questions triviales qui sont complétement résolu. Pour moi les vraie question intéressante et qui font turbiner mon cerveau c'est qu'est-ce que je peux faire pour augmenter les chances que moi j'ai accès à tout ça.
Et pour ça le meilleur moyen c'est que tout le monde y est accès car si seul moi ou mon groupe y ont accès je vais avoir peur qu'on me le prenne. Du coup la question c'est qu'est-ce que je peux faire pour que tout le monde y est accès.
Et la réponse pour le moment, c'est rejoindre la CGT, militer à la FI, accumuler le plus possible sur un ETF world, passer le moins de tems possible à travailler et consacrer mon temps libre (et une partie de mon temps de travail) à écrire des trucs qui m'amuse, faire du sport, lire des trucs, regarder de bonne série et de bon film, joué au jeux vidéo et manger ce que je veux sans me retenir d'aucune manière.
Bref d’être un hédoniste et un militant de gauche.
1) 1) 2) Réponse méchante
Je ne suis pas de gauche parce que je suis gentil. Je ne suis pas un chevalier blanc qui va venir en aide au pauvre ouvrier vivant dans la misère. Je suis bien trop égoïste pour choisir volontairement le camp des perdants. Et de toute manière, à mon avis cet ouvrier miséreux et sans ressource qui aurait besoin que des petits-bourgeois lui viennent en aide, n'a jamais existé ailleurs que dans les romans de Zola.
Moi ce que je veux c’est que l’on combatte ensemble notre ennemi commun. Moi je suis en mode : je suis un domestique bien traiter vivant dans la maison du maitre et toi un récolteur dans les champs de coton quoi se fait fouetter tous les 4 matins, mais on est tous les deux esclaves. Donc ça te dit que l’on se sert la main et que l’on aille couper la tête du maitre ensemble ? Mais passe devant parce qu’il a un flingue et que je suis allergique à la douleur (ça me fait mal).
En résumé je suis de gauche non pas parce que je suis touché par les difficultés des classes populaires à boucler les fins de mois ou par les violences infligées aux personnes racistes mais parce que je ne suis pas assez riche pour être de droites.
Parce que, je ne suis pas assez riche pour me passer d’un hôpital public en bon état.
Parce que, je ne suis pas assez riche pour supporter indéfiniment les hausses d’impôt nécessaire pour pallier à ceux que les milliardaires (et je dis bien des milliardaires) ne payent plus (environs 100 milliard d’euros par an si on remettait en place la progressivité de l’import et 30 milliards si on se contente de la proportionnalité). Parce que, je ne suis pas assez riche pour échapper aux conséquences de la guerre si les tensions dans le monde continuent d’augmenter.
Parce que, je ne suis pas assez riche pour échapper aux conséquences du réchauffement climatique ou éviter d’attraper un cancer à 50 ans si on ne réduit pas la pollution de notre eau, de notre air et notre sol.
Et enfin, parce que, dans le futur, je ne suis pas sûr de conserver mon statut de salarié relativement privilégié.
En effet si rien en change, le progrès technologique (au hasard : l’IA) ou les aléas de la vie pourrait très bien me reléguer au statut de précaire. Donc ma tranquillité d’esprit réclame que l’on supprime les statuts précaires et que mes privilèges deviennent des droits. Malheureusement la plupart de mes collègues souffrent le martyre rien qu’à l’idée que d’autres pourrait obtenir les mêmes privilèges qu’eux.
Et je sais que cette réaction aussi stupide qu’incompréhensible est très rependu dans toutes les classes sociales et notamment chez les classes populaires blanches (alors que ce sont ceux dont les privilèges sont les plus faible et menacés), donc je doute que cela se produise. Malheureusement le vieux coup de la droite de dénoncer les avantages des travailleurs les plus privilégiés pour pouvoir les réduire avec l’assentiment des autres travailleurs puis de répéter l’opération avec le deuxième groupe le plus privilégié et ainsi de suite jusqu’à avoir réduit les droits et le niveau de vie moyen de tous les travailleurs a de beau jour devant lui.
D'ailleurs l'un des problèmes de la gauche celons-moi, c'est que son discours s'adresse à un peuple mythifier d'ouvrier qui n'existe pas et qui n'a probablement jamais existé (ou alors de manière très minoritaire). Et surtout sur des modes d'action qui soit ne sont pas efficaces soit impossible à mettre en œuvre pour la majorité de la population.
Par exemple les appels à la grève c'est bien gentil mais pour les employés de bureau (26,2% des travailleurs d’après : INSEE ) en général ce n’est pas possible. En effet la plupart du temps (en tout cas c’est le cas dans mon entreprise), la majorité du travail peut être facilement reporté de plusieurs mois sans que cela ne nuise au chiffre d’affaires de l’entreprise. Le travail urgent qui met en péril la boite, s’il n’est pas fait dans la semaine est plutôt minime et pourrait facilement être reporté sur la minorité de non gréviste. Pour être efficace il faudrait qu’une grève soit massive et durent plus de six mois. Et convaincre des gens qui ne se parlent quasiment pas, ont des opinions politique, des statuts et des salaires très diverse à cause de l’organisation du travail de faire grève ensemble pendant une aussi longue période est quasiment impossible.
Attention je ne dis pas que la grève est tout le temps inutile ou impossible. Juste qu’aujourd’hui il existe un grand nombre de salarié pour qui c’est le cas.
Au contraire il y a des entités du groupe pour laquelle je travaille où la direction est terrifiée par l’idée d’une grève et cède immédiatement dès que 10% des salariés se mentent en grève pendant une journée.
Mais dans la mienne où une grande partie du travailleur sont des prestataires extérieurs largement capable de nous remplacer au pied levé si nécessaire et où la plupart des gens sont plutôt de centre-droit disons que la grève ça ne les effraye pas trop. En même temps pour convaincre mes collègues de faire grève il faut se lever de bonnes heures.
D’un autre côté le jour où ça arrivera la direction sera tellement surpris qu’elle risque de céder tout de suite sans même réfléchir. En fait oublier ce que je viens d’écrire, la grève ça reste un moyen d’action hyper pertinent. Juste moins efficace et moins simple à mettre en place que l’on veut bien se l’avouer à gauche.
1) 2) Définition de la démocratie
1) 2) 1) Introduction
C’est quoi le contraire d’autoritaire ? Vous ne savez pas ? Démocratie peut-être, mais ça ne semble pas très satisfaisant.
Déjà car même si la démocratie s’oppose à l’autoritarisme, son contraire n’est pas l’autoritarisme mais la dictature ou l’oligarchie.
Mais aussi parce que dans ce cas-là comment qualifier la France de Macron ou la Hongrie de Victor Orban, qui sont à la fois des démocraties et des régimes autoritaires ?
Des démocrature peut-être, mais cela n’a pas de sens. Comment un régime pourrait être à la fois autoritaire et le contraire d’autoritaire ? Vous serez tenté de me répondre que ce sont des régimes hybrides qui ont à la fois des caractéristiques des démocraties et des caractéristiques des régimes autoritaires. Une sorte d’en même temps si cher au macron de 2017.
Mais pour moi cela ne marche pas, car même si ses régimes sont bien plus libéral que des dictatures comme la Russie de Poutine ou la Chine de Xi Jinping, ils n’ont rien de démocratiques.
Attend quel mot j’ai utilisé là ? Libéral ? En fait c’est ça le contraire d’autoritaire. Le contraire d’un régime qui prive ses citoyens de libertés individuelles, ce n’est pas un régime où l’état est dirigé par ses citoyen, mais un régime où l’état garantit les droits et les liberté individuelle des citoyens (via un état de droit, la séparation des pouvoirs, légalité devant la loi, la lutte contre les discrimination, …). Un régime libéral donc.
Cependant je vois déjà les plus à gauche sauter de leur siège. Comment çà le contraire d’autoritarisme c’est libéral ? Ça voudrait dire que pour s’opposer à l’autoritarisme il faudrait être contre les services publics et la redistribution des richesses et tout intervention de l’état dans l’économie ?
Et puis d’abord s’il y a bien un point commun entre Xi Jinping, Poutine, Orban et macron s’est le soutient et la mise en œuvre à marche forcée de réforme néolibérale ? Si libéral est le contraire d’autoritaire comment pourrait-il être à la fois autoritaire et libéral. Cela n’a pas de sens ?
Je sais que certains tentent de s’en sortir en disant qu’ils sont libéral économiquement, mais pas politiquement cependant ce n’est pas une manière satisfaisante de s’en sortir, car si on en revient à mon problème initial, on se retrouve privé de mot pour désigner le contraire d’autoritaire. Ou plutôt le contraire d’autoritaire devient une périphrase, une partie d’un concept au lieu d’être un concept entier.
Par contre cette explication à défaut d’être satisfaisante met le doigt là où ça fait mal : pourquoi est-ce que ce que l’on appelle couramment le libéralisme économique est associé de manière indissociable dans un même concept au libéralisme politique ?
Pourtant ses deux concepts n’ont rien à voir.
Je sais qu’après la révolution Russe de 1917 certains idéologique comme Hayek ont essayé de lier les deux, en proposant des théories disant que le libéralisme économique était un condition nécessaire et suffisante du libéralisme politique. Que l’un entraînerait nécessairement l’autre. Et par corollaire que tout politique de redistribution des richesses, d’intervention de l’état dans l’économie ou de démocratisation de la gouvernance des entreprise (en gros faire que les salariés ai leur mot à dire sur les choix de leur entreprise) entraînerait un glissement vers l’autoritarisme.
Cependant en dehors de quelques cercles extrêmement minoritaire et farouchement anti-communiste (pour ne pas dire d’extrême droite), ses théories n’ont jamais convaincu grand monde. Et de toute manière, la réalité s’est chargé de les démentir.
En effet il est clairement apparu dans les années 30 que l’abandon du libéralisme économique n’était non seulement pas incompatible avec le libéralisme politique mais qu’en plus, il en était sa condition.
En effet la leçon tirée assez universellement des années 20 et 30 est que le libéralisme économique conduit nécessairement au fascisme. Et encore aujourd’hui les régime les plus libéraux politiquement (la suisses, les pays nordiques,…) ne sont clairement pas des pays socialistes mais dont partie des pays les moins libéral de l’OCDE économiquement. Et inversement les pays réputés les plus libéral économiquement, même si ce ne sont pas les pires dictatures du monde sont souvent très autoritaire, comme par exemple Singapour.
Ce qui n’a pas bien entendu empêché le retour à des politiques libérales économiquement dans tous les pays du monde depuis les années 70/80, avec les conséquences que l’on connaît.
En conséquence cette imbrication fait dans le langage courant semble incompréhensible.
Et ce n’est pas qu’un problème de maniaque de la classification qui n’a rien d’autre à foutre que de disserter pendant 3 plombes sur des problèmes de vocabulaire. Comme l’apprend à ses dépens, tout élève ingénieur : confondre les mots c’est confondre les concepts (et quand pour ses études, on fait des TP en électrotechnique ou faire le con peut signifier la mort par électrocution on a pas intérêt à être confus).
En effet comment réfléchir et communiquer avec d’autre si on ne dispose pas de mot ou de concept pour désigner ce dont on veut parler ? Et pire que ça dans notre cas, ce choix malheureux de mot véhicule l’idée que libéralisme économie et politique serait lié. Qu’il n’y aurait pas d’alternative au politique néo-libéral des années 80. There is no alternative (Vous avez la ref ).
En fait cette confusion des mots et des concepts est tout à fait normale. Ou plutôt elle est facilement explicable. Elle est la conséquence logique de la guerre des mots que nous livre nos dirigeants (politique et économiques) depuis plusieurs décennies. A gauche on se plaint surtout des conséquences de cette guerre dans le domaine économiques (salarié remplacé par collaborateur pour faire croire que l’on est tous égaux, plan de licenciement remplacé par plan de sauvegarde de l’emploi, cotisations sociales remplacé par charges sociales,…). Pourtant là où cette guerre est la plus insidieuse et la plus efficace c’est dans le domaine politique.
En effet dans le domaine économique à quelques exceptions près, la réalité que l’on veut cacher avec de joli enrobage linguistique saute tellement à la gorge des salariés, que la propagande patronale marketing créatif est globalement inefficace. Aucune campagne marketing ne pourra jamais faire croire à un salarié qu’il n’est pas soumis aux ordres de son patron ou que c’est ni juste ou agréable. Aucune stratégie de communication aussi bien pensé soit elle ne pourra convaincre un ouvrier venant de recevoir sa lettre de licenciement que son emploi vient d’être sauvé. Dans le monde de l’entreprise malgré l’omniprésence du bullshit managérial, tout le monde comprend automatiquement de quoi on parle vraiment.
Par contre dans le domaine politique, par nature bien plus abstrait et lointain, il connaît un succès retentissant.
C’est pour cela que j’ai décidé d’écrire un billet qui proposerait un vocabulaire, des définitions et un système de classement permettant de s’y retrouver un peu. Comme tout modèle, il est bien sur imparfait, pas neutre idéologiquement et amené à être dépassé mais j’espère qu’il sera utile à ceux voulant comprendre le monde qui les entoure ( et qui sait, peut être qu’un jour on l’aura tellement bine compris qu’on trouvera un moyen de l’améliorer).
1) 2) 2) La république c’est moi
Déjà on va commencer par une idée largement répandu sur internet : nous ne sommes pas dans une démocratie.
La démocratie n’a pas grand-chose à voir avec le fait de voter et strictement rien avec la présence ou non d’un état de droits, le respect des liberté individuelle, l’égalité devant la loi, la lutte contre les discriminations ou que sais-je encore.
Nous sommes dans un régime oligarchique voir monarchique. En effet pendant environ 2000 ans (de la république de Platon à la révolution française), on classait les régimes en fonction en 3 catégories en fonction de comment les pouvoirs politiques étaient répartis au sein d’une société.
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Si un pays est dirigé par tous les citoyens réunit dans un assemblé ou tous ont le même droit de vote alors on est dans une démocratie
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Si un pays est dirigé par un petit nombre de personne réunit dans un assemblé et que les autres n’ont pas leur mot à dire alors on est dans une oligarchie
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Si une seule personne décide de tout alors on est dans une monarchie.
Comme tous les systèmes de classification celui-ci est critiquable et incomplet. Et cela a conduit de nombreuses personnes au cours des siècles à proposer des améliorations ou d’autres modèles. Par exemple dans les faits on aura jamais un régime parfaitement démocratique ou monarchique (dans les faits même dans les pires des régime totalitaire le dictateur n’a pas tous les pouvoirs) donc si on applique strictement ce classement à des régimes réels on devra en conclure que tous les régimes du monde sont des oligarchies. Malgré tout ce modèle reste une approximation suffisante pour comprendre comment le pouvoir politique est réparti au sein d’un pays.
Cependant depuis la révolution française, tous les pays du monde se sont revendiqués être des démocraties et cela quel que soit leur régime. La chine dit être une démocratie, les anciennes républiques soviétiques disaient être des démocratie, napoléon disait que son régime était démocratique, alors que ce n’est clairement pas le cas.
Et ce n’est pas que de la propagande. Enfin si, mais la plupart des gens y croit au moins autant que nous nous pensons être en démocratie, alors que quel que soit le bout par lequel on le prend la 5 iéme république n’a rien d’une démocratie. Dans une démocratie le peuple décide mais en France même lorsque le peuple désapprouve à plus de 80% une réforme et que le peuple va dans la rue manifester son opposition cela passe sans aucun problème.
Les français sont très largement opposés à la réforme des retraites, à l’interdiction du cannabis au soutient militaire au génocide commis par Israël, aux exonérations d’impôt pour les nobles pour les grandes fortunes et les multinationales et le fait violemment savoir dans la rue, mais cela ne change rien à la politique menée par notre gouvernement.
Le résultat de tout cela c’est que plus personne ne sait ce que veut dire le mot démocratie (même vaguement).
Petit à petit dans le langage populaire (et dans celui de beaucoup d’intellectuels) on est venue en France à désigner comme démocratique un régime ou on respecte les libertés individuelles et l’état de droit (Ce que moi j’appelle un régime libéral).
Alors beaucoup essaye de justifier cette confusion des mots en disant que les libertés individuelles et l’état de droit serait des conditions nécessaires de la démocratie. Mais ce n’est pas vrai car le peu de systèmes fonctionnant aujourd’hui démocratiquement comme certaines associations ou petites communautés n’ont ni séparation des pouvoir, ni loi écrite (donc pas d’état de droit).
Bien sûr on pourra me dire que d’accord à petite échelle on peut être démocratique sans tout cela mais qu’à grande échelle ce n’est pas le cas, mais là ça dépend de ce que l’on appelle démocratie. Si dans un pays on décide de tout via referendum et que le peuple vote à 80% pour génocider les 20% restant est-on dans une démocratie ou dans une oligarchie où les oligarques représentent 80% de la population (on en revient à ma critique du modelé de Platon que j‘ai formulé plus tôt).
Certains diront que non et donneront une définition de la démocratie qui rend impossible d’avoir une démocratie autoritaire.
Moi je dis que oui. Pour moi la démocratie c’est une régime ou l’ensemble du peuple est consulté au moment de prendre une décision et cela peu importe la manière.
Avec ma définition il existe donc plusieurs types de démocratie, comme il existe plusieurs type d’oligarchie ou de monarchie et surtout la démocratie n’est en rien conditionné au respect des libertés individuelles de tous.
On peut très bien imaginer une monarchie libérale qui respecte les droits des individu et l’état de droit (bien que le caractère libéral du régime soit fragile étant donnée qu’en théorie le roi peut à tout moment cesser de respecter les liberté individuelle et l’état de droit).
On peut très bien imaginer une dictature de la majorité qui contrairement à ce que son nom indique serait une démocratie libérale où on ne respecterait pas les droits des individus. Après dans les faits, il y a peu de chance pour qu’une monarchie soit libéral. Du moins sur le long terme, car sur le court terme la France du général De gaule a prouvé qu’il était possible sur plus de 10 ans de concilier monarchie et libéralisme (le général concentrait pratiquement tous les pouvoir entre ses mains mais à ma connaissance l’état de droit n’en a pas trop souffert).
Et sauf circonstance exceptionnelle, il y a également peu de chance pour qu’un peuple décide démocratiquement de porter atteinte au droit d’une partie des siens. Mais comme il n’y a jamais eu aucun pays démocratique dans l’histoire récente qui a duré plus de quelque années (voir mois) avant de se faire écraser militairement par ses voisins, c’est impossible à vérifier expérimentalement.
Je terminerais juste ce passage pour dire que : oligarchie, démocratie ou monarchie sont en fait des familles qui regroupent plusieurs régime différents (on peut affiner le modèle).
Les monarchies peuvent par exemple se diviser en monarchie héréditaire, élective ou de droit divin en fonction de comment on désigne le roi et d’où, il tire sa légitimer à gouverner. On peut aussi parler de monarchie absolu et de monarchie constitutionnelle pour différencier les monarchies libérales et illibérales. Ainsi la France du général de Gaulle apparaît comme une monarchie constitutionnelle élective (un roi élu qui s’astreint tout seul à respecter les règles de l’état de droit et les libertés individuelle).
Après sa mort le régime c’est peu à peu transformer en oligarchie où ce qui dirigent sont une classe de politicien professionnelle et d’éditorialiste issue des familles de notables du pays qui compte sur le soutient des plus riche pour maintenir leur pouvoir. En gros une ploutocratie (le gouvernement des plus riches).
Les démocraties peuvent par exemple se diviser se diviser en démocratie directe ou représentative ou stochastique. Dans une démocratie directe les décisions sont prises par les citoyens se réunissant en assemble (c’est le sens originel du mot).
Dans une démocratie représentative les citoyens se réunissent en groupe (par famille, par commune, par classe sociale, par profession, par idéologie…) et ensemble ils décident d’une position commune et d’un représentant qui se réunira avec les représentants des autres groupes pour prendre une décision et reviendra auprès du groupe pour expliquer comment se sont déroulés les négociations et savoir si la décision leu convient (et ainsi i de suite jusqu’à trouver un accord). Attention la démocratie représentative n’a rien à voir avec le régime actuel. Actuellement nous élisons des dirigeant pas des représentant. La différence c’est que nous n’avons aucune espèce d’influence sur les oppositions qu’ils vont soutenir (la plupart du temps on est même pas au courant), qu’on ne peut pas les répudier si on juge qu’ils nous représentent mal et surtout nos élus ne nous représentent en rien.
La seule démocratie représentative que je connais c’est la CGT (en théorie c’en est une mais en pratique c’est parfois plus compliqué). Il paraît aussi que les zapatistes au Chiapas fonctionnent ainsi mais je connais mal.
La démocratie stochastique quant à elle consiste à confier le pouvoir à un panel tiré au sort de français pour que les décisions soient les même que celle aurait pris les français s’ils s’étaient tous réunis. Si on applique strictement les définitions ce système est une oligarchie car mille personne tiré au sort décide pour 60 millions de personne, mais s’il fonctionnait comme le pensent ses tenant alors il prendrait les mêmes décisions qu’une démocratie parfaite donc j’ai envie de quand même le classifié la démocratie (C’est là qu’on voit les limites de ces modèles proposé par Platon, pour définir ce qu’est une démocratie, mais je n’en ai pas de meilleur)
1) 2) 3) L’important c’est l’économie imbécile
Mais cessons de parler de politique et attaquons-nous à la classification des économies (et des politiques économiques)
Le libéralisme économie n’a pas de nom dans le langage courant. Certain dise qu’il faut l’appeler capitalisme et dire qu’il s’oppose au socialisme mais cela ne me convient pas, car il y a des tonnes d’idéologies qui s’opposent aux politiques actuelles comme la social-démocratie sans pour autant s’opposer au capitalisme. Sans compter les personnes comme moi qui pense qu’il n’y pas un type d’organisation économie qui soit meilleur dans toutes la situation.
En effet pour moi nos sociétés sont un mélange de communisme, de corporatisme et de capitalisme et c’est très bien comme ça. La médecine est un régime corporatiste et c’est très bien comme ça (je ne veux pas que n’importe qui soit libre de se dire médecin). L’assurance santé est communistes et c’est très bien comme ça (je ne veux pas que certaine personne doive se priver de soin parce que trop pauvres). Les entreprises pharmaceutiques sont capitalistes et …. Bon mauvais exemple mais il y a des tas de secteur comme les restaurant où je pense qu’il est bon que régné la libre entreprise. Mais le système le plus présent est bien entendu le capitalisme. La plupart des gens travaillent dans une entreprise capitaliste et ce fournisse la plupart des biens et services dont ils ont besoin auprès d’entreprise capitaliste (normalement on passe plus de temps au supermarché qu’à la sécu).
Et il y a un autre problème. Pour moi dans le langage courant le libéralisme désigne deux politiques très différentes.
D’un côté il y a ce que l’on pourrait appeler le l’ultra libéralisme qui consiste à dire que l’état devrait se limiter aux missions régaliennes et ne pas du tout intervenir dans l’économie (on privatise tout le reste, on supprime le droit du travail et la plupart des normes, on baisse les impôts au minimum). Pour eux toutes les autres missions de l’état (éducation, santé préservation de l’environnement, protection des travailleurs, …), si elles sont un vrai désir des citoyens seront assuré par des marché qui émergeront spontanément. Et ses marchés produiront un résultat plus juste et efficaces (inutile de dire que je ne suis pas d’accord). Les néolibéraux sont d’accord pour dire que le résultat produit par un marché est plus efficace et plus juste mais je pense qu’il n’apparaît pas spontanément lorsque l’état des retire.
Au contraire pour eux le marché ne peut se créer se maintenir sans une intervention constante de l’état. Ou alors il sera dysfonctionnel. Pour eux en plus des missions régaliennes, l’état doit intervenir en mettant en place toute sorte de normes et de subvention pour que des marchés juste et capables de subvenir au besoin de la population apparaissent. Les néolibéraux sont donc partisan d’une intervention de plus une plus croissante de l’état dans l’économie (c’est en partie pour cela que depuis que les néo-libéraux ont pris le pouvoir le pourcentage de la dépense publique en pourcentage du PIB explose). Mais un type d’intervention qui n’a rien à voir avec celle que veulent les social-démocrate (ni dans ses buts ni dans ses moyens).
Pour mieux comprendre la différence prenons un exemple.
Pour lutter contre l’échec scolaire un état social-démocrate embauchera des fonctionnaires pour proposer du soutien scolaire gratuit aux élèves en difficulté, ou alors subventionnera les associations de soutien scolaire (sans se mêler de comment elle fonctionne, l’état fait juste un don comme un personne lambda sans imposer de condition uniquement parce qu’il lui fait confiance pour faire du bon travail).
Tandis qu’un néolibéral va plutôt donnée des chèques-éducations ou des crédit-d ’impôts aux familles pour qu’elle se paye des cours de soutien scolaire à une entreprise sur un marché. Ou alors elle va mettre en concurrence et passé des appels d’offres aux associations de soutien scolaire pour l’obtention de subventions (pour qu’elles se comporte comme des entreprises sur un marché). Un ultra-libéral lui va juste attendre et dire que si le problème ne se résout pas tout seul alors c’est que c’est juste ou souhaité par la population. En gros pour un ultra libéral les gens sont responsables de leur situation et tout ce qui arrive à une explication. En effet pour un ultra-libéral expliquer c’est déjà justifié (tient ça me rappelle vaguement quelque chose).
Je vais les appeler ultra-libéralisme et néo-libéralismes faut de meilleur mot mais je veux qu’il soit clair que le néolibéralisme et le néo libéralisme n’ont rien à voir avec le libéralisme. Bien souvent ils sont même incompatibles.
Un ultra libéral n’intervient pas d’ans l’économie. Un néo-libéral intervient indirectement via des subventions, des appel d’offre et des normes mais ne se substitue jamais aux entreprise et impose à chaque fois que c’est possible une logique de marché. Un social-démocrate va considérerez que certaines taches doivent être hors marché et fait directement par l’état. Je pense comme les social-démocrate sauf qu’en plus je pense que toutes les entreprises sans exception devraient être dirigées par leur salarié et que l’on devrait créer une sécurité sociale de l’alimentation fonctionnant sur un mode communiste. En gros je suis un social-démocrate extrémiste.
Mais concluons en proposant enfin une classification des organisations économiques. Pour moi il y a 3 grand groupe d’organisation économique possible : corporatiste, capitaliste, socialiste (je pense que je n’ai pas besoin de les définir)
Et ces grands groupes sont eux même subdivisé en sous-groupe qui n’ont pas grand-chose à voir entre eux. Le capitalisme est divisé en ultralibéralisme, néolibéralisme, social-démocratie, …
Le socialisme est divisé en communiste (les entreprises sont fusionnées en une seule qui a un monopole et sont contrôlées par un état centralisé), collectiviste (les entreprises sont dirigées localement en démocratie direct et se coordonnent au niveau de la branche mais reste indépendante et en concurrence), ….
Le collectivisme je ne sais pas en quoi il peut être divisé (mais connaissances sont limitées)
1) 2) 4) Conclusion
En conclusion j’aimerais expliquer comment je qualifierais les régimes qui se sont succédé en France depuis la seconde guerre mondiale :
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Avant le coup d’état de 1958 qui a permis à De Gaule de revenir au pouvoir nous étions dans un régime parlementaire (une oligarchie qui tire sa légitimité de sa capacité à représenter idéologiquement le reste de la population), libéral (en métropole mais pas dans les colonies) et social-démocrate.
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Après son coup d’état nous sommes devenus un régime monarchique, libéral et social-démocrate
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Depuis le tournant de la rigueur en 83 nous somme devenue un régime en transition vers une ploutocratie, libéral et néolibéral (la transition est toujours en cours, car il y a beaucoup de résistance)
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Depuis Sarkozy nous sommes en transition vers une ploutocratie, autoritaire et néolibéral (la transition vers l’autoritarisme c’est beaucoup accéléré depuis la crise des gilets jaunes)
Avec un bémol toutefois. Dans les quartiers beaucoup de personnes racisées vivent depuis longtemps dans un régime autoritaire. Tout ce que j’ai dit concerne surtout les hommes blancs de classe moyenne. D’autre n’ont pas attendu pour connaître la douce caresse de la matraque d’un flic en réponse à une parole un peu trop sincère.
La France insoumise quant à elle n’est pas un parti, mais une constellation de mouvements aux idées très différentes qui s’est mis d‘accord pour militer en faveur d’un régime parlementaire, libéral et social-démocrate. En gros le modèle défendu par la France insoumise c’est la quatrième république et d’une certain manière la suisse, les pays nordiques ou l’Espagne.
Tous les autres partis majeurs sont d’accord avec la transition vers une ploutocratie, autoritaire et néolibéral. Il diffèrent sur des points de détails ou sur la manière d’y arriver, mais pas sur l’objectif global. Pour moi le PS, en marche, les républicain ou le front national partagent le même objectif de société. Donc je pense que l’on va continuer à évoluer dans cette direction durant la décennie qui vient. C’est triste mais pour vous donner de l’espoir sachez qu’à chaque fois que je me suis hasardé à faire une prédiction sur le futur je me suis trompé. Pour une fois que je fais une prédiction pessimiste ce serait ballot que j’ai raison.
1) 3) Démocratiser la société
1) 3) 1) Introduction
Depuis des années, dans le débat public, on parle énormément de sixième république, de RIC, de tirage au sort, …. Bref de rendre l’état d’avantage démocratique.
C’est une évolution que je trouve extrêmement positive, cependant, je pense que l’on se trompe partiellement d’objectif. Ce qu’il faut viser, ce n’est pas un État démocratique, mais une société démocratique. Or, pour moi, pour obtenir cela, il va aussi falloir sortir du capitalisme libéral.
1) 3) 2) Pour démocratiser la société, il faut remettre en cause le pouvoir des milliardaires
En effet, dans une société capitaliste libérale, l’essentiel des décisions ne sont pas prises par l’État, mais par les entreprises. Or, dans une société capitaliste libérale, les entreprises ne sont pas des démocraties, mais de petite aristocratie dirigée par une dizaine de grands actionnaires (et dans le quotidien, on pourrait même parler de monarchie).
Il en résulte que dans la plupart des cas, le pouvoir de décider n’est pas entre les mains des dirigeants de l’État, mais entre les mains d’une poignée de milliardaires qui possède l’essentiel des entreprises du monde.
Par exemple, la centaine de milliardaires qui dirige et possède la totalité des fabricants automobiles sont les seuls à pouvoir décider, si on va ou non passer au véhicule électrique. Et quoiqu'ils décident, leur choix s’imposera à la société et ne sera pas neutre politiquement parlant. Passer au véhicule électrique est tout autant un choix politique que de rester au véhicule thermique.
Et c’est valable pour toutes les décisions que prennent les milliardaires. Quand Zuckerberg décide de mettre en place un fack-checking sur Facebook, c’est un acte politiquement lourd de sens et de conséquence. Lorsqu’il le supprime, c’est également un acte politique. Lorsque les grands groupes pétroliers décident d’investir une part de leur profit dans les énergies renouvelables, c’est politique et quand ils ne le font pas, c’est également politique.
En conclusion, dans une société capitaliste libérale, seule une petite classe d’ultra-riches peut décider ce que l’on produit et de comment on le produit. Or, ce sont justement ces décisions qui affectent le plus nos vies et qui préoccupent le plus les citoyens de la plupart des pays du monde. Donc, pour moi, si on veut une société démocratique, il faut sortir du capitalisme libéral.
1) 3) 3) Ce sont bien les milliardaires et non les consommateurs qui dirige l’économie
L’objection classique, c’est que leurs décisions ne sont pas motivées par des considérations idéologiques, mais par la satisfaction des consommateurs.
En effet, depuis Adam Smith (même s’il n’a jamais voulu dire ça), on considère que la principale motivation des acteurs économiques est la cupidité et que dans un système de marché libre pour conserver ou étendre leur richesse, les milliardaires sont obligés de satisfaire les envies des consommateurs.
S’ils ne le font pas, un concurrent apparaîtra pour le faire à leur place et leur prendra leur part de marché. En conséquence, celui qui aurait le vrai pouvoir de décision, ce ne seraient pas les milliardaires, mais les consommateurs.
Si, en plus, on croit que nos systèmes sont méritocratiques, le capitalisme serait une démocratie où le droit de vote serait proportionnel aux revenus, qui lui-même serait proportionnel à notre contribution à la production. Donc un système où les producteurs dirigent démocratiquement la production.
C’est presque aussi beau que l’international. Malheureusement, on peut tous constater dans notre vie de tous les jours à quel point chacun des présupposés de ce raisonnement sont faux.
Dans la suite de ce billet, je vais reprendre chacun de ses présupposés et expliquer en quoi de mon point de vue, ils sont faux.
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Les milliardaires (et plus généralement les humains) ne sont pas uniquement, et même principalement, motivés par la soif d’argent ou de pouvoir.
Par exemple, si ce qui motivait Jeff Bezos était la soif d’argent ou de pouvoir, ses investissements dans Blue-origine seraient incompréhensibles. Au moment où il l’a fait le couple rendement espéré/risque du new-space était très mauvais.
Pareille pour Musk, lorsqu’il a investi dans Tesla et Space X dans les années 2000. Et, quoiqu'en disent les complotistes, si Bill Gates voulait accroître son pouvoir ou sa fortune, il aurait bien mieux à faire que d’investir dans les vaccins et le technosolutionnisme agricole en Afrique. Et Bolloré gagnerait bien plus d’argent et d’influence politique s’il arrêtait de faire la promotion des idées d’extrême droite.
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Pour accroître leur fortune et leur pouvoir, dans bien des cas, satisfaire les envies des consommateurs n’est pas la meilleure solution.
Étant informaticien, les exemples qui me viennent immédiatement en tête proviennent de l’informatique. Par exemple, beaucoup de gens l’ont oublié, mais à l’origine, Skype était un service fondé sur une architecture P2P (peer to peer) décentralisée et distribuée. Mais, il a été racheté par Microsoft qui a immédiatement décidé d’en faire un service totalement centralisé. Cela a bien entendu provoqué une hausse des coûts de maintenance de l’application et une dégradation du service. Et, quand ils ont pris cette décision, ils le savaient (les avantages et les inconvénients d’une architecture décentralisée ou centralisée sont un basique l’informatique). Il savait que si à la base Skype avait fait le choix d’une infrastructure décentralisée, c’était parce qu’elle permettait de réduire les coûts sans dégrader la qualité de services (et même en l’améliorant étant donné la qualité médiocre des connexions internet de l’époque).
Cependant, Microsoft a fait ce choix, car cela lui permettait d’avoir un contrôle total sur le fonctionnement de l’application et de s’accaparer les données personnelles de ses utilisateurs. Le modèle économique initial de Skype était rentable, mais pas autant que des modèles qui nécessitaient de dégrader la qualité du service. Comme le disait l’un de mes profs en école d’ingénieur : le bon niveau de qualité, c’est celui qui maximise la marge bénéficiaire. En conséquence, les étagères de nos supermarchés sont remplies de produits absolument merdiques, alors que faire des produits de meilleure qualité n’aurait pas demandé davantage de travail ou de ressources (voire en aurait coûté moins). Et, on pourrait aussi critiquer la non prise en compte par les mécanismes de marché des externalités négatives ou des effets à long terme d’une décision, mais cela nous entraînerait trop loin.
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De plus, même si satisfaire les envies des consommateurs était la meilleure solution pour gagner de l’argent et s’il était uniquement motivé par le profit, les décisions prisent ne seraient toujours pas celle dans l’intérêt des consommateurs, car contrairement à une croyance répandue, le capitalisme libéral est l’un des systèmes où il y a le moins de liberté effective d’entreprendre.
En effet, le capitalisme libéral entraîne au bout de quelques décennies d’application la concertation entre les mains d’un petit nombre de milliardaires de l’essentiel de la richesse d’un pays. Or, pour entreprendre à une échelle industrielle, il faut beaucoup de capitaux. Donc, dans un pays où les capitaux, sont concentrés entre les mains de quelques milliardaires, seules, eux ont les moyens effectifs de créer une entreprise industrielle. En conséquence, si pour une raison ou une autre, les milliardaires sont tous d’accord qu’il ne faut pas se lancer dans une entreprise, alors elle ne sera jamais créée, et cela, quoi qu’en pense le reste de la population.
Et comme ils ne sont qu’un petit nombre et qu’ils vivent dans un entre-soi permanent, il y a plein de sujets sur lesquels un consensus s’est développé au sein de leur petit groupe. Et, ce consensus correspond rarement à la réalité telle qu’elle est vécue par le reste de la population. Le mythe de la grande entreprise née dans un garage n’est que ça : un mythe. Les GAFAM sont tous nés lors d’une réunion entre investisseur et porteur de projet, dans une salle feutrée d’une grande banque d’affaires. Par exemple, Musk n’aurait jamais pu créer TESLA si des milliardaires ou des gestionnaires de fonds de pension n’avaient pas déversé 20-30 milliards de dollars sur 10 ans.
Je passe rapidement sur les deux derniers présupposés tant il est évident qu’ils sont faux.
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Tout d’abord, nos sociétés sont très peu méritocratiques. En effet, il est évident que si Bernant Arnaud est plus riche que sa femme de ménage, ce n’est pas parce qu’il travaille plus ou parce qu’il contribue davantage à la société. Il est évident que le marché libre ne récompense pas les individus en fonction de leur mérite ou de leur contribution effective à la société, mais en fonction de leur race, de leur sexe, de leur classe sociale d’origine, de leur capacité à se soumettre aux ordres avec le sourire (aussi appelé ‘savoir-être’ dans le langage managérial) et de manière minoritaire de la quantité de travail qu’ils fournissent (je dis bien la quantité et non la qualité).
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Et comme on l’a tous expérimenté au cours de nos vies, nos achats ne reflètent en rien nos convictions profondes sur ce qui devrait être produit et sur comment il devrait être produit. La plupart du temps, on achète ce que l’on peut ou ce que l’on doit. Et, encore, faut-il que l’on ait eu la possibilité de développer une conviction informée sur ces sujets.
La démocratie, ce n’est pas le vote, mais l’émergence d’un consensus informé à travers le débat. Tout seuls dans leur coin, la plupart des consommateurs sont bien incapables de savoir si un véhicule électrique est écologique ou non. Ou si le bio, c’est vraiment mieux pour l’environnement que le conventionnel.
1) 3) 4)
1) 3) 5) Conclusion et digression
Je reviens donc à ma conclusion initiale : si on veut une société démocratique, il faut sortir du capitalisme libéral.
Et la bonne nouvelle, c’est qu’il existe une tonne de systèmes alternatifs. Certain que l’on a déjà essayé et d’autres non.
Par exemple, on peut exproprier les milliardaires et redistribuer leur richesse, afin que personne n’ait plus de 10 millions d’euros. Si on y rajoute un impôt sur l’héritage de 100% au-delà de 10 millions d’euros et zéro en dessous afin que le capital ne se reconcentre plus jamais entre quelques mains, on aura durablement un capitalisme de petit propriétaire.
Ou alors déclarer que ce ne sont plus les milliardaires, mais les salariés qui dirigent les entreprises (ou plus modestement que les salariés codirigent les grandes entreprises comme c’est le cas actuellement en Allemagne). On aura alors un capitalisme de collectiviser.
Ou alors tenter de mettre en place le système théorisé par des intellectuels comme Bernart Friot que j’appelle personnellement le néo-communisme.
Petite digression, j’appelle son système néo-communiste en analogie au néo-libéralisme, car pour moi, le néo-libéralisme a été une révision du libéralisme classique pour répondre à l’échec qu’a été l’implémentation du libéralisme en occident (il a mené à la guerre, à la crise de 29 et au fascisme) qui s’est nourris des critiques des marxistes, des découvertes des sciences humain et des pratiques contraires à l’idéologie libérale classique qui se sont malgré tout révélé extrêmement efficace pour se rapprocher des objectifs des libéraux. Or, le système proposé par Friot me semble être une révision des idées marxiste pour répondre aux échecs des tentatives d’implémentation du communisme classique, qui s’est nourri des critiques des libéraux et des pratiques contraires à l’idéologie communiste classique qui se sont malgré tout révélé extrêmement efficace pour se rapprocher des objectifs des communistes.
Par exemple avant la Seconde Guerre mondiale la CGT et le partit communiste étaient contre le principe d’une sécurité sociale centralisé et y préférait l’obligation par les employeurs d’abondé de petite mutuelle local géré démocratiquement par les ouvriers, car ils avaient peur que l’état ou les patrons s’empare de la direction d’une Sécurité sociale centralisée(ils n’avaient pas tort). Et pourtant après la Seconde Guerre mondiale, ce sont bien les communistes qui créeront la sécurité sociale, car c’était le seul moyen qu’ils avaient d’atteindre leurs objectifs sociaux, sans froisser les membres non-communisme du gouvernement d’après-guerre (et aussi parcequ’il n’avait pas anticipé qu’un coup d’État militaire mettrait un terme au parlementarisme en France moins de 15 ans plus tard). Et aujourd’hui Bernard Friot en a fait le modèle de comment une économie communiste devrait être organisée.
Autre exemple, les communiste-classique veulent supprimer la concurrence, le marché et la libre-entreprise, alors que les néo-communistes n’ont rien contre eux. Au contraire, ils disent que leur système permettra de créer une société d’entrepreneur.
Mais fermons cette digression et concluons ce billet de blog en résumant le message que j’ai voulu faire passer : Si on veut une société démocratique, il ne suffit pas de démocratiser l’état, il faut également démocratiser la gestion de l’économie. Pour cela, des tonnes de solutions existent et beaucoup n’ont rien d’extrémiste ou d’utopiste. Certaines ont même été partiellement expérimentées avec succès pendant des décennies par de grands pays.
PS 2 : on m’a déjà objecté qu’il est faut de dire que les riches dirigent le pays car Sarkozy (et sous-entendu les autres présidents) n’était pas un ultra-riche.
En effet c’était juste un millionnaire qui a fêté son élection sur le yacht de Bolloré et s'est fait financer sa campagne par des dons plus ou moins légaux de milliardaires (comme Bettencourt).Là, pour une fois, je m'incline. Je ne vois aucun contre-argument. Le fait qu’une personne aussi pauvre et déconnectée de la grande bourgeoisie française puisse accéder au pouvoir est une preuve que les riches ne dirigent pas la France.D’ailleurs, il vient dans la foulée de prouver que la Russie n’était pas une oligarchie (car, à ce que je sache, Poutine non plus n'est pas un ultra-riche).Mais bon, soyons charitables. Je suppose qu'il voulait dire qu'ils ont moins d'influence qu’on ne le croit. Mais ça ne change rien au fait qu'ils ont trop de pouvoir, que leurs intérêts sont très différents de ceux des autres Français et qu'ils sont beaucoup plus réactionnaires que la plupart des Français.La première priorité de toute personne voulant sincèrement améliorer la situation de la France et défendre la démocratie devrait être de les exproprier de tous leurs biens sans la moindre compensation. Et non, ce n'est pas du vol, de voler des voleurs. Surtout quand c'est pour rendre les biens volés à leurs légitimes propriétaires.
PS 1: si vous voulez un argumentaire plus fourni sur le problème que pose l’existence des milliardaires dans une société se voulant démocratique, je vous recommande cette vidéo de Philoxime dont j’ai allégrement re-pompé le nom :Les milliardaires, compatibles avec la démocratie? (ft. @Osonscauser)
1) 4) Démocratiser l’état
1) 4) 1) Les élections ne sont pas démocratiques
Depuis que les discours de Chouard sont devenus viraux, en général à gauche, on est plutôt critique des élections (même si on considère que c’est un réel progrès par rapport à ce qu’il y avait avant, qu’il est urgent de défendre au moment où l’extrême droite monte partout en Europe).
Je sais que Chouard a viré fachos, que son discours est très incomplet et qu’on ne l'a pas attendu pour crier : 'élection piège à con'. Cependant, à mon grand regret, grâce à son succès chez les gilets jaunes, il reste la personnification de ses idées. Comme Pikety l’est à sa manière de la taxation du patrimoine des plus riches alors qu'il n'a pas inventé l'ISF. Pour ceux qui le connaîtraient pas voici une vieille vidéo présentant les bons côtés de Chouard : Le Citoyen (Etienne Chouard)
Je rajoute également cette vidéo pour signaler que Chouard est également un antisémite décomplexé qu’il serait plus que temps de ne plus citer à gauche : CHOUARD : LE NÉGATIONNISTE PRÉFÉRÉ DE LA GAUCHE ? (CANARD RÉFRACTAIRE, PADU’TEAM, BEAUGAUDEAU) .
Chouard est un antisémite et un complotiste, et une partie, certes minoritaire, de son travail est de faire la promotion de ses idées nauséabonde et de rediriger une partie de son audience sur des propagandistes d’extrême droite conspirationnismes comme Fouché ou de l’extréme-droite antisémite comme Soral.Ça devrait être une raison suffisante pour ne plus lui parler, mais ce n’est qu’une partie minoritaire de son travail, et la plus grande partie de son audience le suit pour ses autres idées que je résumerai par : pour faire advenir la démocratie, il faut changer la constitution.
Je suis opposé à cela car pour moi, le problème de la démocratie ce n’est pas le droit, mais le rapport de force. Pour moi, le droit n’est pas inutile. Mais pour moi, le but du droit c’est d’empêcher le rapport de force de se transformer en bain de sang ou en guerre civile. Et surtout, il n’est appliqué et efficace que s’il reflète le rapport de force. Si aujourd’hui nous avions une constitution qui donnait le pouvoir au peuple, elle serait juste ignorée par les oligarques (comme ils le font les rares fois où les règles de la Cinquième leur sont défavorables). Ou alors ils imposeraient par la force de la changer pour revenir à quelque chose de proche de celle de la Cinquième République. Sauf cas très exceptionnel, ce n’est pas la loi qui crée les usages, mais la loi qui entérine des usages existants.La loi vient après la bataille.
Donc le combat et les idées de Chouard ne sont pas inutiles, mais elles ne sont pas pour moi le lieu du combat principal. Pour moi, le combat principal c’est de changer le rapport de force. Par exemple, en confisquant le patrimoine des riches et en le redistribuant au reste de la population (si c’est l’État dirigé par une autre partie de l’oligarchie qui récupère ces propriétés, alors le pouvoir devient encore plus concentré entre quelques mains et le problème empire). On pourrait aussi créer une police gérée par les syndicats ou des associations locales d’habitants qui leur permettrait de se défendre contre les violences de l’État ou des patrons.De la même manière que les salariés élisent des représentants syndicaux qui vont recevoir des heures de délégation où ils vont, à la place de leur travail, s’occuper du CSE ou d’aider les salariés, il faut que les travailleurs élisent des salariés qui, pendant une journée par semaine, vont devenir des policiers et des juges.Le but est, dans un même mouvement, de désarmer la police (qui est bien souvent une milice raciste au service des patrons) et d’armer les travailleurs (qui sont loin d’être aveugles aux couleurs ou en opposition face au patron, mais je l’espère, ce sera un peu mieux).
Ce ne sont là que des exemples, mais revenons au sujet initial. Je vais faire un résumé rapide de la critique des élections faite par la gauche (qu’elle vienne de Chouard ou non).
En résumé le résultat d’une élection (primaire ou non) ne se joue pas sur les idées ou sur les compétences du candidat à bien exercer le poste qu’il convoite, mais sur son apparence, son réseau parmi les influenceurs de sa région (qui sont souvent les notables de la région), sa maîtrise de l’éloquence (qui est un mot classe pour dire mentir et manipuler), sa capacité à obtenir des financements et une place dans les médias.
Ce qui revient à dire que pour gagner une élection au suffrage universel, il faut être un vieil homme blanc riche et de droite (ou à la rigueur centriste). En conséquence, les représentants élus au suffrage universel n’ont rien de représentatif de la population qui les a élus (ni idéologiquement ni sociologiquement).
Par contre, ils sont parfaitement représentatifs des classes supérieures d’une population. C’est d’ailleurs après l’avoir compris que les libéraux de la fin du 19ᵉ siècle ont arrêté de défendre le suffrage censitaire et se sont ralliés du bout des lèvres à la défense du suffrage universelle (je dis du bout des lèvres, car encore aujourd’hui on trouve des politiciens de droite de premier plan pour remettre discrètement en question la légitimité des classes populaires à avoir le même droit de vote que les classes aisées)
Chez Chouard et à gauche, il y a aussi un critique du principe même de représentation en faveur d’une démocratie directe ou de mandat révocable par référendum d’initiative citoyenne, mais dans ce cadre, c'est hors sujet, donc je n’en parlerai pas ici. Je me contenterai de partager cette vidéo qui explique comment la France pourrait être une démocratie directe : Démocratie directe : pourquoi ça peut marcher !
1) 5) Pour finir quelque concept
1) 5) 1) Introduction
Récemment, Etienne Klein a popularisé la citation du statisticien Georges Box : ‘Tous les modèles sont faux, mais certains sont utiles’.
Comme toutes maximes, celle-ci est critiquable et notamment par l’utilisation abusive qui en fait par certains économistes, pour justifier les hypothèses absurdes de leur modèle. Mais personnellement, je vois en elle un vaccin très efficace contre le dogmatisme qui devrait être connu de tous. Ainsi, plutôt que de la critiquer, je propose de la compléter :
Tous les modèles sont faux, mais certains sont utiles, et de toute façon, on est obligé d'utiliser un modèle pour comprendre le monde.
Ceux qui pensent qu'il n'utilise pas de modèle, mais la bonne sens ou les évidences ou la raison ne voient juste pas le modèle qu'il utilise et sont donc prisonniers de celui-ci. Et c’est pareil pour l’idéologie, toutes sont bourrées de défaut et d’angle mort, qui éclatent au grand jour lorsqu'elles sont appliquées, mais toutes ont leur utilité pour comprendre le monde, prédire le futur et l’améliorer. Et de toute façon on a pas d’autre choix que d’avoir une idéologie, alors autant la choisir consciemment en ayant le plus possible conscience de ses défauts et de ses limites.
Outre que ça permet d’espérer faire un meilleur choix, cela permet de plus facilement en changer lorsqu’il s’avère qu’elle est inadaptée à la situation où l’on est. En tout cas, bien plus facilement que si on prétend ne pas en avoir ou de tendre vers la neutralité et l’objectivité (bien souvent, par cette démarche, on ne fait que s’enfoncer dans le dogmatisme idéologique).
Mais, le meilleur avantage de cette philosophie est qu’elle permet de mieux accepter et comprendre la diversité de points de vue au sein d’une société. De mieux comprendre pourquoi d’autres sont séduits par des idéologies qui ne nous plaisent pas et ainsi de mieux pouvoir l’empêcher (je reste militant).
En effet, sa force à admettre que les idéologies des autres ont des points forts qui peuvent les séduire et que la nôtre à des points faibles qui peuvent les dégoûter. Reconnaître cela nous force à challenger nos idéologies pour les améliorer et à se demander qui pourrait être le plus facilement séduit par elle.
Pour prendre un exemple, le néolibéralisme, si honni par la gauche, a des points forts qu’il nous faut reconnaître et étudier si on veut comprendre pourquoi il séduit autant, même en dehors des milieux les plus privilégiés.
Et au contraire l‘idéologie traditionnel de la gauche a des défauts qui explique le discrédit durable qu’elle subit actuellement chez la majorité de la population et notamment chez la partie des classes populaires qui a choisi de tourner son vote vers la RN plutôt que vers l’abstention, après le passage à droite du PS.
Personnellement, je pense que les points les plus séduisants de cette idéologie pour les classes populaires sont ses implications dans l’éducation et dans le travail.
1) 5) 2) Éducation privée ou publique
Prenons l’exemple de l’éducation, car c’est à la fois le plus surprenant et le moins discuté.
La gauche traditionnelle défend l’obligation pour tous les enfants d’aller dans la même école publique, alors que la droite défend la liberté pour chaque famille de choisir son école. Souvent à gauche, on interprète ce clivage sous l’angle de la lutte des classes et de la défense de la laïcité.
Pour la gauche, derrière cette demande de liberté, se cache le communautarisme des riches (le seul véritablement dangereux pour la république). C’est-à-dire que les riches voudraient qu’il y ait une école pour les riches qui soit mieux financé et avec des programmes plus exigeant où les enfants de pauvre ne foutront pas les pieds (sauf une infime minorité trier sur le volet pour conserver les apparences), afin de s’assurer que leurs rejetons resteront avantagés.
Mais pour la gauche, derrière la défense de la liberté scolaire se cache aussi la volonté des familles réactionnaires et des sectes chrétiennes de pouvoir endoctriner leurs enfants dès le plus jeune âge. De les protéger de la possibilité d’entendre d’autres idées que celle de leur parent et de leur faire subir une discipline qui pour les gens normaux est considérée comme des sévices.
N’oublions pas que les maltraitances non sexuelles constatées à Bétharram et Stanislas qui bien que moins spectaculaire sont tout aussi glaçantes par leur caractère assumé et voulu par les personnes assez immondes pour y envoyer leurs enfants en toute connaissance de cause (non je ne cible personne vous vous faites des idées). Bref, on ne manque pas à gauche de bonnes raisons de s’opposer à la liberté scolaire.
Mais, on oublie souvent les bonnes raisons de s’y opposer qui raisonne beaucoup plus dans le vécu des classes populaires que les turpitudes de la bourgeoisie réactionnaire ou de la possibilité d'ascension social par l’école qui dans les faits concerne bien d’avantage les classe moyenne haute que les classes populaires. Par exemple, le fait qu’une école publique centralisée impose de confier ses enfants à une institution sur laquelle, ils n’ont aucune prise. Une école où ils se sentent à juste titre méprisés, qui les juge sur des critères dont ils ne comprennent pas la pertinence et leur enseigne des savoirs qu’ils trouvent parfaitement inutiles et inintéressants.
Personnellement je pense que ses savoirs sont loin d’être inutiles ou inintéressants, mais je pense également qu’ils ont raison de se rebiffer contre l’obligation qui leur est faite sans explication de se consacrer corps et âmes à un apprentissage dont ils ne voient pas l’utilité. Sans compter les punitions et moqueries qu’ils doivent subir, s’ils ne s’y conforment pas. Alors que dans le même temps, des savoirs autrement plus fondamentaux comme comment lire une fiche de paye, quels sont nos droits en tant que travailleur, comment les faire respecter, comment remplir sa feuille d’impôt (bon ça c’est un peu obsolète), comment on assouvit ses drôles d’envies qui nous tombent sur la gueule à 12-13 ans sans être un salopard et sans prendre de risque (ou pas trop car une vie sans risque c’est une vie sans plaisir),.. ne sont jamais abordés.
Et en parlant de punition, on pourrait aussi parler de la discipline auxquelles on est soumis à l’école, de la mise en compétitions, … Bref comment en vouloir à ceux séduits par les promesses des néolibéraux que tout un chacun puisse reprendre le contrôle sur l’éducation de leurs enfants en transformant les familles qui la fréquentent en clients à satisfaire. De pouvoir dire à un professeur trop arrogant que s’il ne change pas d’attitude, alors ils iront voir ailleurs. D’avoir une échappatoire autre que l’école à la maison en cas de harcèlement. D’avoir des programmes qui correspondent mieux à nos attentes.
Et même, chez les militants de gauche, en vérité on est séduit par la possibilité de pouvoir créer à petite échelle des alternatives plus émancipatrices qui pourront ensuite infuser dans l’éducation nationale. Si on se contente de nier les problèmes du modèle défendu par la gauche, on se condamne à toujours devoir défendre l’indéfendable devant des néo-libéraux qui sont d’autant plus sûrs d’eux qu’en France leur modèle n’a pas encore été appliqué à grande échelle et qu’en conséquence leur travers ne saute au visage de personne.
Les profs sont comme les journalistes, on sait qu’il faut les défendre, mais si on n’adjoint pas cette défense d’une critique de gauche des travers de cette profession, alors on le fera sans conviction et on perdra.
Plus que de défendre l’éducation telle qu’elle est, nous devons défendre l’éducation telle qu’elle devrait être. Arrêtons d’être à la défense et tout comme les libéraux, proposons un système qui aurait pour lui l’attrait de la nouveauté, sans se faire d’illusion sur le fait qu’il aura lui aussi des imperfections et qu’il devra à son tour être dépassé.
À l’éducation centralisée et publique qui est totalement discréditée, à l’éducation décentralisée et privée vendue par la droite, opposons une éducation décentralisée et public. Un système ou l’école serait géré localement par ceux qui la fréquentent. Voir osons rêver par les élèves eux- mêmes (mais ça c’est sans doute trop révolutionnaire pour notre époque).
Déchargeons l’école de tout son discours méritocratique, de sa mission d’égalité des chances. L’école n’est pas là pour justifier les égalités dans notre société ou permettre l’ascension sociale.
Elle est là pour former les citoyens de demain. Elle est là pour fournir les connaissances à la vie d’un citoyen comme le fait de savoir, lire, écrire, compter, débattre, s’organiser, saisir la justice, savoir comment fonctionne l’état, une entreprise, une association, comment créer une entreprise, comment lire un contrat (vous savez cette paperasse que l’on signe sans l’avoir lu la plupart du temps), c’est quoi le consentement, comment lui dire que je veux l’embrasser sans être lourds, comment réagir face au caprice d’un enfant et le tout saupoudré d’une généreuse dose de philosophie.
Et là seulement s’il reste du temps, on pourra aborder les équations différentielles et d’autres choses utiles pour la culture générale ou tout simplement pour exercer l’esprit. Car oui les math ont la même utilité pour le cerveau que les altèrent pour les muscles et c’est la principale raison pour laquelle on les enseigne à tout le monde et pas seulement aux futurs scientifiques.
Quant au savoir professionnalisant, pour moi ça devrait être effectué par une institution totalement séparée de l’éducation nationale et sur un temps totalement différent. Et s’il y a sélection à l’être de ses écoles professionnelles alors elles ne doivent pas se faire sur ce que l’on apprend ou fait dans les écoles de citoyens. Pour moi, on ne peut pas à la fois former le citoyen de demain et le salarié de demain. Pour moi on ne peut pas former correctement un citoyen s’il est sous pression, car sa réussite dans son apprentissage va déterminer tout son avenir et son futur rang dans la société.
1) 5) 3) Le populisme de gauche ou lutte des classes
Ça, c'était pour l'éducation, mais c’est valable pour tous.
Toutes les idéologies, institutions, slogans et lois créées par la gauche doivent être à tout moment critiquées, remises en question et dépassées sous peine de donner l’avantage aux réactionnaires. Il ne faut jamais se battre sur le terrain voulu par nos ennemis, ne jamais les laisser décider du clivage entre deux idées nécessairement imparfaites sur lesquelles se positionner et faire évoluer le clivage lorsque nos ennemis et leur frappe de force médiatique écrasante s’en sont emparés. Face à leur armée bien disciplinée et financée de propagandistes, nous nous devons d’adopter une stratégie de guérilla culturelle et idéologique.
Et c’est dans cette optique, à mon avis, qu’il faut comprendre le succès de la stratégie du populisme de gauche. En effet, la gauche française doit en grande partie son renouveau au choix par Jean-Luc Mélenchon en 2017 d’abandonner la dénonciation du capitalisme et des patrons pour se concentrer sur la dénonciation des élites et de l’oligarchie.
Malgré son succès évident, ce virage a à juste titre été beaucoup critiqué. Le populisme, qu’il soit de gauche ou de droite est un discours qui simplifie à l’extrême la société et qui empêche de voir pas mal de phénomènes pourtant fondamentaux.
Par exemple, le peuple invoqué par les populismes n’existe pas et est en fait un condensé de différents groupes aux opinions et aux intérêts totalement différents. Il n’y a pas d’unité du peuple ou de peuple en mouvement ou qui réclame je ne sais quoi, car le peuple n’existe pas et n’existera jamais (ou en tout cas j’espère qu’il n’existera jamais, car ça voudrait dire que l’on a créé une dystocie totalitaire où l’individu doit s’oublier face au collectif).
Mais, les marxistes de l’ancienne école ou les éditorialistes qui font ses critiques oublient bien souvent que l’on peut faire la même à leur propre modèle. Et oui n’oublions pas le fil rouge de cette partie : tous les modèles sont faux, mais certains sont utiles. La lutte des classes, le populisme de gauche ou l’ultralibéralisme sont tous des modèles ultra-simplistes qui occultent des pans entiers de la réalité, mais en fonction du contexte, ils peuvent être utiles.
En effet, de la même façon que les ingénieurs continuent d’utiliser la mécanique newtonienne même après qu’Einstein eut révolutionné notre compréhension de la gravité, je ne vois pas ce qu’il y a de mal en politique, à utiliser des modèles simplistes pour comprendre une situation ou élaborer des stratégies de conquête du pouvoir.
Oui, la lutte des classes est un modèle qui ne prend pas en compte les différents intérêts qui traversent le patronat, ou qu’il y a des gens qui ne sont ni des prolétaires ni des possédants. Mais pour comprendre une grève, quel est l’intérêt d’aller plus loin dans l’analyse ?
Quand un petit patron se révolte contre une administration corrompue, incompétente ou contre des règles arbitraires et des impôts qui l’étouffent, pourquoi aurait-il besoin d’aller plus loin que la critique des néo-libéraux ? Parce que s’il le faisait, il verrait que les grandes entreprises sont tout aussi corrompues et incompétentes que l’État.
Que le problème auquel il est confronté ne vient pas du fait que ses grosses structures soient publiques ou privées, mais au fait qu’elles sont centralisées et non démocratiques.
Il verrait que tout en faisant miroiter un monde privatisé et décentralisé qui réglerait ses problèmes, les politiques néolibérales mènent au contraire à un monde privatisé et encore plus centralisé qui ferait encore moins ses affaires. Dans son cas, il y aurait un intérêt à pousser l’analyse.
La question n’est donc pas si un modèle est parfait, mais s’il convient à l’usage que l’on veut en faire.
La gauche veut agréger le plus de gens possible pour réclamer un monde plus démocratique. Un monde où les citoyens n’auraient plus besoin de confier leur destin collectif à des actionnaires ou àdes politiciens, bref aux décideurs. Bref, un monde où tous les pouvoirs (et pas seulement le pouvoir économique) seraient mieux répartis.
Pour cela, pendant un temps, la gauche c’est appuyé sur le modèle de la lutte des classes qui sur-simplifie la société en une opposition binaire entre le privé et le public. Mais en réalité, les deux sont nos ennemis.
Ce sont tous les deux des organismes centralisés au service des puissants qui les dirigent et dont les embryons de fonctionnement démocratique ont été arrachés de hautes luttes et sont régulièrement piétinés ou remis en cause.
Dire que notre état est parlementariste ou que le parlementarisme est démocratique sont des simplifications grossières qui peuvent parfois avoir leur utilité, mais qui en général font plus de mal que de bien.
Arrêtons de défendre le parlementarisme au nom de la démocratie et arrêtons de défendre de l’état face au privé. Cela nous a mené les rares fois où nous avons été au pouvoir à le confier aux élites dirigeant l’état avec les merveilleux résultats que l’on connaît en URSS, en Chine et dans tous les états qui ont réussi une révolution communiste.
Nos ennemis ne sont pas une partie de l’élite, mais l’existence même d’une élite. Notre ennemi n’est pas le capitalisme, mais toutes organisations, systèmes ou idéologies prônant une hiérarchisation des hommes et un fonctionnement autoritaire.
Et ce modèle de lutte des classes, en plus d’être une mauvaise boussole pour guider notre action une fois au pouvoir, n’a même plus la qualité d’agréger facilement les citoyens ou de permettre de gagner les débats.
Au contraire, face aux néolibéraux nouvels génération, il nous contraint à défendre un état et un salariat légitiment honnis par tout un pan des classes populaires.
C’est pourquoi je pense que la gauche ne doit pas regretter l’abandon de la lutte des classes et considérer le populisme comme son évolution. De la même manière qu’Einstein n’a fait qu’élargir notre compréhension de la gravité, le populisme de gauche ne fait que mieux cibler et nommer notre ennemi (même si comme je l’ai dit, c'est un discours simplificateur et donc très imparfait et soumis lui aussi a des dérives).
D’ailleurs pour vous prouver la continuité entre de ses deux idéologies, il suffit de noter que les tenants de ses deux idéologies mettent au premier plan de l’agenda les luttes antiracisme pour la simple raison que dans nos sociétés fortement raciales le principal obstacle qu’ils rencontrent dans leur volonté d’unité est la division racial des dominés (et aussi de genre).
Car contrairement à la réécriture historique qu’essayent de nous faire avaler les propagandistes de droite, ses luttes non rien de nouvelle et ont toujours été une priorité pour le mouvement ouvrier. Certes, ça mériterait largement d’être nuancé, vu la longue histoire d'amour que la gauche entretient encore aujourd'hui avec le racisme et le colonialisme.
Mais, elle a très vite compris, au moins de manières superficielles, qu’il n’y aurait pas de progrès possible sans union. Et pas d’unions sans un vrai internationalisme, un vrai antiracisme et un vraie-féminisme qui prend en compte les besoins spécifiques de chacun.
Et surtout, que la solution du populisme de droite (joli nom pour dire fascisme) consistant à nier ou faire disparaître ses différences par la force est totalement stérile.
1) 6) Bonus : la conférence que j’ai le moins aimé : ‘La gauche peut-elle combattre le néolibéralisme ?- David Cayla’
Pour conclure cette partie je rajoute ici une réponse que j’avais fait suite à conférence de David Cayla, qui justement critique la France insoumise et son recours au populisme. Je trouve que cette réponse est un bon complément à mes propos précèdent.
Lien de la conférence : La gauche peut-elle combattre le néolibéralisme ?
1) 6) 1) Introduction
Dans cette critique j’adopte un ton virulent, mais ne vous y trompez pas j’adore et je respecte beaucoup le travail David Cayla. Chacune de ses conférences sur le néo-libéralisme est un bonbon dont je savoure l’écoute. Mais j’ai l’amour vache et je suis partisan de bruler les idoles.
Et justement, dans cette conférence, il s’est aventuré à sortir de son domaine de compétence pour donner un avis sur la politique. Mais comme c’est quelqu’un de sérieux, il l’a fait avec la méthode et la rigueur qu’il emploie pour ses autres travaux.
Vous me direz de quoi je me plains dans ce cas ? Voir un intellectuel prendre le risque de s'engager politiquement devrait ravir le militant que je suis. Et, un passionné de politique comme moi devrait être subjugué par un tel programme.
Eh bien le problème, c’est que par manque de connaissance du sujet qu’il aborde, à mes yeux, il raconte n’importe quoi.
Pour ne prendre qu’un exemple, afin de savoir quoi penser de Mélenchon et du populisme de gauche, il a été lire les livres des politologues Ernesto Laclau et Chantal Mouffe qui l’ont inspiré. Il a conclu de ses lectures que le populisme de gauche, c’était exactement la même chose que la stratégie préconisée par le rapport Terra-Nova (le think -hank du parti socialiste) qui avait fait un scandale dans les années 2000 en proposant d’arrêter de tenter de séduire les classes populaires avec des mesures de progrès social et de redistribution des richesses, afin de se concentrer sur la séduction des élites urbaines avec une politique libérale et des mesures sociétales comme le mariage pour les couples homosexuelles (en gros ce qu’a fait Hollande 10 ans plus tard).
De manière plus concise pour lui, la France insoumise a abandonné la lutte des classes au profit de combats sociétaux comme le féminisme ou l’antiracisme.
D'habitude, c'est un message que j'entends uniquement dans la bouche d'éditorialistes de plateaux ou dans des vidéos de YouTubeur d'extrême droite entre 2016 et 2020. En conséquence, je me contente d'y répondre par un regard dédaigneux en me disant qu'ils ne le pensent pas réellement et que seule une mauvaise foi et une bonne dose d'ignorance peut permettre d'arriver à de telles conclusions motive leurs paroles.
Mais, entendre de la bouche de quelqu'un dont je n'ai aucune raison de remettre en cause la bonne foi qu'il ne voit pas la différence entre le rapport de Terra-Nova qui préconise d’abonner totalement la lutte des classes au profit des combats sociétaux et les écrit de Chantal Mouffe qui préconise de donner la même importance à toutes ses luttes, me force à revoir cette position et à expliquer pourquoi je pense qu'elle est fausse.
1) 6) 2) Différent féminisme
Déjà, il ignore totalement qu’il n’existe pas un féminisme ou un anti-racisme, mais des féminismes et des anti-racismes qui se détestent cordialement.
Ainsi, il ne comprend pas, que le féminisme bourgeois/libéral/mainstream que préconise d’adopter le rapport de Terra nova n’a rien à voir avec le féminisme matérialiste/marxiste auquel Chantal Mouffe préconise de laisser davantage de place au sein des mouvements de gauche.
Et on pourrait dire la même chose du combat anti-racisme, mais par manque de temps, je vais me concentrer sur vous donner une idée des différences entre ses deux féminismes afin que vous compreniez mieux mon propos.
Ce qui unit les mouvements féministes, c’est de soutenir qu’il existe actuellement des inégalités entre les sexes et qu’il faut lutter contre.
Cependant, le féminisme bourgeois/libéral/mainstream va proposer des solutions compatibles avec l’idéologie libérale et qui vont surtout apporter une amélioration des conditions de vie des femmes de la classe moyenne supérieure et aisée. Tandis que le féminisme matérialiste/marxiste va essayer d’améliorer la vie des femmes de classe populaire et va souvent promouvoir des solutions incompatibles avec le libéralisme.
Par exemple, les féministes constatent toutes que les métiers féminins sont moins bien payés et moins prestigieux. Par exemple, les infirmières et les caissières sont majoritairement des femmes et elles sont moins bien payées que les médecins et les ouvriers qui sont majoritairement des hommes.
Les féministes libéraux considèrent que ses différences de revenu sont justifiées par des niveaux de qualifications différents ou par l’offre et la demande sur le marché. Elles ne vont pas chercher à remettre en question cette inégalité de salaire et vont à la place souhaiter qu’il y ait autant d’hommes que de femmes dans chaque métier. Concrètement, cela prend souvent la forme de politique de quotas dans les métiers les mieux payés de notre société, comme les conseils d’administration des entreprises. Ou des campagnes de pub/bourses spécifiques aux femmes pour les inciter à tenter les études menant aux métiers les mieux payés comme les études d’ingénieur. Comme vous pouvez le deviner, cela fait une belle jambe aux femmes des classes populaires qui de toute manière n’auront jamais accès à ces postes ou études.
Vous l’aurez compris les féministes matérialistes/marxiste vont plutôt remettre en question les inégalités de revenue entre les métiers féminins et masculins et demander à ce que l’état intervienne pour augmenter le revenu des femmes, au détriment de celui des actionnaires et non des hommes (même si ses deux catégories se confondent souvent). Et là, on comprend immédiatement que les combats sociétaux dont parle Chantal Mouffe rejoignent et renforcent les combats économiques et sociaux.
Je précise que ceci est un résumé rapide et partial qui fera hurler de douleur les connaisseurs, mais ce n’est pas le sujet de ce bonus, déjà bien trop long.
1) 6) 3) Conclusion
Bref, que conclure de tout cela : À mon sens, cela prouve qu’il ne faut pas écouter un spécialiste qui sort de son domaine de compétence, même s’il applique une bonne méthode.
Même la meilleure des méthodes donnera un mauvais résultat si on n’a pas suffisamment de connaissance du domaine étudié (Comme on le dit dans l’informatique : bullshit in bullshit out). Ou plutôt, il faut lui donner le même crédit qu’aurait n’importe quelle inconnue sur un blog (au hasard moi).
Toutefois cela ne l’empêche pas d’être ultra-pertinent sur son domaine de compétence. Et, je vous encourage d’ailleurs à regarder le reste de ses vidéos (Je me répète, mais ce sont des pépites).
2) Mon avis sur les partit politique de gauche et comment les organiser
2) 1) Le PS est-il de gauche
2) 1) 1) Introduction
Depuis maintenant Janvier 2025, le groupe de la France insoumise et du Parti socialiste de ma ville essaye de collaborer, afin de présenter une liste commune aux municipales de l’année prochaine. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça se passe mal et que l’on a bien fait de s’y prendre avec un an d’avance. C’est simple, je n’ai pas de mot pour décrire la guerre de tranchée que sont chacun de nos échanges.
Il n’y a aucune confiance entre les deux groupes et personne n’ose l’ouvrir de peur de briser le fragile édifice que l’on essaye de construire et de se retrouver à présenter deux listes de gauche dans une commune où le candidat de droite est élu dès le premier tour depuis 60 ans.
Et moi, peu au courant de la situation, je débarque avec mes gros sabots sur le groupe WhatsApp crée pour ses municipales et je balance sans filtre mes opinions, croyant naïvement que je m’adresse à des êtres humains et non à des parties. Autant dire que j’ai fait sensation.
Mais au-delà de ses vicissitudes peu intéressantes au cours de cette discussion, j’ai écrit un certain nombre de commentaires qui, forment une analyse que je trouve intéressante du PS. Je vais donc vous la partager.
Petite digression rapide : Je précise pour les libristes fanatiques, que dans notre groupe LFI, on utilise le réseau social libre Matrix pour communiquer, mais les dinosaures du PS ont très mal pris notre proposition de migrer vers nos outils.
Oui, on en est à tel niveau de défiance que même une demande aussi basique est vue par le PS comme une manœuvre de la LFI pour prendre le contrôle de l’union. On a donc dû se résigner à utiliser cet outil peu respectueux de nos données personnelles et excluant pour nos membres n’ayant pas de smartphone (il n’y en a qu’un mais quand même).
2) 1) 2) L’appel à mettre à plats nos différends
Voici le premier message que j’ai publié :
Moi, je pense que le vrai sujet dont on devrait parler, ce n'est pas XXXX, mais la raison pour laquelle on s’étripe sur un sujet aussi secondaire. De mon point de vue, la raison est l'absence totale de confiance et d'accord sur pourquoi est-ce que l'on est ensemble.
Je parlerai en mon nom, mais je pense que mes réticences sont partagées par bon nombre d’insoumis.
Moi, je suis là pour promouvoir mes idées. Gagner les élections est pour moi, un moyen parmi d’autres et non une fin. L’union est nécessaire pour gagner, cependant, si pour avoir l’union, il faut défendre l’exact contraire de mes idées, alors je préfère perdre.
Objectivement, le RN n’a fait que perdre ses élections, mais son intransigeance et sa constance lui ont permis d’imposer ses idées immondes dans le débat public au point que même des gouvernements prétendument de gauche se sentent obligés d'appliquer son programme raciste et autoritaire. Si la gauche avait un destin similaire, cela ne me générait pas.
Toutes ces longues digressions pour dire qu’à titre personnel, ma seule exigence pour faire partie d’un groupe est qu’il s’engage à défendre certaines valeurs minimales de gauche (démocratie, solidarité, écologie, lutte contre le harcèlement, les discriminations et l’extrême droite).
Et étant donné que le PS s’est durant les 20 dernières années violemment opposées à ses valeurs, il y a une méfiance légitime des insoumis envers le PS. Afin de casser cette méfiance, je pense qu’il serait utile que vous nous confirmiez que vous n’êtes pas d’accord avec les politiques néo-libérales, autoritaires et racistes défendues par votre parti durant les dernières décennies.
Et, je trouve que ce serait bien que les gens du PS qui n’aime pas la France insoumise exprime également sans ambages ce qui leur fait peur dans la France insoumise. Pour moi pas de confiance possible si on n’est pas un minimum franc les uns envers les autres.
Attention, francs ne veut pas dire violents, vexants et moins harcelants. Si vous trouvez ma communication violente, je vous invite à me le dire et éventuellement à m’indiquer comment corriger le tir.
2) 1) 3) Explication sur pourquoi je pense que le PS est raciste, autoritaire et néolibéral
Après coups, c'était évident, mais sur le moment, je ne m’attendais pas du tout à provoquer un tollé. En fait, je dis que c’était évident, mais même aujourd’hui, je ne comprends pas leur réaction.
Mes camarades de LFI ont tenté de m’expliquer qu’ils ont ce que l’on appelle un esprit de parti et qu’il prenne toute critique du PS comme une attaque personnelle.
C’est un sentiment qui pour moi est assez dur à imaginer, mais pourquoi pas. Toujours est-il qu’ils se sont sentis insultés et m’ont demandé de supprimer mon message. Ce à quoi j’ai répondu ceci :
Votre réaction à mon commentaire m’a beaucoup surpris et votre demande de supprimer mon commentaire me pose un dilemme.
D’un côté, je pense que je n'ai pas à juger le ressenti des autres ou à leur dire ce qu’il devrait ressentir et que si des gens se sentent blessés ou attaqués par un de mes commentaires, alors oui, je dois le supprimer (la démocratie ou la liberté d’expression, ce n’est pas de blesser les autres).
Mais, d’un autre côté ce n’était pas une insulte. Dire que le NPA est communiste ou que le RN est fasciste, ce n’est pas une insulte envers leur membre, mais une description qui fait globalement consensus des politiques que ces parties soutiennent.
Même si ça ne fait pas forcément plaisir à leur membre, je pense qu'il est important de pouvoir décrire la politique soutenue par ses partis. Surtout lorsque l’on parle à leur membre. Si un anti-fa se retrouve encarté au RN, ça va peut-être le blesser de lui dire que le RN est fasciste, mais ce ne serait pas rendre service à lui ou à la communauté de se retenir d’aborder le sujet en sa présence.
Et plus généralement, dire à une personne qu’on pense qu’il se trompe, ça peut le blesser, mais c’est important de le faire. Pour moi, la bonne réaction dans ses cas là c’est de dire, ‘je ne suis pas d’accord voilà pourquoi’.
Puis que chacune expose ses arguments jusqu’à ce qu’il y en ait un qui dise :
-
’désolé je me suis trompé’
-
ou ‘dans ton argumentation me pose problème, mais là je ne sais pas quoi y répondre, tu ne m’as pas convaincu mais arrêtons ce débat le temps que j’y réfléchisse’
-
ou ‘je ne suis pas d’accord mais là j’ai pas le temps d’en débattre’
Et, c'est valable pour la LFI.
Ce n'est pas juste une excuse que j’ai inventée pour pouvoir taper sur le PS. Dire qu’il y a un problème d’antisémitisme à gauche et plus particulièrement à la LFI, ça ne fait pas forcément plaisir à ses membres, mais je pense que c’est vrai et que c’est important de le dire.
Et, je précise que ce n'est pas parce que l’antisémitisme est instrumentalisé par la droite et que bien entendu l’extrême droite est mille fois plus antisémite et dangereux pour les Juifs que la gauche, qu’il ne faut pas évoquer ce problème. Au contraire, c'est justement parce que ce problème d’antisémitisme est instrumentalisé par nos ennemis qu’il devient urgent d’en parler et de le régler.
Mais revenons au sujet. Ma solution à ce dilemme c’est d’en rajouter une couche. Plus sérieusement, c'est d’expliquer pourquoi je pense que le PS est néolibéral, raciste et autoritaire.
Puis, de supprimer ses deux commentaires, si vous le désirez toujours malgré ses explications. Toutefois, si vous répondez aux arguments, reformulez mes propos ou les déformez, là je ne les supprime pas, même si vous le demandez. Ou alors il faudra également supprimer vos propres réponses (mais là ça devient un peu ridicule et complexe)
2) 1) 3) 1) le PS est néolibéral
Je pense que le PS est néolibéral, car je n’ai jamais entendu aucun économiste ou politiste qualifier la politique économique du parti socialiste depuis le tournant de la rigueur en 1983 autrement que de néo-libérale. Et, depuis les années 2000, c'est la politique économique ouvertement soutenue par les chefs du parti. La loi travail, la réforme des retraites de Hollande, les crédits impôt recherche,….C'étaient pas des politiques social-démocrates.
D’ailleurs, j’en profite pour recommander les conférences de l’économiste David Cayla sur le néolibéralisme : Déclin et chute du néolibéralisme . Elles sont vraiment géniales.
2) 1) 3) 2) le PS est raciste
Je pense que le PS est raciste, car à chaque fois qu’il a été au pouvoir, il a mené des politiques racistes et que ses chefs tiennent régulièrement des propos racistes sans que ça ne leur soit reproché ni par les autres chefs du PS, ni par les militants. Alors bien sûr, le racisme du PS n’est pas au même niveau que celui du RN.
Mais, ça n’empêche que le PS a un problème de racisme qui ne date pas d’hier. Je rappelle que jusqu’au coup d’État militaire qui permettra à Degaule de revenir au pouvoir, c’est l’ancêtre du PS : la SFIO qui mène la guerre d’Algérie. Et sur toute la période coloniale, la position officielle de la gauche française, c’est qu’il fallait apporter la civilisation à ses barbares d’indigènes (à coups de canon si nécessaire). Et, cette position n’a pas beaucoup évolué au cours des décennies.
Afin de prouver mes propos, je pourrais citer les nombreuses saillies racistes de Manuelle Valls, sa proposition de loi sur la déchéance de nationalité qui a provoqué la démission de la dangereuse extrémiste Wokiste qu’est Christiane Taubira. Je pourrais citer le ralliement de certains pontes du PS comme Hidalgo aux printemps républicains, malgré les positions ouvertement racistes de ce groupe et son alignement sur les idées du RN, mais ce serait tirer sur l’ambulance et choisir la solution de faciliter.
À la place, je vais plutôt partager cet article de l’UJFP sur la réaction du gouvernement de Mitterrand aux grèves dans l’automobile de 1982-1983 : https://ujfp.org/la-gauche-et-talbot-comme-tournant-politique-raciste-et-reactionnaire/
2) 1) 3) 3) Le PS est autoritaire
Enfin, je vais brièvement parler du caractère autoritaire du PS. Sur ce sujet, j’admets être moins sûr de moi tant ce virage est récent et non assumé par le PS.
Néanmoins j’ai été choqué par les lois sécuritaires adopté par le gouvernement Hollande au nom de la lutte contre le terrorisme (Loi relative au renseignement de 2015, Loi renforçant la lutte contre le crime organisé et le terrorisme de 2016 et surtout l’immonde et particulièrement meurtrière loi sécurité publique de 2017 surnommé à juste titre loi "permis de tuer" ). Et cela alors que leurs électeurs y aient été violemment opposés et qu’à l’époque beaucoup de spécialistes du sujet leur disaient que ces lois étaient inutiles pour lutter contre le terrorisme ou la criminalité. Et d’ailleurs, de mon point de vue, ils ont eu raison, car a priori, ses lois ont été sans effet contre ses deux fléaux (mais je n’ai pas les moyens d’avoir autre chose qu’une impression sur ses sujets).
J’ai été choqué par l’utilisation de ces lois par le gouvernement hollande pour réprimer le mouvement écologiste, notamment au moment de la COP21 à Paris.
J’ai été choqué par l’utilisation de la police comme d’une milice privée afin de réprimer par la violence l'opposition aux lois travail. J’ai été choqué par l’utilisation du 49,3 pour passer en force sur ce sujet (alors que sur le mariage gay ils se sont bien gardés d’utiliser le 49,3 alors que là, ça aurait été parfaitement légitime).
Bref, si je pense que le PS est autoritaire, c'est à cause de sa pratique du pouvoir sous Hollande et uniquement à cause de ça. J’admets que c’est fragile, mais le gouvernement Hollande a été tellement loin dans l’autoritarisme durant son mandat et ça a été tellement peu critiqué au sein du PS par la suite, que je ne peux pas m’empêcher de considérer que c’est dorénavant une position officielle du parti.
2) 1) 4) Retour critique
Après avoir publié ce très long commentaire j’ai eu beaucoup de retours ayant peu d’intérêt et quelques critiques intéressantes. Je posterai ses critiques et les réponses que j’y ai faite.
2) 1) 4) 1) Critique 1 : Si PS=RN qu’est-ce que tu fous là
Tout d’abord, on m’a répondu : « ...Personnellement, je ne vois pas l'intérêt de continuer cette discussion, je ne comprends même pas que si XXXX pense que le PS est un parti raciste et autoritaire, ce qu'il est venu faire à des réunions.. moi perso je ne vais jamais à des réunions avec des gens du RN en vue de collaborer pour monter une liste..... »(le reste du poste n’est vraiment pas intéressant)
Ma réponse : c’est que je ne considère par le racisme du PS ou l'antisémitisme de la LFI équivalent à celui du RN.
Le problème, je pense qu'il est soulevé par l'intervenante de cette émission de médiapart : Nous, Français, juifs, de gauche . On manque de mot pour désigner les différentes formes de racisme. Pour désigner les gens qui pensent que les Juifs sont solidaires entre eux, et ceux qui disent qu'il faut exterminer les juifs, car ils veulent dominer le monde on a un seul mot : ‘antisémitisme’, alors que ce sont des réalités différentes. Pour le racisme, c'est pareil. On a un seul mot, mais de multiples façons de l’être. Le racisme du PS n'a rien à voir avec celui du RN. Il est avec de gros guillemets plus acceptables.
Et, pour répondre à votre interrogation légitime, si je viens aux réunions alors que je pense que le PS est raciste et que je suis membre de la LFI malgré son antisémitisme, c’est parce que je pense que c’est ce que je peux faire de mieux pour lutter contre le racisme, l’antisémitisme, le néolibéralisme,….Bref pour promouvoir mes idées, qui je l’espère, se recoupent en grande partie avec les vôtres. Pour paraphraser George E. P. Box : Tous les partis sont problématiques, mais certains sont utiles. Le PS et la LFI sont pour être polies de gros tas de merde, mais je pense qu’il est utile pour défendre nos idées de s’y engager.
Et puis on ne va pas se mentir, je le fais parce que j’aime ça. J’adore la politique.
2) 1) 4) 2) Critique 2 : Un insoumis qui critique l’autoritarisme du PS, c’est l’hôpital qui se fout de la charité
On m’a aussi répondu :
« ...les traiter d'autoritaires, c'est assez drôle venant d'un insoumis (ou apparenté, je ne sais pas trop). Je salue ton sens de l'humour.... » (le reste du poste ne fait pas honneur à celui qui l’a écrit)
Ma réponse est :
Je suis d'accord avec vous que la LFI a également un problème d'autoritarisme qui me fait craindre que sa promesse d'une sixième république ne sera pas tenue, si Mélenchon arrive au pouvoir.
Toutefois, ce n'est pas parce que la LFI a un problème d'autoritarisme que le PS n'en a aucun. Ce serait beaucoup trop facile.
Mais, je comprends que ce que vous vouliez vraiment dire, c'est que la LFI n'a pas le droit de juger le PS sur ce sujet, étant donné ses propres errements. Et là, je suis d'accord avec vous.
Cependant, mon but n'était pas de juger, mais d'analyser et de comprendre, afin que l'on puisse agir (à notre niveau) pour régler ses problèmes. Une fois n'est pas coutume, je paraphraserai Manuel Valls : expliquer, ce n'est pas juger.
2) 1) 5) Conclusion
La conclusion de tout ça, c’est que mes camarades LFI ont beaucoup rigolé, que le chef de la section local du PS à appeler la cheffe informelle de la section locale de la LFI, un dimanche pour lui demander de me museler et de l’aider à éteindre l’incendie avant que tous les membres du PS ne se barre du groupe.
Le problème étant que la dite chef des insoumis était trop occupée à engloutir des paquets entiers de popcorn pour répondre favorablement à cette demande.
Mais au final, côté insoumis, on juge plutôt les conséquences de cette séquence comme positif (en tout cas en ma présence). À voir comment cela évoluera. La réponse en 2026.
Rajout fin 2025 : finalement pas eu d’accord et chacun est parti de son côté. De toute façon même en étant unis nous n’avions que très peu de chance de l’emporter. Et dans notre municipalité opposition n’a aucun pouvoir quel que soit son poids électoral.
2) 1) 6) Mais ça c’était avant
Bien sûr vous me direz ça c’était avant. Maintenant la plupart des personnes de droite et carriériste ont quitté le PS et ont rejoint macron. Et pareille pour EELV.
Maintenant il ne reste plus que de personne sincèrement de gauche. De centre gauche un peu raciste et un peu boomer, mais des gens de gauche quand même. Vous me direz que ma mauvaise expérience n’est qu’un cas particulier pas forcément représentatif de l’ensemble le du PS. Ou alors que ses juste au niveau des candidats au municipal et des régions la que l’on retrouve beaucoup de carriériste ou de gens de droite au PS, mais qu’un niveau des militants et du national se ne serait pas le cas. Alors au niveau des militants je n’ai pas les moyens de faire une étude mais au niveau du national l’interview du décembre 2025 d’Oliver Faure au journal l’humanité lève tout ambiguïté.
Dans cette interview Lummy demande à Oliver Faure qu’elle mesure de gauche phare le PS défend-il. Faure répond alors la même excuse que le PS nous sort depuis 10 ans : pour l’instant je ne peux rien dire mais dans 2 mois on va faire un congres/vote/réunions de refondation…et là on va se mettre d’accord sur des mesures, voir soyons plus fous sur un programme et une idéologie de gauche. Mais en attendant je ne peux rien dire.
Mais là Lummy ne se laisse pas démonter et demande si le PS est favorable à des mesures de gauche. Est-ce que le PS est favorable à une baisse du temps de travail, à une hausse d’import sur les plus riches, à une hausse du SMIC,… Et là il n’est pas question d’attendre une réunion future. La réponse est claire et net : non. Le PS n’a aucune mesure de gauche à proposer mais à chaque fois qu’on lui demande, il est clairement opposé à toutes les mesures de gauche que l’on peut imaginer au nom de la préservation de la compétitivité. Autant dire au nom des arguments pourris que la droite nous sert depuis un siècle.
Il y a un siècle la droite disant que l’on ne pouvait pas faire l’impôt progressif sur les revenues car les riches se barrerait. Il y a un siècle la droite disait que l’on ne pouvait pas faire les congés payés ou la semaine de 40 heures car cella détruirait la compétitivité de la France. Argument qui a aussi été utilisé par les gouvernements Macron et Hollande (et le reste de la droite) pour justifier des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises dont le montant cumulé est largement supérieur à 3% du PIB par an.
Et aujourd’hui le PS, nous ressert le même argument pourris mainte fois démonte aussi bien théoriquement qu’expérimentalement pour justifier qu’il est opposé à toute mesure de gauche, mais qu’il est quand même de gauche.
Donc non, je suis désolé mais au national le PS n’a pas changé, c’est toujours un parti néo-libéral. Et sur le racisme et l’autoritarisme ils n’ont jamais prétendu avoir changé. Et même si c’était le cas leur réaction sur le conflit israélo/palestinien ou le fait divers récent sur une Française qui a été tué dans le métro ou sur les lois immigration de Bayrou demandé par l’extrême droite montre que non ils n’ont pas changé.
Le PS est un parti de droite et ce n’est pas près de changer. Par contre comme l’UMP du temps de Chirac, c’est un parti de droite républicain qui refuse de s’allier à l’extrême droite et qui accepte de faire barrage avec la gauche même lorsque ça la dessert (pour le moment).
2) 2) La CGT est-elle marxiste-léniniste
Je sais que dans le passé la CGT et la gauche en général était marxiste-léniniste. Mais pour les gens de ma génération, ça, c’est une réalité que l’on ne voit que dans les livres d’histoire.
Aujourd’hui, même au NPA, c’est rare de trouver quelqu'un de moins de 60 ans qui défende l’URSS ou le marxisme. Les hommes et les organisations évoluent.
Autrefois, Cohn-Bendit était un anarchiste encore plus à gauche que le PCF et aujourd’hui, c’est un Macroniste. Autrefois, la CFDT était un syndicat qui trouvait la CGT trop à droite et aujourd’hui, c’est un des syndicats les plus à droite.
Aujourd’hui, la CGT est le syndicat d’importance le plus à gauche, mais c’est une gauche très modérée et pas marxiste comme le montre l’élection récente de Sophie Binet à sa tête qui pour le moment est une social-démocrate (comme les insoumis).
Basiquement, ils veulent des hausses d’impôts sur les plus riches pour financer plus de services publics (crèches, écoles, bourses universitaires, ...), créer des assurances sociales comme il y en a dans la plupart des pays développés du monde, subventionner les entreprises d'avenir ou stratégiques (en gros écologie et semi-conducteurs), interdire certains produits toxiques, baisser le temps de travail et augmenter le SMIC.
Si ça c'est du communisme, alors comment qualifier ceux qui, comme moi, veulent exproprier sans contrepartie tous les logements vacants ou en location pour les donner à des gens qui en feront leur résidence principale ?
Comment qualifier ceux qui, comme moi, veulent que toutes les grandes entreprises (plus de mille salariés) soient transformées en coopératives appartenant à leurs salariés (et donc gérées en démocratie directe par les salariés) ?
Ça, c'est du communisme(une des nombreuse forme que le communisme peut prendre).
Personnellement je me fiche un peu du positionnement passé des organisations que je soutiens ou rejoins. Ce qui m’intéresse, c’est leur positionnement présent.
Et à mon grand aujourd’hui la CGT est principalement un syndicat d’accompagnement impuissant. C’est-à-dire que notre seul rôle aussi bien au niveau local que national est de demander poliment aux patrons en ayant aucun moyen de pression autre que ce serait bien pour son image s’il parvient à obtenir un vote unanime des syndicats en réunion CSE pour ses nouveaux plans. Notre rôle c’est de le lui permettre de pouvoir dire au salarié en colère que c’est la faute des syndicats qui ont signé ses plans en échange de concession extrêmement nul. Les syndicats passant alors (parfois à juste titre) pour des traîtres ou de mauvais négociateur mais en réalité tant que les salariés sont peu syndiqués et refuse de faire gréve on ne peut rien négocier.
Après j’admets que lorsqu’une grève apparaît souvent c’e n’est pas grâce aux syndicats et qu’au contraire les syndicats vont alors tenter de calmer le jeu ou de ‘négocier’ avec le patron.
Cependant à titre individuel je pense qu’être syndiqué ça a toujours son utilité. En effet en cas de problème ça permet d’obtenir de l’aide plus facilement. Ça permet de voir que l’on est pas tout seul a avoir des problèmes et donc de voir que l’on est pas responsable des problèmes que l’on subit. Pour quelque d’aussi solitaire que moi c’est important d’avoir des moyens comme ça de socialiser. Et puis ce serait bien hypocrite de ma part de critiquer ceux qui font vire bénévolement les syndicats sans les rejoindre et tenter de faire mieux.
Et ça vaut aussi pour mes adversaires. Pour moi, je trouve qu’il est stupide vouloir combattre le RN en disant que dans le passé, il était antisémite et raciste. Ce qu’il faut dire, c’est qu’aujourd’hui, ils sont racistes et antisémites.
Il faut rappeler que chaque année des militants RN fête l’anniversaire d’Hitler.Il faut rappeler que chaque année des militants RN assassine des gens dont la couleur de peau ou les idées ne leur revienne. Il faut rappeler qu’en 2022, on a eu à Lyon et à Paris plusieurs librairies qui ont été incendiées par des militants RN, car les livres qui y étaient vendus ne leur plaisaient pas. Pas qu’il y a 60 ans les fondateurs du RN était d’anciens NAZIS.
Cette obsession d’un passé révolu m’a toujours semblé incompréhensible et énervante. L’histoire, c’est passionnant et l’histoire de la France n’est pas assez connues des Français, mais ça n’a aucune pertinence en politique. Le passé ne nous dit quasiment rien du présent et rien de ce que nous devons faire pour l’améliorer (ce qui est le but de la politique cet plus généralement de toutes les activités humaines).
2) 3) La France insoumise est-elle antisémite ?
2) 3) 1) Introduction
Si vous suivez l’actualité, vous n’avez pas pu manquer que depuis le 07 octobre 2023 et les crimes de guerre commis par le Hamas, la France insoumise est accusée dans les médias mainstream d’être antisémite.
Mon premier réflexe comme celui de beaucoup de personnes de mon entourage (et pas seulement des personnes de gauche ou même pro-palestinien) a été de rejeter d’un revers de la main ses accusations en les qualifiant de fantaisistes (pour être polis).
Cependant, je pense que c’est une erreur et que l’on devrait profiter de ce moment pour enfin mettre au cœur de nos préoccupations, la lutte contre l’antisémitisme (qui n’a rien de résiduel n’en déplaise à Mélenchon) et qui est bel et bien présente au sein de la gauche (mais pas qu’au sein de la gauche).
Ce texte est donc à la fois un retour critique sur les réactions de LFI aux événements du 7 octobre, une réflexion plus large sur l’antisémitisme en France, et une tentative, modeste mais sincère, de penser les contradictions de la gauche dans ce domaine.Je ne prétends pas avoir toutes les réponses. Ce chapitre est un point d’étape. Un moment de mise à plat, écrit sous l’urgence de la colère, du trouble, et de la honte. Il est imparfait, mais honnête.
Afin d’adoucir mon style et éviter de choquer j’ai exceptionnellement demandé l’aide de chatGPT pour écrire ce texte. D’habitude je préfère garder mon ton polémique mais le sujet est si brûlant qu’il mérite que l’on prenne des gants pour le toucher.
2) 3) 2) Retour sur le 07 octobre et sur l’instrumentalisation de l’antisémitisme
2) 3) 3) Réponse aux critiques de la réaction de la France insoumise aux attaques du 7 octobre
2) 3) 3) 1) préambule
Mais comme d’habitude, avant d’aborder frontalement ce sujet, je vais faire une digression sur des sujets annexes.
Déjà, j’aimerais parler du problème connexe de la réaction de la France insoumise aux attaques du 7 octobre.
Cependant, je ne vais pas répondre aux accusations débiles faites contre la France insoumise par des éditorialistes aussi ignorants qu’indifférents au sort des Juifs ou des Palestiniens (qu’ils vivent en France ou en Israël).
D’autres s’en sont chargés avant moi et ça n’aurait pas grand intérêt de rejouer le match deux ans après.
Ni aux critiques formulées par des groupes juifs d’extrême droite prônant de manière affichée le massacre ou à la déportation des Palestiniens (ceux qui pensent qu’un État palestinien indépendant signifierait la fin d’Israël et un nouveau massacre des juifs).
Je vais à la place répondre au critique formulé par des Juifs de droite ou de gauche qui pour le coup ont été très peu entendus (car comme d’habitude, seules les paroles les plus outrancières sont mises en avant par les médias mainstream et par les réseaux sociaux).
2) 3) 3) 2) La France insoumise insensible
Une première critique adressée à la France insoumise concerne sa réaction immédiate, jugée froide, voire indifférente, face aux attaques du 7 octobre. Beaucoup ont estimé que le mouvement n’avait pas laissé à la communauté juive le temps de pleurer ses morts, et qu’il s’était engouffré trop vite dans une lecture politique des événements.
Ce sentiment d’un deuil confisqué n’est pas marginal. Il est profond, sincère, et a été partagé même par des gens peu enclins à diaboliser la France insoumise. Il exprime une blessure, celle d’avoir vu une tragédie vécue comme personnelle, intime, être aussitôt happée par les polémiques, sans la moindre respiration. Et ce, alors que cette même gauche avait su faire preuve d’empathie et de retenue dans d’autres cas.
Sur ce point, je partage une partie de la critique. Les premières heures après une tuerie devraient être un espace suspendu, où le recueillement prime sur les discours. LFI n’a pas respecté ce temps. C’est une erreur. Mais – et c’est là que la discussion se complexifie – ce reproche ne vaut que si l’on s’accorde sur un principe fondamental : que le temps du recueillement précède celui de l’analyse.
Or ce principe, la droite et les éditorialistes mainstream l’ont eux-mêmes piétiné depuis longtemps.
Souvenez-vous des attentats de Charlie Hebdo ou du Bataclan. En moins de 24 heures, certains médias associaient déjà terrorisme et islam. Les plateaux télé regorgeaient de “spécialistes” en sécurité ou en civilisation islamique. L’état d’urgence a été déclaré quasi immédiatement, avec à la clé des mesures liberticides – lesquelles ont ensuite été utilisées… contre les écologistes.
La gauche, pendant ce temps, a attendu. Trop attendu. Elle a joué la carte de la dignité, du calme, du respect et elle a perdu, car le champ médiatique n’attend pas. Quoi qu’il arrive il doit remplir chaque case horaire de discours. Et si on ne le remplit pas avec une parole progressiste, il se remplit avec celle des réactionnaires.
Et dans le cas du 07 octobre, je tiens à rappeler que dès le 08 octobre les massacres massifs de civil palestinien par l’armé israélien et des appels explicite au génocide émanant de membre du gouvernement israélien ont eu lieu (vite repris par les politicienne et éditorialiste français). Si les ennemis de la LFI (qui je le rappelle sont également ceux du respect des droits de l’homme) ne respectent pas la trêve, alors il serait irresponsable que la LFI la respecte.
C’est pour ça que je ne blâme pas LFI d’avoir réagi aussi vite. Je blâme la gauche d’avoir mis autant de temps à comprendre que la bataille des idées commence dès les premières secondes. Pas une fois le deuil terminé. Parce que la guerre – idéologique, médiatique, réelle – ne fait pas de pause.
Et pour moi cette différence de réaction ne montre pas que la gauche fait plus de cas de la vie des musulmans que de celle des juifs. Cette réaction montre surtout que la gauche de 2015 était beaucoup plus islamophobe et autoritaire que la gauche d’aujourd’hui. En effet, je considère que si dans le passé la gauche a réagi aussi tardivement et mollement aux tentatives d’instrumentalisation islamophobe et sécuritaire ce n’est pas par sens de la retenue et du devoir (qui comme chacun sait sont des qualités se retrouvant en abondance chez les politiciens), mais parce qu’une bonne partie d’entre elles était fortement influencée par ses discours nauséabonds.
Pour moi, cette réaction ne montre pas un recul de la lutte contre l’antisémitisme chez la gauche, mais au contraire une conscience plus aigüe chez les politiciens de gauche des enjeux des luttes anti-racisme, anti-autoritarisme et décoloniale. Et pour moi, c'est une bonne nouvelle.
Évidemment, cette logique peut choquer et je comprenne que l’on soit en désaccord avec (surtout si on fait partie des personnes touchées). Mais c’est la mienne.
Petite digression, avant de passer à la suite. On peut attendre d’un mouvement politique qu’il sache ménager un moment de silence, mais on ne peut pas l’imposer aux militants de base ou aux simples citoyens.
En effet même si je comprends et respecte que certain ai besoin (ou même juste envies) d’un temps de recueillement, il y a des gens comme moi qui au contraire sont profondément agacés par ses moments de recueillement.
Personnellement, j’ai toujours trouvé parfaitement ridicule et décérébrant les minutes de silence, les marques de respect aux victimes adressées à sa télé, les bougies déposées sur le site d’un attentat et autre manifestation d’émotion plus ou moins spontanée après une catastrophe.
Moi quand je suis victime d’une catastrophe, il n’y a rien qui m’horripile plus que de recevoir de la pitié ou du soutien symbolique. Ce que je veux, c’est une explication au problème et une solution. Et éventuellement pouvoir en parler à un inconnu qui n’en aura rien à foutre.
Mais, les déclarations de soutien, les ‘mon pauvre’ et autres simagrées du genre, vous pouvez vous les garder. C’est pour ça que personnellement, lorsque j’ai un problème (à part dans les rares cas où ils peuvent m’aider), mes proches sont souvent les derniers au courant. Avoir en plus à gérer leur témoignage de soutien et leur condoléance et la dernière chose dont j’ai besoin dans ces moments.
À titre personnel, j’ai toujours trouvé révoltantes les pressions à participer à ses ridicules manifestations publiques sous prétexte de respect aux victimes et à leur famille (qu’elle bien ça va leur faire, de toute façon elles ne sont pas là pour me voir).
Personnellement, une fois adulte, j’ai toujours refusé de me plier à ses simagrées. Par exemple, suite aux attentats de Paris, dans mon entreprise, j’ai fait partie des quelques têtes de cons qui n’ont pas participé à la minute de silence.
Et, déjà gamin, je me souviens d'avoir rigolé durant les minutes de silence que l’on nous avait imposé en l’honneur des attentats du 11 septembre, puis de je ne sais plus qu’elle massacre commis dans une école durant la guerre en Tchétchénie (aucune idée de si le massacre avait été commis par les Russes ou les Tchétchènes, de toute façon durant ses guerres des cargos entiers d’enfant ont été massacrés par les deux camps dans l’indifférence générale).
Ce n’est pas que j’étais insensible, mais m’était-vous à la place d’un enfant : c’est juste hilarant comme spectacles. Heureusement je suis blanc et bourgeois, donc on ne m’a jamais rien dit, mais récemment des gosses arabes ont fini au commissariat pour moins que ça.
Et puis de toute façon à partir du collège, j’avais trouvé la parade : fermer les yeux et imaginer des trucs tristes.
Tout ça pour dire qu’on réagit tous différemment à une catastrophe et que ceux qui ont besoin d’un moment de recueillements n’ont pas le droit d’imposer leur besoin à ceux qui au contraire ont besoin de toutes de suites se plonger dans la recherche de cause et de solution. Et inversement.
Mais, revenons à notre sujet et concluons. Je suis le premier à dire que c’est désolant, que vous ayez à vivre à votre tour le manque d’empathie de notre société pour les victimes d’acte ignoble, mais la guerre n’attend pas que l’on ait fini de pleurer nos morts pour broyer les survivants sous ses exigences inhumaines.
Et, même si mon envie est grande d’en reporter toute la responsabilité sur le camp d’en face, la vérité, c’est que ce n’est de la faute d’aucun camp. Ni de la LFI ni des Macronistes, ni des fachos. C’est la faute de la nature profondément conflictuelle de nos sociétés.
Je pense donc qu’au lieu de reprocher à la France insoumise, sa contribution (bien réelle) à ce triste constat, vous devriez rejoindre les groupes qui tentent de trouver des solutions pour que ce ne soit plus le cas à l’avenir (et malheureusement la LFI n’en fait pas partie).
Et si vous tenez vraiment à critiquer ce fait, alors ne réservez pas vos critiques qu’à la gauche ou aux événements qui vous touche personnellement.
2) 3) 3) 3) La France insoumise refusée de qualifier les attaques du 07 octobre de terroriste
Autre reproche, celui-ci beaucoup plus médiatisé : Le refus de la France insoumise de qualifier de terroristes les attaque du 07 octobre.
Et je suis désolé, mais vous n’avez aucun droit d’exiger que l’on qualifie de terroriste les attaques du 07 octobre.
Je ne vais pas développer davantage ici, mais la conclusion que beaucoup de gens de gauche ont eu des séquences qui ont suivi les attentats de Paris, c’est qu’accepter de qualifier un événement (qu’elle qu’ils soient) de terroriste, c’est accepter un narratif qui a pour conséquence de réduire notre capacité à lutter contre les reculs de nos libertés publiques et des politiques belliqueuses qui conduisent à leur tour à d’autres massacres.
Dire que quelque chose est un acte terroriste, l’œuvre d’un fou, c’est tué dans l’œuf toute capacité de réflexion avec une illusion d’explication. Pour être plus claire, je vais prendre un exemple moins polémique et complexe (et que j’ai déjà utilisé dans un autre billet, mais que voulez-vous, je suis écolo et je pratique donc le recyclage):
Si je demande : ‘pourquoi est-ce qu’il pleut ?’ et que l’on me répond : « parce que Dieu l’a voulue », intuitivement, on comprend que ça ne va pas comme réponse.
Même si on est croyant et que l’on croit qu’effectivement, c’est Dieu qui l’a voulu, on est bien obligé d’admettre qu’avec cette explication, on est pas bien avancé. En effet, si on se met à accepter ce gendre d’explication, on arrête de faire de la recherche et on explique tout par : ‘c’est Dieu qui l’a voulu’. Résultat, on ne progresse plus ni dans notre compréhension du monde ni dans notre capacité à le changer.
Autrement dit n’en déplaise à Manuel Valls vouloir comprendre et donc qualifier correctement ce qui se passe, ce n’est pas excuser, ni même minimiser les problèmes, mais au contraire la seule chose à faire si on veut sincèrement qu’ils ne se reproduisent plus.
Alors dans un monde idéal, effectivement, il faudrait attendre un ou deux jours de deuil pour commencer à s’écharper sur les mots.
Mais là, je vais répéter ma réponse du chapitre précédent avec moins de gants. Je suis désolé, mais ce qui ont commencé à vouloir imposer leur mot ce n’est pas la France insoumise, mais les médias. Ce sont eux qui ont essayé d’imposer leur vison bien à droite des événements en utilisant le mot terroriste au lieu de terme plus neutre comme : ‘attaque ignoble’ ou ‘crime de guerre’.
Après tout ce qui s’est passé depuis les attentats de Paris, c’est ne pas tenter de combattre cette propagande grossière qui aurait été une honte.
Cependant, vous pourriez m’opposer que si c’est du terrorisme, alors peu importe les conséquences, alors il faut le qualifier de terrorisme. Comme dirait l’autre : mal nommés les choses s’est ajouté du malheur au monde.
Et justement je ne suis pas d’accord sur le fait que le Hamas soit coupable de terrorisme et j’aimerais bien que l’on arrête de tout qualifié de terrorisme. Le Hamas est une organisation, fasciste, antisémite et coupable de crime de guerre, mais pour moi il n’y a pas une once de terrorisme en eux.
Et, j'aimerais aussi que l’on arrête de manier le mot terrorisme comme s’il s’agissait d’une insulte. Le terrorisme est une tactique militaire comme une autre. Elle ne cause pas plus de mort ou de traumatisme que les autres. Je dirais même que c’est sans doute la moins horrible de toutes. Même si je ne peux pas le prouver, je suis sûr que n’importe laquelle des opérations militaires soi-disant éthiques de nos pays occidentaux à fait bien plus de mort que l’ensemble des attentats terrorisme d’Al-Qaïda.
En fait, je pense que n’importe laquelle de nos campagnes de bombardement ‘propre’ ont tué plus d’enfants que l’ensemble des attaques du Hamas sans que cela n’émeuve personne (ou si peu). La guerre, contrairement à ce que l’on essaye de nous faire croire, n’est jamais propre ni morale. C’est une boucherie stupide où périssent les innocents en nombre. La seule différence, c'est que ceux qui emploient des tactiques terroristes sont nos ennemis et que les morts qu’ils provoquent sont dans notre camp.
Ce qu’il y a de si horrible avec le terrorisme, c'est que les morts qu’il provoque sont blancs.
Vous comprendrez donc que pour moi refuser de qualifier le Hamas de terrorisme, ce n’est pas le défendre. Au contraire c’est l’enfoncer davantage. Le vrai problème étant que nos médias et nos politiciens ne voient pas ce qu’il y a de mal à être fasciste. Et, au fond, il ne voit pas non plus ce qu’il y a de mal à être antisémite (ce serait normal vu que pour la plupart, ils assument plus ou moins ouvertement leur racisme)
2) 3) 3) 4) Nier les viols du Hamas
Il a également été reproché à la France insoumise et à des gens de gauche de nier ou minimiser les crimes commis par le Hamas, notamment les viols, les meurtres de civils, les actes de torture.
Soyons clairs d’emblée : certains militants ou figures publiques à gauche ont effectivement tenu des propos douteux, voire inacceptables. Il y a eu des cas réels de négationnisme, de confusion, de complaisance idéologique ou, pire, de haine mal déguisée. Et certains de ces discours étaient portés par un antisémitisme non assumé.
Mais ce sont des cas extrêmement minoritaires qui ont été systématiquement condamnés par les organisations de gauches (sans pour autant que des sanctions soient prises, car comme chacun sait, en France, quand on est puissant, on est au-dessus des règles)
Ce qui a dominé dans les premiers jours après les attaques du 7 octobre, ce n’est pas la négation des faits établis, mais la méfiance face à des récits flous, non vérifiés, parfois mensongers, massivement relayés par les autorités israéliennes et amplifiés sans prudence par les grands médias occidentaux.
Ce réflexe de doute, à gauche, ne vient pas de nulle part. Il s’enracine dans une histoire longue de manipulations en temps de guerre, où les pires atrocités sont inventées ou exagérées pour légitimer des représailles, des bombardements, des déplacements de populations. La propagande de guerre, ce n’est pas une invention du Hamas. C’est une technique éprouvée, y compris par des États dit démocratiques (Mais qui sont au mieux parlementaire).
Et dans le cas précis du 7 octobre, plusieurs récits terrifiants se sont révélés soit exagérés, soit complètement faux. On a parlé de bébés décapités, de viols systématiques, de massacres aux méthodes nazies… avant que des journalistes, des ONG, ou même l’armée israélienne elle-même ne rétropédalent ou reconnaissent le manque de preuves. Il y a eu instrumentalisation. Il y a eu fabrication. Et la gauche, dans ce contexte, a fait ce qu’elle sait faire : demander des preuves, refuser de céder à l’émotion brutale, chercher à comprendre au lieu de s’aligner.
Pour les plus curieux voici des vidéos de Lex Imperii à ce sujet :
FACT-CHECKERS : Masquer la propagande sous une fausse neutralité !
LES OSCARS DE LA PROPAGANDE DE GUERRE - 3 cas symptomatiques
Est-ce que certains en ont profité pour nier aussi des crimes avérés ? Oui. Est-ce que cela est grave ? Bien sûr. Mais ce n’est pas ce que la majorité des militants de gauche ont fait. Et surtout, ce n’est pas une preuve d’antisémitisme en soi que de douter d’un récit militaire dans les premières heures d’un conflit. Surtout quand ce récit sert d’alibi à une guerre d’anéantissement contre un peuple colonisé.
Enfin, il est hypocrite de reprocher à la gauche sa prudence, alors que la droite et l’extrême droite, elles, se permettent tous les jours de nier ou de minimiser les crimes de l’armée israélienne, pourtant documentés par Amnesty, Human Rights Watch, l’ONU, et tant d’autres. Là aussi, il y a des enfants tués. Là aussi, il y a des civils massacrés. Là aussi, il y a des crimes de guerre. Mais là, soudainement, plus personne n'exige la compassion immédiate, ni l’usage de mots forts.
Ce deux poids, deux mesures alimente la défiance. Et cette défiance pousse certains à l’erreur. À l’excès inverse. Mais la racine du problème, c’est cette hiérarchie dans les morts. Ce déséquilibre dans l’indignation.
Alors non, la gauche n’a pas toujours été irréprochable dans sa manière de traiter les crimes du Hamas. Mais accuser globalement LFI de désinformer ou de nier ces crimes, c’est nier aussi l’existence d’une critique lucide, informée et éthique du discours dominant. Et c’est faire passer une méfiance légitime pour de l’antisémitisme. Ce qui, au passage, affaiblit la lutte contre le véritable antisémitisme.
2) 3) 4) Instrumentalisation de l’antisémitisme
Parlons franchement. Oui, l’antisémitisme est instrumentalisé. Et cette instrumentalisation vise clairement deux cibles : la gauche et les musulmans. Chaque fois qu’un élu LFI, un militant pro-palestinien ou un simple citoyen musulman prend la parole sur la question israélo-palestinienne, il est potentiellement exposé à l’accusation d’antisémitisme.
Le procédé est rodé : on extrait une phrase, un tweet, une prise de position — parfois mal formulée, parfois maladroite, parfois simplement dissidente — et on l’utilise pour discréditer un camp politique entier. Peu importe les nuances, peu importe le contexte. C’est une stratégie, pas une indignation sincère.
Mais attention : reconnaître cette instrumentalisation ne signifie en aucun cas nier la réalité de l’antisémitisme, y compris à gauche. Ce serait une erreur tragique de penser que parce que l’extrême droite et les médias dominants utilisent l’accusation comme une arme, alors l’antisémitisme serait une fiction. Il ne l’est pas. Il est là, réel, profond, parfois inconscient, parfois décomplexé, et souvent mal combattu.
Ce phénomène n’est pas isolé. On l’a vu aussi avec l’homophobie, les violences sexuelles, le sexisme. À chaque fois que la droite ou l’extrême droite s’en empare pour attaquer la gauche ou les étrangers, une partie du camp progressiste hésite : faut-il encore lutter contre ces oppressions si elles sont utilisées contre nous ? Faut-il les taire pour ne pas nourrir l’ennemi ?
La réponse devrait être évidente : non. On ne recule pas sur les principes parce qu’ils sont dévoyés par nos adversaires. On ne cesse pas de combattre les discriminations sous prétexte qu’elles sont instrumentalisées. On fait mieux. On lutte plus fort. On reprend la main sur le récit.
Malheureusement, sur l’antisémitisme, la gauche ne tient pas toujours cette ligne. Trop souvent, elle tombe dans deux pièges :
-
Minimiser le problème, par réflexe défensif.
-
Le relativiser systématiquement en le comparant à d’autres oppressions.
Oui, l’islamophobie est massive. Oui, elle est plus visible, plus institutionnelle, plus intégrée aux logiques d’État. Mais cela ne rend pas l’antisémitisme moins grave. Moins dangereux. Moins structurant dans notre histoire politique et sociale.
Le plus pervers, dans l’instrumentalisation actuelle, c’est qu’elle rend presque suspecte toute parole sur l’antisémitisme, comme si le seul fait de le nommer était déjà une trahison du camp progressiste. Et c’est précisément ce que cherche l’extrême droite : nous priver de la capacité à dénoncer l’antisémitisme sincèrement, lucidement, depuis la gauche.
Il y a là un piège mortel.
On ne combat pas une manipulation en cédant sur le fond. On ne combat pas l’instrumentalisation de l’antisémitisme en niant l’antisémitisme. On le combat en le prenant au sérieux, chez nous aussi, et en montrant que nous savons faire ce que nos adversaires ne font jamais : nous remettre en question.
Car si nous ne faisons pas ce travail, nous laissons la lutte contre l’antisémitisme aux mains de ceux qui la pervertissent, qui s’en servent pour justifier des politiques racistes, coloniales, autoritaires, ou guerrières. Et alors, non seulement nous trahissons nos valeurs, mais nous offrons une nouvelle victoire à ceux que nous prétendons combattre.
En plus, je le rappelle, les autres courants politiques n’en ont rien à foutre de l’antisémitisme, voire le défendent lorsque ça provient de figures d’autorité comme les policiers. Du coup, si on se scandalisait d’affaires comme celle-là : vueling-lantisemitisme-ne-manque-pas-dair , il deviendrait rapidement impossible d’instrumentaliser l’antisémitisme contre nous et de dire que l’antisémitisme en France est dû aux musulmans ou à la gauche.
Je tiens à terminer en précisant qu’ il y a une masse de gens à gauche, qui pour tout un tas de raison défendent que certaines luttes doivent être mises de côté ou sont moins importantes.
Pendant des décennies, cela a même été la position dominante au Parti communiste ou dans des syndicats comme la CGT (le fameux classe-first). Et encore aujourd’hui, c’est une position qui est loin d’avoir disparu (coucou Ruffin). Et, il y a aussi des penseurs antiracistes comme Houria Bouteldja qui doivent traiter la difficile question de comment on accueille dans le mouvement antiraciste des gens homophobe ou sexiste (surtout à une époque où l’extrême droite instrumentalise ses sujets pour taper sur les musulmans) et préconise des solutions un peu borderlines (mais on n’est pas là pour ce débat).
Et justement, ils sont également confrontés à un problème de friction entre la lutte contre l’islamophobie et l'antisémitisme. Et là de la part d’Houria Bouteldja et d’autres, on a des prises de position qui sont au-delà du borderline.
Par exemple :
Attention, même si je suis en désaccord sur beaucoup de sujets avec Houria Bouteldja, j’ai énormément de respect pour elle et ses idées et je ne crois pas qu’elles soient anti-sémite (mais j’avoue ne pas avoir lu ses livres et donc ne pas pouvoir l’affirmer avec certitude).
Mais, le respect que j’ai pour des politiciens, des penseurs ou des organisations ne m’a jamais empêché de les critiquer, lorsque je pense qu’ils font de la merde. Je me sens obligé de rajouter ce passage à cause du torrent de haine injustifié qu’ils se prennent et l’instrumentalisation des critiques faites à leur rencontre pour noyer leur message. Lorsque je critique la gauche bourgeoisie, curieusement, je ne ressens pas le besoin de prendre ce genre de précaution oratoire.
2) 3) 5) Diffèrent type de racisme
Avant de continuer j’aimerais faire une petite digression. L’un des problèmes de la lutte contre le racisme (et donc contre l’antisémitisme), c’est que l’on utilise (non sans raison), le même mot pour désigner des réalités très différentes. En effet même si cela fait une belle jambe au victime de racisme, il y a une grosse différence entre ceux qui sont raciste par erreur (par exemple le lapin dans zootopie qui est très antiraciste mais fait à la télé un discours raciste à la télé qui provoque une vague de discrimination), ceux qui sont raciste par indifférence (la plupart des personae dans zootopie et dans la vraie vie) et ceux qui milite activement pour le racisme (la brebis dans zootopie et les militant du FN).
Il y a une différence entre balancer insulter un rabe dans la rue, prendre part à une ratonade et faire une blague raciste entre pote pour faire rire (et cela que l’on est conscience des tenant et aboutissant politique)
Encore une fois pur ceux qui en sont victime ça ne fait pas de grosse différence de savoir pourquoi on est raciste ou de comment ça se manifeste. Mais si l'on veut combattre le racisme c'est important de faire la distinction.
Au point que je pense qu’il nous faudrait même des mots différents pour les qualifier. Je propose racisme involontaire, racisme soft et racisme militant.
2) 3) 6) L’antisémite involontaire
2) 3) 6) 1) Retour sur le cas d’Houria Bouteldja
Si on reprend l’exemple d’Houria Bouteldja, personnellement je ne connais d'elle que quelque conférence et interview. Dedans elle se dit attachée au droit des homosexuelles et des juifs. Et elle précise qu'à chaque fois que des associations contre l'homophobie ou l'antisémitisme avait appelé à faire une manif elle s'était déplacée. Et notamment elle aurait manifesté pour que les gays aient le droit de se marier.
Donc je pense que l'on ne peut pas dire qu'elle soit antisémite ou homophobe militant. Ou alors elle le cache bien. Et avant qu’on ne me le dise je n'ai pas lu son livre mais les extraits comme ceux montre dans ce critique "Les Blancs, les Juifs et nous" de Bouteldja ne m'ont pas convaincu qu'elle le serait. Par contre, même si à titre personnel je n'ai jamais vu de déclaration ou d’écrit ou c'est le cas, il y a des chances qu'elle soit raciste involontaire (comme le lapin dans le film zootopie).
Et vu ses positions class first (en gros pour elle les lutte de colonial doivent être prioritaires sur les autres lutte), je comprends à juste titre que l’on puisse penser cela. Perso je ne suis pas d'accord avec ses positions class-first. Pour moi Houria Bouteldja, c’est un peu le Ruffin des quartiers, mais en moins carriériste et en plus intello. Pour moi elle fait beaucoup de merde (comme nous tous), mais également beaucoup de bien et que beaucoup de ses discours sont intéressants (là pour le coup pas comme nous tous et je serais honoré de mourir en me disant que j’ai fait le dixième du bien qu’elle a fait jusqu’à aujourd’hui).
Quoi qu’il en soit, je ne pense pas qu'elle mérite d'être qualifié d'antisémite ou d'homophobe. Ou alors il faut qualifier d'antisémite ou d'homophobe la totalité des politiciens, y compris Mélenchon, Poutou et Macron (ce qui n’est peut-être pas une mauvaise idée).
D’ailleurs je pense qu’à ce jeu Macron et Mélenchon sont plus antisémite qu’Houria Bouteldja. Ce qui bien sûr n’excuse rien.
2) 3) 6) 2) La LFI
On va enfin rentrer dans le vif du sujet et parler de l’affiche de la LFI sur Cyril Hanouna qui a tant fait polémique car elle reprend l’imagerie antisémite la plus crasse.
Cette image est évidemment antisémite et je ne vais pas aller plus loin sûr cette affaire, car mon but n’est pas d’en faire un énième commentaire/analyse. Pour ceux que cela intéresse voici un poste blueskie qui résume mon opinion sur le sujet :
Vinteuil : réaction caricature Hanouna
Moi, ce que j’aimerais faire, c’est répondre à la question qui a brûlé les lèvres de toute personne raisonnablement éduquée sur l’antisémitisme qui a vu cette affiche : mais comment ça a pu passer ? Comment est-il possible que tout un groupe de personnes de la LFI aient validé cette affiche ? Est-ce que c’est vraiment possible que personne n’ait vu le problème ?
Ma réponse est que malheureusement, c’est très largement possible. Bien sûr, on ne peut pas exclure que ce groupe, spécifiquement, soit composé d’antisémite ou qu’il y ait eu une volonté de faire le buzz, mais l’explication la plus probable me semble être aussi la plus triste : la majorité des gens — y compris à gauche — ne savent tout simplement pas reconnaître les stéréotypes antisémites. Ils ne les voient pas. Ils n’ont jamais été formés à les repérer. Ils n’en comprennent pas l’histoire ni les implications.
Et ce n’est pas limité à des milieux populaires ou à des personnes peu éduquées. C’est généralisé. Y compris chez des militants cultivés, y compris dans des milieux intellectuels.
En effet, qui en France s’est déjà rendu compte qu’Harry Potter est antisémite ? Qui est au courant que la figure du gobelin qui est reprise dans Harry Potter (et dans pas mal d'autres œuvres de fantaisie) est à la base une caricature antisémite ? Pourtant, lorsque l’on y réfléchit, ça semble évident que cette créature avec un long nez et des doigts crochus qui est obsédée par l’argent est un cliché antisémite sur patte.
D’ailleurs, j’ai lu que maintenant lorsque dans les écoles, on présente à des élèves des caricatures qui était publié dans des journaux antisémites des années 30, les élève évoque spontanément Harry Potter.
La réalité, c’est qu’aussi bizarre que cela puisse paraître, le caractère évident de l’antisémitisme de cette affiche ou d’Harry Potter ne l’est que pour une minorité de Français. Et bizarrement beaucoup sont juifs, c’est bizarre qu’ils soient plus au courant que les autres, sans doute un complot.
Et cette ignorance, elle est entretenue. Par le système scolaire, qui n’enseigne pas ces codes. Par la culture populaire, qui recycle sans fin les mêmes clichés. Par la société, qui a intégré des représentations antisémites dans ses normes, ses plaisanteries, ses imaginaires — au point qu’elles nous paraissent neutres.
J’ai un souvenir très précis à ce sujet : en classe prépa, j’ai été obligé de lire l’argent de Zola et j’ai été frappé par le caractère violemment antisémite du roman. Et encore plus par le fait que cela ne semblait déranger personne.
Cela n’a même pas été mentionné par le prof qui a pourtant passé des heures à nous faire de la surinterprétation sur des détails de l’histoire et des analyses de 3 pages sur des figures de style qui à mon avis n’ont rien de particulièrement orignal (mais qui l’était peut-être à l’époque).
Pourtant, cela n’aurait pas pris longtemps de dire que non les Juifs ne dirigeaient pas la finance au XIXe siècle et que comme aujourd’hui l’essentielle du pouvoir et des capitaux était entre les mains de vieux hommes blancs riches et catholiques.
Avec un peu plus de temps, on aurait aussi pu se demander comment devait être interprété les propos de Saccard (le personnage principal) ? Est-ce que l’intention de Zola était de faire une présentation sans jugement des idées antisémite qui circulait chez les catholiques du XIXe siècle (autrement dit d’être réalistes) ou une promotion de ses idées ou au contraire de dénoncer leur absurdité ?
Je pense que cette dernière hypothèse est la bonne, tant il est ironique de voir un financier qui vit de mensonges et d’escroqueries se plaindre que les Juifs ne travaillent pas et pillent le travail d’autrui. Mais, ce n’est pas si évident à la première lecture (ni à la seconde). Si comme je le pense, il s’agissait de ridiculiser les idées antisémites des bourgeois de son époque, tout en restant réaliste (et subtil), alors je pense que Zola s’est lamentablement planté.
Quoi qu’il en soit, cela aurait été plus intéressant à analyser que la symbolique et soi-disant double sens de certaines descriptions.
Et, on aurait aussi pu étendre la réflexion vers les sciences dures pour se demander, indépendamment des intentions de l’auteur, quel effet réel ce roman à succès, a eu sur la diffusion des idées antisémites au XIXe siècle.
Perso, je pense qu’il a joué un rôle non-négligeable pour la diffusion d’un antisémitisme acceptable et la confusion à gauche entre lutte contre le capitalisme et lutte contre les Juifs, mais je ne suis pas spécialiste de ses sujets, donc mon avis ne vaut pas grand-chose.
Est-ce à dire que Zola ou JK Rowling sont antisémites et qu’il faut arrêter d’urgence de lire leur roman ? Bien sûr que non.
Comment pourrait-on ne serait-ce qu’imaginer que l’auteur du fameux ‘J’accuse’ soit antisémite ? Comment pourrait-on imaginer que je fasse ce genre de recommandation, alors que je suis fan d’Harry Potter au point d’en avoir écrit plusieurs fanfictions.
Non, ce que je veux dire par là, c’est que nous sommes les héritiers de plusieurs siècles d’antisémitisme forcené qui a trouvé son pinacle dans la Shoah et que cela a laissé de profondes traces dans notre culture qu’il est impossible de discerner sans une éducation que peu de gens ont (pas même des gens violemment engagé contre l’antisémitisme et cultivé comme Zola).
Et, qu'en conséquence l’antisémitisme le plus courant est aujourd’hui un antisémite de l’ignorance et non de la malveillance.
Et ce n’est pas une spécificité de l’antisémitisme. D’autres formes de racisme ont connu (ou connaissent encore) le même sort. Il y a quelques décennies, personne à gauche ne s’émouvait des blagues racistes sur les Arabes dans les émissions de télé. Ou des chansons comme La Zoubida, qui caricaturaient les immigrés maghrébins.
Quand on ne fait pas partie des concernées, on a rarement une connaissance innée de ce qui est raciste ou non.
Vous trouvez que j’exagère ?
Ceci est une phrase prononcée par Mélenchon lors de son débat avec Zemmour sur BFM TV en 2021 (donc bien avant les attaques du 07 octobre). Cette phrase est bien évidemment antisémite :
‘Monsieur Zemmour ne doit pas être antisémite parce qu’il reproduit beaucoup de scénarios culturels, 'on ne change rien, on ne bouge pas, la créolisation mon dieu quelle horreur' ! Tout ça ce sont des traditions qui sont beaucoup liées au judaïsme. Cela a ses mérites, cela lui a permis de survivre dans l’histoire. Donc je ne crois pas qu’il soit antisémite.’
Source : melenchon-admet-qu-il-s-est-mal-exprime-apres-ses-propos-sur-le-judaisme-et-zemmour
Si on résume, il dit que si Zemmour est réactionnaire, c’est parce qu’il est juif. C’est un peu l’équivalent de l’islamophobe qui dit que les Arabes volent parce qu’ils sont arabes. C’est dans leur nature d’être des arriérés violents.
Et pourtant cette phrase a suscité relativement peu de réaction à gauche comme à droite et a très vite été oublié. Et pourtant, on était en plein milieu d’une présidentielle assez insipide, du fait que le principal candidat refusait de faire campagne.
Comment expliquer cela autrement que par un mélange d’indifférence et d’ignorance ? Comment l’expliquer autrement que par la persistance de cliché antisémite tellement présent que l’on y fait plus attention et qu’on n’arrive pas à remettre en question ?
Pour en sortir, il faudrait faire ce que l’on a fini par faire pour d’autres formes de racisme : éduquer. Former les militants, les élus, les citoyens. Apprendre à reconnaître les images, les mots, les associations d’idées héritées d’un antisémitisme séculaire. Expliquer pourquoi certaines blagues, certains traits de caricature, certains discours sont violents, même sans intention malveillante.
Et il faudrait aussi cesser de croire que seuls les antisémites sont responsables de l’antisémitisme.
Et il faudrait aussi que les politiciens de droite comme Macron arrête de faire de la désinformation historique dans le seul but de séduire l’extrême droite antisémite (non, Pétain n’a pas fait ce qu’il a pu pour protéger les Juifs, mais a au contraire fait tout son possible pour les tuer).
Ce serait, à mon sens, bien plus productif que d’accuser les musulmans ou la France insoumise d’être responsable de la montée de l’antisémitisme. Les antisémites les plus nombreux sont des petits blancs bien de chez nous et c’est une transition parfaite pour le chapitre suivant.
2) 3) 7) L’antisémitisme décomplexé (ou militant)
En effet, il est temps de parler de ce que la plupart des gens ont en tête lorsque l’on parle d’antisémitisme : l’antisémitisme haineux, le complotiste, le nazi et autre tonton raciste, toujours disponible pour égayer les repas de famille.
Cette bestiole-là en général, on a tendance à croire à gauche qu’elle vote exclusivement RN et à la rigueur Macron lorsqu’elle a un certain patrimoine. Et malheureusement, c’est totalement faux.
Il suffit de faire un tour sur les réseaux sociaux ou d’être fan de rap pour se rendre compte qu’il n’y a rien d’incompatible entre l’antisémitisme radical et la gauche traditionnelle. Pour vous en convaincre voici le genre de poste que l’on a eu sur les réseaux sociaux de la part de certains sympathisants LFI suite à la caricature de Hanouna :
Et cette présence de l’antisémitisme à gauche ne date pas d’hier. On se souvient par exempte dans les années 30 des nombreuses personnes qui sont passées du Parti socialiste aux Pétainismes (dédicace à François Mitterrand et à son poste haut placé sous Vichy, et son soutien sans faille à Papon). Et d’ailleurs pour les convertir faire le lien entre les Juifs et la finance était très efficace.
C’est un énorme problème dont il faudrait arrêter de nier l’existence, afin d’enfin pouvoir le combattre.
Ne pas le faire, c’est se rendre plus vulnérable aux procès en antisémitisme des médias et perdre une bonne partie de nos électeurs. En effet en voyant que ce genre d’attitude n’est ni dénoncé, ni sanctionné au sein de la LFI comment en vouloir à ceux qui vont croire ce genre de fake news : Un 22 mars bien chargé en fake
Comment s’étonner après cela de constater que des gens pourtant séduits par le programme du NFP et dégoutté par les crimes commis par le gouvernement israélien votent à droite (surtout, s’ils sont Juifs).
Et, cela est d’autant plus vrai si on est anti-sioniste. Car, je le rappelle, la principale raison de l’existence d’Israël est le soutien que lui apporte la communauté juive par peur de l’antisémitisme. Comment en vouloir aux Juifs de penser que leur seule échappatoire aux violences antisémites est d’avoir une nation à eux, lorsque même dans les partis de gauche, on est totalement indifférent à ce problème. Comment peut-on espérer que la solution à un seul état défendue par Rima Hassan (mais pas par la France insoumise) du problème palestinien devienne un jour réalité tant que l’on ne sera pas capable de régler le problème de l’antisémitisme en Occident ?
En effet, comment peut-on convaincre les Juifs d’Israël que les Palestiniens renonceront à la haine des Juifs et qu’ils pourront tous vivre ensemble dans un même état égalitaire et multiculturel si les Européens en sont incapables ? Comment peut-on demander aux Juifs de renoncer à leur seul refuge alors que l’antisémitisme monte partout et que le vice-président non-officiel de la première puissance mondiale s’amuse à faire des saluts romains (il parait que c’est comme ça que ça s’appelle maintenant) ?
Et, de toute façon, le simple fait que je ressente le besoin d’argumenter pour que la gauche prenne des mesures vigoureuses pour lutter contre l’antisémitisme en son sein est une insulte à toutes les convictions, humanistes qu’elle est censée porter.
2) 3) 8) Bonus : L’antisémite dédiaboliser : "le Dog whistle »
Pour finir, j’aimerais aborder un autre sujet très proche : le Dog whistle.
Pour ceux qui ne seraient pas au courant l’extrême droite est tout aussi violemment antisémite qu’elle l’était sous Pétain, mais elle ne peut plus le dire ouvertement sans se prendre des procès.
Pour pallier ce problème, l’extrême droite a pris l’habitude d’utiliser ce que l’on appelle des Dog whistle ou sifflet à chien pour diffuser ses idées nauséabondes dans les médias ou sur les réseaux sociaux sans risquer d’avoir des ennuis avec la justice.
Comme tous les concepts d’extrême droite, celui-ci est fort simple : utiliser des périphrases qui si elles sont prises au premier degré, ne sont pas antisémites, mais qui seront compris par tous les lecteurs comme antisémites. Comme ça, lorsqu’on les accuse d’être antisémites, ils peuvent nier et dire qu’ils sont mal exprimés ou qu’on les a mal compris ou que c’était de l’humour.
Et ils ne font pas ça que pour les Juifs. Par exemple, au lieu de dire : ‘les Arabes sont des violeurs’, ils vont juste écrire : ‘encore une chance pour la France’ en dessous d’un article parlant d’un viol dont on ignore le coupable. Si on les traîne devant un tribunal, ils pourront facilement nier le caractère racismes de cette phrase, mais personne ne sera dupe.
Étant donné que l’antisémitisme est moins toléré par les Français que les autres formes de racisme, ils utilisent des périphrases moins claires et seulement compréhensibles par des initiés.
Par exemple, au lieu de dire Juif, ils vont parler de la ‘finance’ ou ‘des dragons célestes’ ou ‘les sionistes’ des ‘tu sais, les autres’. Cependant, même si c’est plus subtil, ça marche tout aussi bien. Lorsque Dieudonné faisait ses spectacles, la plupart des spectateurs comprenaient qu’il portait un message antisémite et non antisioniste. Mais, c’était suffisamment caché pour que la justice ne puisse pas le condamner et que des gens normaux croient à sa bonne foi lorsqu’il niait être antisémite.
Mais, bien entendu, sans des politiciens opportunistes et racistes comme Manuel Valls rien ne serait possible. En effet, si après tant de temps, ils peuvent encore utiliser cette technique sans risquer le moindre ennui, c’est avant tout parce qu’ils n’ont jamais pris la peine de changer les lois ou de créer un service public chargé de lutter contre l’antisémitisme et le racisme.
Car la défense de la tolérance et du vivre-ensemble, c’est bien beau, mais quand on est sérieux, on pense avant tout au déficit et à des mesures qui seront relayées positivement par les médias de milliardaires antisémites comme Bolloré (quand on oblige ses journaux à publier des articles antisémites écrit par ses copains, je considère que l’on est soit même antisémite : histoire-antisemite-cnews-bollore )
Et là, je pense que vous commencez à voir un problème : C’est tellement bien caché que c’est identique à un discours qu’une personne de gauche ou un sociologue pourrait tenir de bonne foi.
Du coup, comment faire pour que : ‘mon ennemi c’est la finance’ ne soit pas compris par un antisémite ou un confus comme ‘mon ennemi, ce sont les Juifs’ ? Comment faire pour différencier une théorie du complot antisémite d’une description scientifique des impératifs financier auquel sont soumis des médias et de l’influence qu’ils ont sur leur ligne éditoriale ?
Comment faire pour différencier un discours critique du sionisme et de la solution à deux états comme celui de Rima Hassan d’un discours antisémite comme celui de Dieudonné ?
Et c’est encore plus difficile de différencier les deux, lorsque l’antisémitisme et le complotisme est noyé dans des discours authentiquement de gauche comme c’est le cas chez Étienne Chouard (cf CHOUARD : LE NÉGATIONNISTE PRÉFÉRÉ DE LA GAUCHE ? ).
Comment tenir un discours qui critique les inégalités de pouvoir dans notre société sans qu’il ne soit détourné ou mal interprété par des antisémites ?
C’est un vrai problème auquel je n’ai pas la réponse. Peut-être le sujet d’un prochain billet de blog. Cependant, je pense que le problème mérite d’être mentionné dans ce billet.
En attendant d’avoir une solution, il pourrait être tentant de vouloir que l’on renonce à dénoncer le ‘Dog whistle’ au prétexte que cela à principalement pour conséquence de donner à nos ennemis, une technique pour accuser la gauche d’antisémitisme.
Et c’est vrai qu’il serait peut-être plus efficace de se concentrer dans un premier temps sur les nombreux actes antisémite bien moins ambigus des politiciens d’extrême droite comme le fait que Darmanin cite du Maurras à l’Assemblée nationale, que la tête de liste aux élections européennes de 2019 d’En-Marche est une ancienne du GUD qui n’a pas l’air de regret grand-chose de cet engagement passé ou que le députe Frédéric Boccaletti vendait des pamphlets antisémites dans sa librairie.
Mais, étant donné l’importance des discours utilisant cette technique sur les réseaux sociaux, je pense que ce serait une erreur. Je pense qu’un collectif voulant lutter contre l’antisémitisme ne peut pas faire l’économie de dénoncer l’usage du Dog Whistle (quitte à prendre le risque de nuire à d'autres luttes tout aussi légitimes).
2) 3) 9) Conclusion
Exceptionnellement, il n’y aura pas de conclusion à ce billet, car ce sujet (comme sur bien d’autres) je dois avouer que ma réflexion est toujours en construction. Ceci est un point d’étape que je me suis forcé à écrire, car le sujet me semblait urgent et que j’avais besoin de faire le point. À la place, je terminerais en donnant le lien vers une conférence que j’ai beaucoup aimée sur le sujet afin de vous permettre d’aller plus loin :
Intervention de Tal BRUTTMANN, Historien et représentant du Mémorial de la Shoah (1ère partie)
Intervention de Tal BRUTTMANN, Historien et représentant du Mémorial de la Shoah (2ème partie)
Où sont passés les antisémites de droite ?
Et aussi vers ce rapport de la Commission nationale consultative des droits de l'homme :LA LUTTE CONTRE LE RACISME, L’ANTISÉMITISME ET LA XÉNOPHOBIE
Je vous invite aussi à suivre le travail de : Nonna Mayer . Et notamment si vous en avez la possibilité de lire cet article : Les transformations de l'antisémitisme français
Sinon dans ce billet (et dans d’autres), j’ai été très critique de la France insoumise, je tiens à préciser que malgré tout, je continue à soutenir ce parti. Car même s’il est merdique, il est le parti ayant des chances de remporter les élections, le plus proche de mes idées.
J’ai aussi à plusieurs reprises dit que les critiques que j’adresse à la gauche sont aussi valables pour la droite. Je précise donc que ce n’est pas une manière de dédouaner la gauche. Pour moi, les autres font pareil, ne veut pas dire que ce que l’on fait est bien ou excusable (les parents le savent bien, mais apparemment certains adultes ont besoin qu’on le leur rappelle).
2) 4) L’union de la gauche (ou plutôt de la gauche de la LFI et de la droite républicaine du PS)
2) 4) 1) Ce n’est pas le nouveau front populaire qui a gagné les législatives mais le nouveau front républicain.
Contrairement à ce que beaucoup disent à gauche, le NFP n’a pas gagné les législatives.
En réalité, personne n’a gagné les législatives. Clamer que la gauche aurait gagné sous prétexte que, comme d’habitude, les médias et les instituts de sondage (tous détenus par des militants d’extrême droite) avaient sous-estimé le vote pour la gauche et surestimé le vote pour l’extrême droite est une erreur.
La victoire, ce n’est pas lorsque l’on perd moins que prévu, mais lorsque l’on obtient suffisamment de voix pour prendre le pouvoir et imposer notre programme. Or l’assemblée qui est sortie de ce vote est aux ¾ de droite extrême ou d’extrême droite (je considère que les macronistes sont de droite extrême).
Donc il était assez peu probable qu’il émerge de cette assemblée un gouvernement un tant soit peu de gauche.
Sauf que, au-delà des chiffres, ce que le second tour a montré, c’est que les électeurs, qu’ils soient de gauche ou de droite, se sont largement mobilisés pour rejeter l’extrême droite.
En effet, il était attendu que les électeurs de gauche fassent barrage à l’extrême droite au second tour. Mais, à la grande surprise des politiciens de droite et des médias soi-disant neutres et objectifs, au second tour, la plupart des électeurs de droite ont eux aussi massivement rejeté la haine et l’autoritarisme prônés par LR et RN, en choisissant de voter massivement pour des candidats issus du NFP plutôt que de s’abstenir ou de voter pour l’extrême droite, lorsqu’ils n’avaient pas d’autre choix.
À partir de là, le respect des principes démocratiques et de la tradition républicaine aurait imposé que les macronistes rompent leur alliance avec l’extrême droite, sur laquelle ils s’étaient appuyés pour gouverner depuis 2022, et négocient un programme de compromis avec le PS, EELV (et pourquoi pas la LFI).
Par contre, rien ne les obligeait à nommer Lucie Castets pour cela. Bien sûr, cela aurait été la voie la plus logique et ça aurait permis aux macronistes de rendre la gauche responsable d’un éventuel échec du gouvernement Castets à former une alliance stable avec les macronistes (et leur aurait ensuite permis de nommer un Premier ministre issu de la droite du PS qui aurait mené une politique très proche de celle prônée par les macronistes).
Mais cela n’avait rien d’obligatoire et, pour être honnête, je me fous comme de l’an 40 de qui sera Premier ministre.La seule chose qui m’importe, c’est la politique qui sera menée et, pour cela, la seule chose qui importe, c’est la coalition sur laquelle s’appuie le gouvernement. Il n’y avait que deux choix : une alliance des macronistes avec l’extrême droite (comme c’est le cas depuis 2022) ou une alliance entre les macronistes et la droite du NFP.
En choisissant de renouveler son alliance avec l’extrême droite, en lui donnant encore plus de place que dans le précédent gouvernement avec la nomination de ministres d’extrême droite comme Retailleau et en confirmant ceux déjà en place comme Darmanin, il a trahi les principes démocratiques et républicains qu’il avait pourtant juré de défendre. Et, plus grave encore, il a trahi le vote de la plupart de ses électeurs.
Sauf que j’ai déjà dit dans un précédent article qu’il est totalement faux de dire que les gens votent parce qu’ils sont en accord avec les idées prônées par un candidat.
En effet, depuis des décennies, des chercheurs de diverses disciplines mènent des enquêtes pour connaître les causes du vote (pas dans un but de pure recherche mais pour permettre à leurs commanditaires de gagner plus facilement les élections) et il en ressort que la plupart des gens ne votent pas du tout parce qu’ils soutiennent le programme du candidat. Je ne sais pas ce qu’il en était durant les législatives de 2022, mais durant les autres élections il ressort de ces études qu’en bonne partie les gens votent uniquement en se basant sur la photo du candidat ou sur le fait d’avoir rencontré un militant au marché qui leur a semblé sympathique ou proche d’eux.
Il ne me semble donc pas déconnant de penser qu’une des explications de ce surprenant ralliement au barrage républicain est plus due à la mobilisation massive des militants de gauche pour aller sur les marchés et faire du porte-à-porte qu’à une véritable opposition au fascisme chez les électeurs de Macron. Et en parlant à des électeurs habituels de Macron qui ont voté NFP, j’ai eu des explications du type : « j’ai voté NFP car si le RN avait gagné ça aurait été la guerre civile avec les Arabes », qui me font dire que, même chez les plus politisés des électeurs d’En Marche s’étant résignés à voter pour le NFP, on est loin d’un vote marquant un rejet du racisme.
Donc, en réalité, même s’il est indéniable que l’alliance des macronistes avec l’extrême droite est anti-républicaine, je ne suis pas convaincu qu’elle soit anti-démocratique.
De toute façon, parler de démocratie dans un système où on ne permet pas aux gens de choisir les questions auxquelles ils doivent répondre, de s’informer correctement et d’en débattre relève de la métaphysique la plus spéculative (c’est une expression inutilement compliquée pour dire branlette intellectuelle).
2) 4) 2) Comment trouver un candidat unique au front républicain
2) 4) 2) 1) Introduction
Chers lecteurs, je vais vous faire une révélation qui va vous scotcher à vos sièges : politiquement, je suis plutôt à gauche. Je sais, c’était totalement inattendu, mais ce qui est beaucoup plus surprenant, c’est la tension que j’ai ressentie lors d’une conversation récente avec d'autres militants de la NFP sur le choix d’un hypothétique candidat unique de la gauche pour la présidentielle de 2027.
Je savais que c’était un sujet tendu à cause de la question toujours non réglée de l’orientation politique du NFP entre les néo-libéraux du PS qui récupère des électeurs depuis le virage vers l’extrême droite de Macron et les sociaux-démocrates de la LFI. En effet, le choix du candidat unique (surtout, s’il gagne) donnera un avantage considérable à son camp. De plus, il va être difficile de trouver une personnalité qui ait simultanément une chance de gagner les élections et qui n’appartienne pas clairement à l’un de ces deux camps que tout oppose. Cependant, je ne m’attendais pas à une telle virulence, étant donné qu’il s’agit d’une discussion sans réelle conséquence concrète.
En effet, pour le moment, il me semble très peu probable qu’il y ait une candidature unique des partit républicain aux présidentielles de 2027. Pour moi, la France insoumise n’acceptera jamais de ne pas participer au présidentiel, car c’est son élection phare et la seule à laquelle elle fait de bons scores. Pour moi, Mélenchon n’acceptera jamais un candidat pour la LFI qui ne soit pas lui-même ou 100% fidèle à sa ligne. Et la main mise totale de Mélenchon sur les décisions de la France insoumise au niveau national garantit qu’il obtiendra gain de cause, et cela, quoi qu’en pensent les militants. Et, pour moi, le PS qui entre-temps aura été ragaillardi par son succès aux Européennes et probablement au municipal de 2026 n’acceptera jamais de se ranger derrière Mélenchon.
Cependant, je trouve que le sujet est intellectuellement stimulant et il se trouve que j’ai un avis assez iconoclaste sur la question que je n’ai pas pu bien exprimer durant cette discussion, alors j’ai décidé d’écrire cet article de blog.
2) 4) 2) 2) Le primaire populaire : une fausse bonne idée
À défaut de pouvoir se mettre d’accord sur un nom, apparemment, la solution qui suscite l’enthousiasme et une certaine unanimité serait d’organiser une primaire pour désigner le candidat des antifasciste. Toutefois, les modalités exactes de la primaire (par exemple, primaire réservée aux adhérents des partis de la NFP ou ouverte à tous les citoyens) ne font pas consensus. Cependant, ce n’est pas grave, car personnellement, je suis opposé à l’organisation d’une primaire, quelles que soient ses modalités.
En effet, pour moi, dans la France de 2024, quelles que soient ses modalités, une primaire est une méthode de désignation des candidats qui n’a rien de démocratique et va désigner un candidat qui n’a aucune chance de gagner les élections. En un mot, pour moi une primaire, est une machine à perdre et je vais dans ce chapitre donner les raisons de cette opinion.
Tout d’abord, qui dit primaire, dit campagnes pour les gagner. On pourrait rêver à une campagne qui se passerait entre gentlemen se livrant à de sains débats d’idées dépassionnés. Mais, la réalité des dernières primaires du PS ou d’EELV vient totalement balayer tout espoir qu’il puisse en être ainsi. En effet, ses primaires ont donné lieu à de violents affrontements médiatisés sur des points de détail ou à des attaques personnelles. Et, si on a eu ce résultat au sein du PS et d’EELV, je n’ose imaginer ce que cela donnerait si la primaire réunissait des profils aussi opposés que François Hollande et Mélenchon.
Il en résulte donc qu’une primaire consommerait juste avant les élections, beaucoup de temps et d’énergie militante en plus d’exacerber les tensions entre les différentes composantes du NFP. Et cela, sans créer un élan autour du vainqueur. C’est en tout cas ce qui s'est produit lors des dernières primaires d’EELV et du PS et qui à mes yeux, se reproduira quelles que soient les modalités de la primaire.
Malgré tout, si la primaire permettait de désigner un candidat ayant une meilleure chance de gagner et de trancher démocratiquement (au moins pour le temps de la campagne) les différends entre les courants de la gauche, la primaire pourrait valoir le coup. Cependant, pour moi, ce n’est pas le cas.
Déjà, pour les raisons que j’ai mentionnées précédemment, le vainqueur héritera de militants fatigués et divisés. Mais surtout, le vainqueur a rarement le soutien des chefs de parti, ou alors sur le bout des lèvres. Le cas le plus signifiant est celui d’Hamon qui à l’issue de la primaire, a dû faire campagne contre les autres chefs du PS. Bien sûr, à l’instar des autres partis français (à l’exception d’EELV), le PS n’a jamais brillé par la qualité de sa démocratie interne.
Le problème, c’est que l’on a eu un résultat similaire (bien que de moindres ampleurs) avec celle d’EELV qui est pour moi le parti de France le plus respectueux de la démocratie interne. En effet Jado a dû passer l’intégralité de la campagne sous la menace d’un ralliement de Sandrine Rousseau à la LFI et bien qu’elle ait été assez faire-play pour ne pas le faire, j’ai personnellement eu l’impression d’un soutien de Jado du bout des lèvres de la part des autres cadres d’EELV (mais peut-être est-ce une impression étant donné que je ne suis pas dans ce parti).
2) 4) 2) 3) La primaire n’est pas démocratique
À ce stade, je pense que les partisans de la primaire ont une objection majeure : le caractère démocratique des primaires.
Si on est vraiment de gauche et que l’on souhaite vraiment plus de démocratie, alors il serait hypocrite de ne pas accepter la désignation d’un candidat démocratique. Est-ce que le problème est vraiment la primaire ou l’état d’esprit des militants et des cadres qui serait trop carriériste, sectaire, autoritaires, … Est-ce que renoncer au primaire sous les prétextes que j’ai donnés, ce ne serait pas in-fine renoncer à défendre plus démocratie dans la société. Et, pour mettre à quoi à la place : un retour aux magouilles à huis clos entre chefs de parti. Est-ce que ce ne serait pas un dangereux retour en arrière ? Est-ce que l’on ne risque pas d’avoir comme au PS un fossé de plus en plus important entre la base militante et les dirigeants du parti menant à une dérive droitière de la NFP, à des jeux de corruption et in fine à son implosion ?
En résumé, ne faudrait-il pas adopter en interne le fonctionnement que l‘on souhaiterait pour la société ?
Et, c'est répondre à cette question qui m’a principalement motivé à écrire ce billet de blog, car sur le moment, j’ai eu une réponse très insatisfaisante consistant en effet à défendre un retour aux magouilles entre parti avec quand même un referendum entre militants pour valider le choix des chefs.
Cependant, après réflexion, j’ai trouvé une bien meilleure réponse à cette question : depuis quand est-ce que l’élection est le modèle que l’on souhaite appliquer dans la société ? En effet si vous souvenez ce que j’ai dit dans la première partie, à gauche en général on dénonce le caractère démocratique des élections et on souhaite aller plus loin en introduisant des éléments de démocratie direct.
2) 4) 2) 4) Donc les primaires ne sont pas démocratiques.
Bon, c'est bien joli, mais quel rapport avec nos primaires, me direz-vous. Eh bien le rapport c’est que pour moi cette critique s’applique très bien à une primaire. Pour moi le gagnant d’une primaire (même idéal) ne sera pas le candidat qui fera le plus consensus chez les militants (pour ses idées ou ses capacités à gagner), mais celui qui aura eu le plus de soutien de la part des médias ou des barons de la gauche et le plus d’argent.
J’y rajouterais aussi le fait que les primaires sont une élection très particulière à laquelle seules les catégories supérieures vont voter, ce qui réduit encore le caractère démocratique d’une primaire et favorise les idées de droite auxquelles je suis profondément opposé.
2) 4) 2) 5) Alternative à la primaire
Du coup, quoi mettre à la place de l’élection ? Je réponds comme Chouard : un tirage au sort + la possibilité de rejeter les décisions des représentants avec un référendum. Pour moi, le meilleur moyen de désigner un candidat n’est ni une primaire, ni une magouille entre parti, mais de tirer au sort une centaine de militants de la NFP, de les réunir dans une salle avec quelques dizaines de représentants des partis pendant une semaine et de les laisser discuter jusqu’à tomber d’accord à 80% sur un candidat. Et que tous les débats soient filmés pour que l’on comprenne les raisons de ce choix et qu’aucun des membres de cette assemblée puissent être candidats à quoi que ce soit pendant 10 ans pour que l’on soit sûr qu’il n’y ait pas eu d’entourloupe. Et à la fin, on organise un vote réservé aux adhérents du NFP, permettant de rejeter ce candidat si plus de 50% des adhérents du NFP votent contre ce choix. Je précise 50% des adhérents et non des votes, le but étant de s'assurer que le candidat choisi n'est pas violemment rejeté par les militants.
Cette méthode de désignation, en plus d’être plus démocratique, évitera tous les défauts que j’ai cités plus tôt. En effet, elle permet de sauter l’étape de la campagne épuisante qui crée des divisions et aura permis au chef et à chaque courant d’avoir le sentiment d’avoir été entendu au contraire d’une élection où seule la minorité ayant soutenu le vainqueur final dès le début à l’impression que son opinion est prise en compte. Et, on peut espérer que les débats seront plus sincères et apaisés s’il a lieu entre des gens qui n’ont aucune chance d’être élus un jour.
Et, je rajoute que l’organisation de cette assemblée forcerait peut-être les médias dominants à propager malgré eux l’idée que la démocratie ce n’est pas la volonté de la majorité, mais la recherche du consensus le plus rassembleur par le débat entre égaux (ce qui est plus que nécessaire à une époque où l’extrême droite a réussi à imposer cette vision très réductrice de la démocratie pour tenter de rendre légitime sa prise de pouvoir et la destruction du peu de démocratie que l’on a).
Après ça, c’est en théorie. Je suis sûr que si on met cette idée en pratique, on va découvrir de nombreux inconvénients. Mais, pour les connaître et éventuellement y apporter une solution, il faut d’abord essayer.
2) 4) 2) 6) Condition pour que je sois favorable à une primaire
Cependant, j’ai bien conscience que ma position est ultra minoritaire, et que la seule alternative à une énième candidature de Mélenchon et d’une légion de petits partis insignifiants se prétendant de gauche, c’est une primaire.
Voici donc pour moi, en résumé, les problèmes qui, s’ils étaient réglés, permettraient de rendre la primaire utile et efficace pour faire progresser les idées de gauche :
1) Faire en sorte que les perdants soutiennent les gagnants. Si un candidat de gauche modérée de la France insoumise gagne, il faut que la droite représentée par le PS le soutienne sincèrement durant la campagne. Et inversement, si c’est un candidat de centre gauche style François Hollande qui gagne, il faut que la LFI le soutienne. Il ne faut pas que, comme pour la plupart des primaires du PS (cas de Ségolène et de Benoît Hamon), les perdants quittent le parti et aillent soutenir le candidat de droite extrême. Ou alors soutiennent le gagnant mais menacent à tout moment de se barrer.
Pour cela, je n’ai pas de solution, car au-delà des querelles de partis et d’ego entre carriéristes, qui sont déjà difficilement surmontables, il y a le fait qu’il y a une fracture idéologique trop profonde entre un PS promouvant des idées racistes, autoritaires et néolibérales en se pensant centriste, et la France insoumise qui promeut des idées social-démocrates sincères, couplées à un antiracisme et un anti-autoritarisme de façade, tout en se pensant des anarchistes révolutionnaires.
Comment faire en sorte que les uns soutiennent les autres ? Comment trouver un compromis acceptable pour tous entre « Dehors les bougnoules » et « Si vous ne faites pas trop de bruit, vous êtes ici chez vous » (en 1990 c’était une parodie des nuls, en 2020 c’est la réalité) ?
2) Quels mouvements politiques ont le droit d’avoir des candidats à la primaire de la gauche, et qui est autorisé à voter ? Est-ce que les mouvements racistes, autoritaires, néolibéraux qui se disent de gauche comme, par exemple, les Manuel Valls, Hidalgo, Hollande ou Faure ont le droit de se présenter à la primaire ?
Symétriquement, les mouvements qui se disent de gauche mais qui sont complotistes et antisémites comme, par exemple celui représenté par Étienne Chouard (CHOUARD : LE NÉGATIONNISTE PRÉFÉRÉ DE LA GAUCHE ? ), doivent-ils être autorisés à participer ?
La plupart de ces mouvements défendent des idées d’extrême droite mais en essayant de se donner une apparence de gauche en reprenant ses symboles et ses thèmes (par exemple, Tatiana Ventôse). Mais certains comme Étienne Chouard défendent sincèrement des idées de gauche sur certains sujets. Ils sont donc durs à classer, et à mon regret, je dois admettre que ses fumiers sont bien de gauche. Mais ce n’est pas pour autant que je veux les voir représenté à une primaire de la gauche.
Mais je ne vois pas bien comment filtrer les candidats et les électeurs sur ces critères tout en conservant le côté démocratique et ouvert. Comment éviter d’avoir un comité central composé de quelques dirigeants qui autorisent ou non les candidatures, et qui donc décident à l’avance du résultat ? Comment éviter d’interdire par avance des candidats de centre gauche en disant qu’ils sont trop à droite, ou au contraire des candidats de gauche radicale avec de fausses accusations de complotisme ou d’antisémitisme ? Et comment filtrer les électeurs pour que le candidat de la gauche ne soit pas élu par des bourgeois de droite qui se pensent de gauche car leur arrière-grand-père était cheminot et qu’ils donnent de l’argent au Resto du Cœur ?
Je n’ai pas la réponse à ces questions, mais si quelqu’un arrive à y répondre, alors je serais favorable à une primaire de la gauche (qui pour moi est une primaire des partit républicain de gauche et de droite). Peut-être, tout simplement, autoriser que les candidats soient issus du PCF, de LFI et d’EELV, et que les électeurs soient les membres, depuis un certain temps, de ces trois partis. Mais ça réduit vachement le côté ouvert de la primaire, et ce n’est pas un très bon filtre. Ne serait-ce que parce que beaucoup de cadre et de membre de EELV sont plus à droite que le PS (voir même que les macronistes). Mais ça permettrait d’éviter d’avoir, comme en 2022, trois candidatures de gauche à la présidentielle, et une dispersion des voix qui a empêché la gauche d’être présente au second tour.
2) 4) 2) 7) Mon candidat plausible préféré
Je n’ai pas pu l’intégrer de manière logique et fluide dans cet article, mais pour mieux comprendre ma position sur le choix d’un candidat, je pense qu’il faut également comprendre ma position sur comment gagner.
En très rapidement pour moi les élections se jouent actuellement en un seul tour. Pour moi, peu importe qui arrive au second tour, il gagnera face au RN grâce au barrage républicain. Pour gagner, il faut donc un candidat capable non pas de rassembler le plus largement les Français (et donc le plus centriste possible) mais capable de rassembler son camp (et donc dans notre cas, le plus à gauche possible sans que cela ne heurte le centre-gauche au point qu’il préfère voter à droite).
En résumé, pour moi l’élection présidentielle ne se gagne plus au centre depuis que l’émergence de l’extrême droite en France l’a transformée en une élection en un tour. A noter que ce phénomène semble ne pas se produire qu’en France mais également aux USA.
Si l’élection avait lieu demain, je pense que le plus à même de remplir ces critères serait Mélenchon. Cependant, Mélenchon vieillit et j’espère bien qu’en 2027 une autre figure aura émergé.
Par contre, pour moi, ça ne peut pas être quelqu’un d’aussi à droite que François Hollande ou Gluskman, car ils sont trop détestés (le mot n’est pas trop fort) par les partisans de la LFI comme moi et donc incapable de suffisamment rassembler la gauche pour pouvoir se qualifier au second tour (même en comptant sur le vote utile). Désolé aux néo-liberaux qui n’ont pas encore viré facho, mais à mes yeux une bonne partie des électeurs de la LFI, préférons laisser le successeur de Macron gagner en s’abstenant ou en votant pour un petit parti plutôt que de permettre l’élection de Hollande ou Gluskman. En tout cas moi personnellement, au premier tour, je préférerais voter Macron que Hollande ou Gluskman.
Je préfère la droite qui s’assume à la droite confusionniste.
3) Politique fiction : Que se passera-t-il si Mélenchon gagne les élections
Pour moi si Mélenchon gagne en 2027, alors il devra composer avec :
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Une majorité à l’assemblée composée d’une alliance allant du NPA aux socialistes (s’il gagne les présidentielles, il me semble probable qu’il aura une majorité à l’assemblée),
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Un sénat et des collectivités local à droite
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Un conseil constitutionnel composé de personne à droite.
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Des oligarques de droite ou d’extrême droite ayant un control quasi total de l’économie et des médias et totalement opposé au moindre compromis sur la taxation de leur richesse.
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De haut fonctionnaire plutôt de droite (et surtout les hauts fonctionnaires de banque de France qui sont radicalement opposé à une politique de gauche)
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A un peuple qui dans sa majorité est plutôt apathique mais en demande de politique distributive, protectionniste et de planification industrielle. Mais également très méfiante (et à raison) vis-à-vis des futur taxes, normes. Et aussi un peu raciste, il ne faut pas se le cacher.
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A des gouvernent européen et étranger soit à droite soit à l’extrême droite qui n’ont aucune intention de faciliter (voir de permettre) la réussite d’une politique de gauche en France et qui n’hésite pas à violer le droit international et les règles éthiques pour imposer leurs idées ou leurs intérêts
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Des institutions internationales comme le FMI acquis aux idée néo-libéral et qui n’hésite pas à abuser de leur pouvoir pour imposer leurs idées
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Une économie extrêmement mondialisé et donc totalement dépendante des échanges avec l’extérieur.
Autant dire qu'il ne va pas avoir le choix. Il va être obliger de mener un politique identique à celle de macron avec jute quelque reforme un peu de gauche comme une augmentation du SMIC un peu plus élevé que l'inflation, un démantèlement de l'empire Bolloré. Et même peut être une nouvelle loi électorale qui ferait que le parlement sera élu la proportionnelle intégral. Je ne crois pas qu'il pourra aller plus loin faute d’un accord du sénat ou du conseil constitutionnel pour changer la constitution. En gros il fera la même politique que Jospin a fait lorsqu’il était premier ministre, mais avec plus d’antiracisme et d’antifascisme. Pour moi ce serait un énorme progrès par rapport à la situation actuelle mais c’est un peu décevant et pas du tout suffisant si on prend en compte les défis que nous devrons relever dans les années à venir.
Mais imaginons qu'il perde en 2027 mais que grâce à un travail militant intense et un aggravement de la crise quelque année plus tard, il y est un soutien massif de la population pour des reforme de gauche. Imaginons que cela entraine que le sénat, la présidence et le parlement soit acquis à une gauche de rupture. Imaginons que les gens se mobile et que comme après l’élection du front populaire ont est des grevé monstrueuse qui oblige le gouvernement à aller plus à gauche qu’il ne l’avait prévue et qui fassent suffisamment peur aux oligarque pour qu’ils acceptent cette évolution (du moins temporairement).
Dans ce cas, on aura une vraie politique de gauche. Dans ce cas-là, on aura un gouvernement qui tentera vraiment d’appliquer le programme de l’avenir en commun. Mais très vite on se retrouveras dans la même situation que le chili après la victoire d’Aliende. Avec le soutien de nos oligarques, les pays étrangers organiseraient une guerre économique contre nous. Que ce soit de manière légal, ou illégal, de manière officielle ou officieuse il prendra des sanction diverse et variée qui auront pour effet d’asphyxier notre économie. Et comme notre économie est très dépendant des échanges avec l’extérieur pour s’approvisionner en bien essentielle (ou même pour les produire lorsque le fait encore via par exemple l’importation de bien indispensable comme les engrais ou le pétrole dans le cas de l’agriculture intensive) ses sanctions auront un effet dévastateur. On observera probablement une chute du niveau de vie moyen et une hausse du chômage.
Mais soyons optimiste et supposons que le gouvernement et la population réagissent de manière optimal. Supposons que malgré la crise et une campagne médiatique et une avalanche de fake news provenant des médias étrangers et des médias que les oligarques posséderont encore, la population contenue d’être en faveur d’une politique de gauche. Et imaginions que le gouvernement gère la situation de manière exemplaire et qu’il arrive à gérer la pénurie de manière a ce que personne ne manque de rien de vital et que tout le monde prenne une part équitable du fardeau. Imaginons qu’il lance un plan de réindustrialisation et d’investissement à l’étranger qui s’il était concrétisé permettrait dans 10-20 ans de pouvoir de nouveau offrir à la population un des meilleurs niveaux de vie au monde sans que cela ne nuise à la planète ou à la démocratie (on a plus besoin de se soumettre à des puissances hostiles ou à des oligarques pour produire ou obtenir ce que nous consommons). Imaginons que le gouvernement n’est à aucun moment la tentation de régler les problèmes du pays par un virage autoritaire ou à droite (ou plus réalistement qu’il n’y parvienne pas).
Se scénario idéal n’est pas le plus probable car il y a fort à parier que des professions très à droite et qui ont des compétence facilement monnayable à l’étranger comme les cadres, les ingénieur, les médecin .. S’en iront quand les chose commenceront à devenir difficile aussi bien pour avoir de meilleur perspective d’avenir que par opposition au nouveau régimes. Il y a aussi fort à parier que même avec beaucoup de bonne volonté l’état et les grande entreprise française reste extrêmement corrompus et rongé par le népotisme, ce qui rendra difficile d’appliquer la politique voulu par la gauche.
Mais même dans ce scénario idéal qui ressemble beaucoup à celui s’étant déroulé au chili il y aura des groupe d’opposition violente qui se formeront (en fait il existe déjà en France de nombreuse milice d’extrême droite qui n’hésite pas à assassiner ou bruler des bibliothèque).
Et si les sanction économie ne suffisent pas à renverser le gouvernement (ou à le faire changer sa politique) les pays étrangers et les oligarques armeront, entrainement et financeront ses groupe d’opposition violentes. Sans compter qu’en France l’armé est très à droite et pourrait être tenté de faire un coup d’état avec le soutien de l’étranger.
A ce stade le plus probable c’est que le pays sombre dans une guerre civil larvé et des tentatives de coup d’état qui entrainera le retour à un état autoritaire de droite (et cela peu importe qui gagne la guerre civile ou que les coup d’état soit réussi).
Mais imaginons qu’encore une fois le gouvernement arrive à gérer la situation. Que fassent aux ingérence étrangère le gouvernement accélère la création d’une démocratie directe et que le peuple se radicalise à gauche. Que ce qui s’apparente de plus en plus à une révolution anarchiste commence à faire tache d’huile ou du moins à être cité comme un exemple par la plupart des mouvements de gauche du monde. A ce moment-là, on aura probablement directement une intervention militaire de l’OTAN pour rétablir la liberté et la démocratie en France.
Et je ne pense pas que la possession de la bombe atomique nous aidera. En effet sur les champs de bataille els bombe atomique n’ont à priori que très peu d’effet. La seule utilité des bombes atomique c’est de faire peur à l’ennemies en lui faisant croire que l’on va l’utiliser pour anéantir les villes de son ennemi. Or je ne crois pas que cette menace sera très crédible de la part d’une France anarchiste. Un tel gouvernement préférera partir pour des années d’une longue guérilla plutôt que de déclencher un gigantesque massacre du peuple ennemi qui entrainera celle du nôtre en retour. Et ça nos ennemis le sauront parfaitement.
Pour moi, le seul scénario ou ça ne serait pas évident pour nos adversaires serait un scénario où on aurait bascule dans un gouvernement autoritaire et corrompu. Or dans ce cas il n’y aura pas besoin d’en arriver à de telle extrémité pour que le gouvernement français se réaligne sur Washington et sur une politique de droite.
En un mot comme en cent, même si ce n’est pas pour les mêmes raisons, je suis d’accord avec les gens de droite pour dire qu’il est très improbable de pouvoir adopter une politique de gauche en France. Que si ça se faisant la France suivrait le même chemin que le Venezuela.
Pour moi ce ne serait possible que dans des pays suffisamment puissants pour être à l’abris des ingérences extérieures comme la Chine, les USA ou si elle se fédéralisait l’union européenne. Cependant dans ses pays-là, il semble encore plus improbable qu’en France qu’une partie suffisante de la population bascule à gauche et s’organise pour prendre le pouvoir (ou pour contraindre le pouvoir à adopter une politique de gauche).
Du coup vous me demanderez pourquoi est-ce que je soutiens la France Insoumise et vilipende le PS. Ou plutôt pourquoi est ce que je suis résolu à ne soutenir que des partis de gauche qui promettent qu’ils essayeront autant que faire se peut d’appliquer un programme de gauche radical s’il arrivait au pouvoir.
Et bien déjà parce que je n’ai pas le choix. Je ne peux pas fermer ma gueule, je ne peux pas changer à volonté mes croyances, mes opinions ou mes valeurs morales. En conséquence je ne peux pas assister sans rien faire à la montée du racisme, du nationalisme, du fascisme. Je ne peux pas me résigner à ce que dans un siècle l’humanité n’existe plus ou soit réduit à une dystopie totalitaire qui offre un niveau de vie misérable à la plupart des humains et qu’aussi faible que soit les chances de succès, c’est la seule méthode qui offre quelque chance d’un avenir radieux pour l’humanité. Les propagandistes de droite ne comprennent pas que la raison pour laquelle ils arrivent de mossi en moins à convaincre c’est parce que l’avenir qu’ils nous promettent est plus effrayant que tout ce que nous avons connu dans le passé (et pourtant on en a connus des saloperies).
En conséquence ce n’est pas en nous faisant peur avec le Venezuela, Cuba ou l’URSS qu’ils vont nous convaincre de les soutenir de nouveau. Plutôt 100 ans avec Hitler qu’une éternité avec le diable.
Le militantisme c'est échanger du temps contre du réve. L'une des raisons pour laquelle les gens déserte les partit politique c'est que les politiciens ont soit renoncé à nous faire rêver soit que leur rêve ressemble à un cauchemard. Mais ne dit-on pas que l'utopie dès un est la dystopie des autres. Surtout depuis que certain milliardaire essaye de faire advenir les dystopies décrit dans les livres de leur jeunesse. Et oui, aussi horrible que soit ses univers, certain fantasme de vivre dans mad-max, cyberpunk ou the walking-dead.
Mais il y a aussi le fait que je peux me tromper. Si ça se trouve en France ça a de très grande chance de fonctionner à cause de facteur qui m’échappe. Parce qu’il n’y a pas qu’en France que les idées de gauches montent. C’est le cas dans la plupart des pays occidentaux. Peut-être que mon travail militant participe à un retournement global dans tout l’occident, de la même manière que durant les dernières années nous avons assisté à un retournement global de tous les pays occidentaux vers le fascisme. Peut-être que même si c’est un échec, c’est un échec qui fera tache d’huile et qui est une étape indispensable pour que dans 50 ans, le changement réussisse (tout comme la révolution française était un échec qui a permis des décennies plus tard l’obtention de quelque avancé).
En fait la seule certitude c’est que si on ne fait rien ou que si on défend des idées autres alors on aura une situation bien plus horrible que tout ce que l’on peut imaginer. Alors bougeons-nous
4) L’extrême droite
4) 1) Qu’elles sont les causes de monte de l’extrême droite et comment lutter contre
4) 1) 1) Introduction
Comme toute personne normale, je suis extrêmement angoissé par la montée de l’extrême droite que l’on observe un peu partout dans le monde et plus particulièrement en France. Et je me demande comment des gens à priori normaux peuvent être séduits par ses idées immondes. Ou tout du moins, voter pour des partis racistes et fascistes.
Et surtout, comment inverser la tendance. Comment les convaincre de ne plus se battre pour empirer la situation de leur voisin (quitte à empirer la leur au passage), mais pour améliorer leur situation.
Comment les tirer de l’obscurantisme, de la haine et du processus d’autodestruction dans lequel ils se sont enfermés ? Cet article est là pour exposer ma réponse actuelle sur le sujet.
Ma source principale pour la suite de cet article est le livre :Des électeurs ordinaires Enquête sur la normalisation de l'extrême droite de Félicien Faury , dont vous pouvez voir une lecture, commentée ici : : La banalisation de l'Extrême Droite
4) 1) 2) Qui vote RN
La contrepartie de la massification de l’électorat du RN est qu’au fil du temps, il est devenu de plus en plus hétéroclite. Autrefois composé essentiellement de petits patrons, de bourgeois réactionnaires, de pieds noirs nostalgiques du temps des colonies et de militaires, il s’est aujourd’hui élargi à toutes les strates de la société.
Mais moi, j’aimerais me concentrer plus particulièrement sur le vote populaire pour le RN, car à gauche, c’est celui qui intrigue le plus étant donné que d’après la plupart des idéologies de gauche, les classes populaires ont intérêt à voter à gauche. À une époque, on allait jusqu’à dire qu’ils n’ont pas d’autre choix que de voter à gauche, donc ce n’est pas la peine de draguer cet électorat-là. C’est le même raisonnement que pour les musulmans aujourd’hui et les noirs aux USA (jusqu’à à la récente défaite des démocrates face à Trump).
4) 1) 2) 1) classes populaires stabilisé
Déjà, ce n’est pas n’importe quelle partie des classes populaires qui vote RN. Ce sont les parties des classes populaires les plus privilégiées.
Celle qui est en CDI, propriétaire d’un pavillon de banlieue et qui pense vivre à la campagne parce qu'elle voit de l’herbe depuis sa fenêtre et qu’il n’y a autour d’elle ni commerce, ni service public.
Uniquement, une forêt de pavillon tous identiques dépourvues de la moindre vie sociale (et même de vie tout court) en dehors du passage incessant de voiture le long de la longue route qui y mène qui font bien comprendre aux enfants, aux vieux, aux handicapées et autre personne n’ayant pas le privilège d’être motorisé qu’elles sont tout juste tolérées.
Sérieusement, les jeunes couples, arrêtez de vous exiler dans ces endroits horribles pour le bien de vos enfants. Dans ses zones pavillonnaires lorsque l’on a pas une voiture on ne peut rien faire (même pas aller voir un ami pour jouer aux cartes). Et spoiler c’est le cas des enfants. Sauf à vous engager à jouer les taxis jusqu’à leur 18 ans évité (et encore à l’adolescence on a pas forcément envie d’être dépendant de maman pour aller voir sa copine).
Et un pavillon, loin de tout une fois intégré tous les frais (notamment de transport et de chauffage), c’est un gouffre à pognon qui empêche tout dépense un peu amusante. Le seul avantage c’est de permettre à chaque enfant d’avoir sa chambre mais vu qu’il devient de plus en plus compliqué financièrement d’avoir plus d’un enfant cette objection à de moins en moins de poids.
Et puis surtout, il faut rappeler, que si dans les centres-villes,il n’y a pas d’appartements pour loger de grandes familles, souvent ce n’est pas à cause d’un manque de place, mais d’un choix des promoteurs. Et en disant cela, je ne critique pas les promoteurs. Souvent ils ont de très bonnes raisons de faire ce choix.
Au mètre carré, les petits appartements coûtent plus cher, donc faire des grands appartements, c’est moins rentable. Et en plus il y a la croyance (pas totalement infondée) que les grandes familles ne veulent pas vivre en centre-ville et donc une peur que les grands appartements ne se vendent pas.
Mais même dans les cas ou la logique du marché imposerait de construire de grand apparemment, bien souvent les pouvoirs publics font pression sur les promoteurs pour qu’ils construisent des petits logements en centre-ville et des pavillons loin de tout pour les familles, car ils ont peur que de grand appartement attirent des familles de classe populaire (voire pire des familles de classe populaire arabes). Les bobos ne font pas beaucoup d’enfants, mais au moins eux, ils payent beaucoup d’impôts et sont blancs.
Bref, ce n’est pas au promoteur que j’en veux, mais aux politiques qui ne font rien pour régler le problème d’accès des classes populaires à un logement décent, à un prix raisonnable, dans un endroit où ils auront accès aux services publics et à un travail sans devoir faire une heure de route (voir promeuve des politiques qui agave le problème)
Après, je nuancerai tout ce que je viens de dire, en rajoutant que ses familles ont sans doute de bonnes raisons de préférer s’exiler dans des banlieues pavillonnaires que l’amoureux des villes sans enfant que je suis ne peut pas comprendre. Sans compter que si on fait une vraie transition écologique, il va sans doute falloir que des gens quittent massivement la ville pour s’installer à la campagne, donc mon discours risque de mal vieillir.
Mais, arrêtons de critiquer gratuitement (et avec une sacrée dose de mauvaise foi) le mode de vie d’une grande partie de mes concitoyens pour revenir au sujet.
Comme je l’ai dit : les classes populaires qui votent pour le RN, ce sont les parties stabilisées des classes populaires. Ceux qui ont un emploi stable en ville. Ceux qui ont un petit pécule de côté (très petit pécule, souvent, juste de quoi acheter une voiture d’occasion, si celle qu’ils ont tombe en panne) et qui gagne assez pour consommer un peu de ce superficiel qui fait tout le sel de la vie (comme une semaine au bord de la mer une année sur deux).
Bref, il ne s’agit ni de campagnard touché de plein fouet par la crise agricole, ni de chômeur longue durée, ni de travailleur qui enchaîne les contrats cours ou à temps partiel, ni des travailleurs pauvres peinant à dégager un SMIC par mois. En un mot, leur vie, ce n’est pas germinal.
Ce n’est pas germinal, mais ce n’est pas Disneyland non plus. Leur travail est usant, ils subissent de plein fouet la dégradation des conditions de travail et vivent dans la peur de perdre ce qu’ils ont difficilement acquis au prix de gros sacrifices et de gros efforts et non pas non plus un mode de vie particulièrement riche.
4) 1) 2) 2) Croyance dans la méritocratie et la valeur travail
Et en conséquence de cette vie faite de sacrifices récompensés, il croit très fortement en la méritocratie et à la valeur travail, telle que définie par la droite à partir de Sarkozy (avant ce mot était plutôt associé à un concept de gauche qui n'a rien à voir).
Bien sûr, ils sont la victime du biais du survivant. Ils voient que dans leur cas le travail à payer, donc ils en concluent que le travail paye et que ceux qui ne réussissent pas sont juste trop fainéants pour se sortir les doigts du cul, car ils ignorent que dans 90 % des cas le travail ne paye pas. Ou alors il paye uniquement parce que l’on est bien née (et là je ne parle pas seulement d’héritage financier mais aussi et surtout d’héritage culturelle permettant de se sentir à l’aise à l’école, dans les concours, dans les administrations ou dans les grands groupe).
Sans compter que c’est une vision très rassurante des choses pour des personnes dans leur situation et donc difficile à remettre en question. En effet, accepter que leur position actuelle est autant dû aux hasards de la vie qu’à leurs efforts (bien réel, il ne s’agit pas de le nier), c’est devoir accepter encore plus de précarités et d’incertitude dans une vie qui n’en manque pas déjà.
Cette croyance dans la méritocratie leur donne une impression de contrôle supplémentaire sur leur vie. Elle leur fait croire qu’il leur suffit de travailler pour s'en sortir. C’est là la grande force de l’idéologie méritocratique. Sa force n’est pas le paradis qu’il promet pour un futur lointain où son travail sera reconnu à sa juste valeur, mais l’impression de contrôle et de sécurité qu’il donne dans le présent (un peu comme les religions d’autrefois).
Mais, c’est aussi sa faiblesse, car il impose une pression psychologique supplémentaire à ceux qui ne s’en sortent pas, en les rendant responsables de leur sort.
Mais je vais arrêter la psychologisation à deux balles en précisant qu’il ne s’agit là que d’une proposition très personnelle d’explication de certains facteurs qui mènent à ces croyances qu’ils possèdent d’après les sociologues. Je répète pour être sûr d’être bien compris : Les sociologues constatent sur le terrain en appliquant des méthodes scientifiques que cette partie de l’électorat du RN à ses croyances, mais c’est moi qui propose ses explications forcément partielles et non vérifiées. La sociologie se prend déjà bien assez d'accusations injustes dans la gueule sans en plus être tenue pour responsable de mes conneries.
4) 1) 2) 3) faible capital culturel et anti-intellectualisme
Une autre caractéristique de cette partie de l’électorat est la faiblesse de son capital culturel et son anti-intellectualisme, en grande partie hérité d’un passage beaucoup trop traumatisant, dans une éducation nationale qu’ils ont tout fait pour quitter le plus vite possible.
4) 1) 2) 4) raciste
Et enfin, pour terminer ce portrait détaillé, il y a un petit, mini, léger détail dont je n’ai pas parlé jusqu’ici : ils sont blancs. Ou en tout cas perçu comme blanc actuellement (pour certains, cela n’a pas toujours été le cas, notamment pour ceux d’origine portugaise).
Et comme la plupart des électeurs (quel que soit son bord politique ou son origine sociale), ils sont racistes et l’assument de plus en plus en public. Pour cela je tiens à remercier le service public d’avoir fait de Zemmour une superstar, puis d’avoir décidé de copier CNews au lieu de le combattre (Je précise que pour moi les responsables de cet état de fait ne sont pas les travailleurs de France télévision qui s’en prenne plein la gueule tous les jours mais le gouvernement et la direction de France télévision). Mais, eux à la différence des autres groupes, font de leur racisme un des ressorts principaux de leur vote.
En effet, et c’est quelque chose que l’on a le plus de mal à comprendre à gauche : il ne croit pas en la lutte des classes, mais en la lutte des races.
Même s’ils ont le même dégoût que les gents de gauche pour les fortunes indécentes accumulés par une minorité grâce à l’héritage sur plusieurs générations, la corruption généralisée des politiques, l’absence totale de démocratie, la dégradation des services publics,… il ne croit pas que la première menace qui pèse sur eux vienne des puissants, mais des racisés qui risquent de s’installer à côté de chez eux. Ou en tout cas, c'est la menace à laquelle ils sont le plus sensibles.
En effet, pour eux, des noirs ou des Arabes qui arrivent dans leur banlieue pavillonnaire ou vont dans leur commerce, c'est une menace contre laquelle ils faut lutter. Pour eux, c'est le début d’une invasion qui va transformer leur lieu de vie paisible (trop de mon point de vue), en une banlieue remplie d’insécurité, de tags et de déchet comme on en voit à la télé.
Pour eux, cela veut dire que s’ils ne font rien, la valeur de leur maison (qui est leur seul patrimoine) va s’effondrer. En conséquence, ils ne pourront plus la revendre pour aller vivre ailleurs et seront donc condamnés à vivre au milieu des boucheries halals et des trafiquants de drogues.
Ou tout simplement à croiser des noirs régulièrement. Et, pour eux, c’est totalement insupportable. C'est vécu comme une forme de rétrogradation sociale et un motif de honte.
Leur priorité, le seul levier d’action qu’ils pensent avoir pour améliorer leur vie (ou du moins qu’elle n’empire pas), c’est de préserver l’entre-soi blanc dans lequel ils vivent. Seulement, ils en ont de moins en moins les moyens face au développement d’une petite bourgeoise noir et arabes qui a plus d’argent et plus de capitaux culturel qu’eux et qui aspire à quitter la banlieue et ses problèmes bien réels (sans compter qu’ils espèrent ainsi offrir une meilleure vie à leurs enfants).
Donc voilà, le vote RN c’est parce que les noirs et les arabes s’enrichissent et se cultivent.
Donc, s’il vous plaît, les Arabes, veuillez-vous conformer davantage au stéréotype et contentez-vous de glander toute la journée sur votre canapé en attendant que les allocations tombent.
Et, surtout n’allez pas cramer une poubelle par ennuis, lors d’une soiré entre pote un peu trop arrosé durant votre adolescence, car sinon, ils vont tout de suite crier à fin de la civilisation (en oubliant complètement que durant leur propre adolescence, ils ont fait bien pires sans raison particulière autre que l’envie de faire chier).
4) 1) 2) 5) Conclusion
Mais redevenons sérieux : La conséquence de cela, c'est que non seulement, ils voient le vote RN comme un moyen de défendre leurs intérêts, mais en plus, il voit les programmes de gauches et leur anti-racisme minimal, comme une menace. Si on rajoute à cela que les idées de gauches sont portées par des classes sociales avec un fort capital culturel comme les profs qu’il déteste, il en résulte qu’ils sont totalement dégoûtés par la gauche. Sans compter bien sûr que le bilan des années où le PS à gouverner reste collé à la peau de tout partit se disant de gauche. Si on rajoute les médais qui font tout pour imposer des thèmes dit sociétaux et sécuritaire, les partit de gauche comme la FI ont l’image de parti qui comme le PS se fichent des questions économiques ou ne communique pas dessus (et comme je l’ai montré plus tôt cette propagande fonctionne même avec des élites intellectuelles comme David Cayla) .
Les Rufinistes et quelques marxistes-léninistes rescapés de la guerre froide, me diront qu’il suffit d’abandonner tous ses combats sociétaux qui divisent les classes populaires et de revenir à la bonne vieille lutte des classes.
Mais, ce serait une erreur, car comme je l’ai dit plus tôt, il ne croit pas en la lutte des classes (et comment le leur reprocher). Ils ne croient pas en la possibilité de taxer davantage les riches ou même à la possibilité de s’unir pour mener des luttes sociales victorieuses. 40 ans de néolibéralisme et de renoncement des syndicats sont passés par là. De plus, leur croyance méritocratique font qu’ils ne voient pas les patrons comme des ennemis.
Seules les grandes fortunes issues de l’héritage les contrarient vraiment. Au contraire, ils adhèrent au mythe du self-made man et admirent les patrons qui ont travaillé dur pour fonder leur boite. Et ils ont souvent dans leur entourage des petits patrons écrasés d’impôt et devant faire face à une administration incompétente et à des réglementations aussi absurdes qu’abscons (souvent demandées par les grandes boites pour tuer leurs petits concurrents ou faire un protectionnisme déguisé à leur avantage).
En conséquence, ils ne sont pas très sensibles au discours traditionnel de gauche disant qu’il faut augmenter les impôts sur les entreprises ou les réglementations (pour le dire poliment).
Pour eux, le seul moyen de sauver les services publics et d’améliorer la qualité de vie, ce n’est pas de s’unir pour s’en prendre à un patronat lointain, méritant et bien trop puissant.
Leur solution privilégiée, c’est de s’en prendre à la population qui les dégoûte tout autant que les ultra-riches : les assistés. Qui en plus, a bien souvent, la mauvaise idée d’être noir ou arabe (ils le font vraiment exprès, ce n'est pas possible). Même sur les sujets économiques, les idées de gauches raisonnent dans leur esprit embué de racisme et d’idéologie méritocratique comme un repoussoir et non comme une solution à nos problèmes communs.
4) 1) 3) Que faire
Bref, en résumé, chez eux, le vote RN n’est pas une erreur faite par manque d’information. Il ne suffit pas de leur expliquer que contrairement à la gauche le RN, n’a aucune intention de mener des politiques sociales pour qu’ils changent leur vote. Leur vote RN découle principalement de leur racisme (et secondairement des trahisons de la gauche néo-libérale).
L’union des beaufs et des barbares sur la base d’un programme social est un concept séduisant, mais totalement illusoire dans la pratique. Pour eux, la gauche incarne (pas totalement à tort) les intellectuels et les minorités. La gauche est leur bête noire et il est impossible de leur faire changer d’avis avec du porte-à-porte, des distributions de tracts, un programme social ou n’importe quel discours à la télé.
Si vous êtes de leur famille et que vous les voyez quotidiennement, vous avez peut-être une chance, mais impossible pour un parti de le faire à grande échelle ou pour un petit groupe local de militants d’agir sur leur vote ou leur idée. En tout cas, pas directement et pas immédiatement.
Pour moi, il faut se résoudre à devoir se passer de leur vote. Inutile de mettre des ressources militantes à essayer de les convaincre de voter pour un parti de gauche, ça ne sert à rien. Ce qu'il faut, c'est mettre le paquet dans les coins où il y a un sur-vote de gauche, mais beaucoup d'abstentions.
C’est-à-dire qu’il faut concentrer tous nos efforts, sur les classes populaires précarisés, et les jeunes travailleurs diplômés (des gens pas riches, mais avec un fort capital culturel, comme les ingénieurs ou les profs qui sont décidément omniprésents dans cet article). En gros sur les banlieues et les centres-villes au détriment des banlieues pavillonnaires. Inutile de mettre en péril le vote de ces classes sociales en essayant de séduire des gros cons racistes qui ne rêvent que de notre défaite.
Par contre en dehors des périodes électorales, il faut promouvoir le plus possible l’antiracisme et une vision positive du multiculturalisme. Il faut s’opposer violemment à l’assimilationniste et dire que ce qui est agréable, ce n’est pas que les minorités abandonnent leur culture et que l’on vivent tous entre blanc, mais au contraire qu’ils gardent leur culture et que l’on vivent ensemble.
Et, ce n’est pas un délire de Bisounours d'un bobo hors-sol, mais une réalité concrète que je vis tous les jours. Je travaille dans l'informatique et dans mon milieu, le multiculturalisme est la norme.
Et, je confirme que c’est très agréable de cohabiter avec des personnes venant de tout horizon (et de manger les pâtisseries délicieuses totalement différentes qu’ils ramènent parfois au travail).
J’adore, lorsque je sors de chez moi pour courir, avoir l’impression de passer 3 frontières (malheureusement ses frontières sont aussi sociales que culturel). Je déteste au contraire me balader dans les zones pavillonnaires aux maisons toutes identiques où j’ai toujours l’impression de me perdre (et qui puent le pot d’échappement). Sans compter que j’adore m’arrêter au hasard lorsque je suis fatigué et m’acheter une pâtisserie à laquelle je n'avais jamais goûté, venant d’un pays que je ne savais même pas qu’il existe.
Bref, le multiculturalisme, ce sont les vacances à la maison. Et, si cette vision de la diversité devenait la norme, alors les classes populaires votant au RN ne considéreraient plus que préserver un entre-soi blanc soit une priorité. Au contraire, il accueillerait avec bienveillance la diversité (bon, là pour le coup c’est une vision vraiment Bisounours).
Et si nous parvenions malgré l’absence de leur vote à faire élire un vrai partit de gauche et qu’ensuite des mobilisations étudiantes et syndicales massives lui imposait de suivre un minimum son programme (moi je vote pour que les manifestations servent à quelques chose et pas pour ne plus avoir à manifester), les classes populaires votant RN se remettraient à croire en la possibilité d’améliorer leur vie autrement qu’en s’en prenant aux plus précaires.
Et là, je rêve un peu, mais un parti de gauche une fois au pouvoir pourrait mener des réformes de l’éducation nationale qui la rendraient moins violente pour les personnes issues des classes populaires. Une école où on valoriserait la culture des classes populaires au lieu de la dénigrer. Une école qui soit un lieu d’épanouissement et de découverte et non un moyen de s’élever socialement aux cours d’une compétition scolaire de plus en plus impitoyable.
Sur le très très long terme, cela réduirait l’anti-intellectualisme de cette population.
Mais, à priori, ça a peu de chance d’arriver, même en cas de victoire de la LFI. Il suffit de voir la réaction de Mélenchon lors d’une interview de Danny et Raz lorsqu’il a mentionné l’échec scolaire de Danny pour s'apercevoir qu’à la LFI l’ambiance n’est pas à une remise en cause profonde de l’école.
4) 1) 4) Source
Voici quelques sources que j’ai lues pour écrire cet article :
LA MUTATION DU RASSEMBLEMENT NATIONAL
Vote RN et racialisation de la solidarité
La défiance envers l’école, facteur clé du vote RN
4) 2) Bonus : Qu’est-ce que l’extrême droite
4) 2) 1) commentaire salé : Les gens d’extrême droite ne sont pas des monstres
Contrairement à une croyance rependue les gens d’extrême droite ne sont pas des psychopathes ou des monstres. Ce sont des gens normaux comme vous et moi qui ne sont pas particulièrement violent et peuvent même se montrer altruiste avec leur voisin. Même lorsqu’ils sont arabes.
Ce sont juste des personnes qui veulent faire du mal à des gens qui ne leur ont rien fait et qu’ils ne rencontreront jamais parce qu’ils pensent que ça va leur permettre de gagner 100 euros de plus par mois. Ce sont juste des personnes qui pensent que les gens qui ont une couleur de cheveux ou de peau différente de la leurs valent moins qu’eux et ont une répulsion à leur égard (quand bien même ils auraient grandi ensemble).
Désole mais pour moi c'est être un monstre(laissons tranquille les psychopathes la plupart sont des gens respectables qui n'ont jamais fait de mal à personne).
Par contre croire que les politiques racistes ou nationaliste permettront d’améliorer le sort des nationaux sur le long terme ça pour moi ça relève clairement d'un déni de réalité sur lesquelles les psychiatres devrait sérieusement se pencher un jour.
Tout le monde à plus d’empathie pour ses proches que pour des gens qui vivent à des milliers de kilomètres. Tout le monde favorise les gens qui lui semble plus proche (consciemment ou non). On peut trouver que dans notre monde moderne ce n'est ni juste, ni efficace, mais c'est humain et on y peut rien.
Mais ça n'implique pas d'être raciste ou nationalistes.
4) 2) 2) commentaire sur le wokisme et la bataille culturelle
4) 2) 2) 1) Introduction
Récemment, j’ai découvert Hogwarts Legacy et je l’ai beaucoup aimé. J’ai alors fait l’erreur suprême : j’ai lu les commentaires Steam. Au cours de cette lecture j’ai découvert quelques perles de sagesse dont je vais garde jalousement l’exclusivité pour ne pas leur faire de publicité. Mais en gros cela disait qu’il était inadmissible et incohérent que le jeu contienne autant de personnage noir et asiatique et que le wokisme avait encore gâché ce qui aurait pu être un bon jeu (car bien le principal problème de ce jeu ce n’est pas sa répétitivité et sa map bien trop grande mais la présence d’asiatique de noir ou pire d’homosexuelle).
4) 2) 2) 2) Le cas Hogart legacy
Étant donné que je suis un idiot et un passionné d’écriture, ma première réaction était de vouloir faire une longue réponse argumentée de ce style :
D’un point de vue du lore d’Harry Potter, c’est au contraire de ne pas avoir inclus énormément de Noirs et d’Asiatiques qui aurait été incohérent. En effet, dans les livres Harry Potter, il est fortement sous-entendu que la société sorcière est mondialisée et métissée depuis au moins la Renaissance, par des détails comme l’imposition au 17ème siècle du secret magique international à tous les sorciers de la planète par ce qui est décrit comme une union de tous les États sorciers du monde, qui semble fortement inspirée de l’union européenne (de mémoire, c’est mentionné au début du tome 3 quand Harry fait ses devoirs d’histoire de la magie) ou le fait que la Coupe du monde de Quidditch soit organisée depuis le Moyen Âge.
Et pour une fois, le Lore d’Harry Potter est totalement logique. En effet, dans la réalité, ce qui a provoqué la mondialisation, c’est avant tout le progrès énorme dans les moyens de transport et de communication des 19ème et 20ème siècles. Lorsque n’importe qui peut faire le tour du monde en moins de 24 heures pour le prix d’un SMIC et que l’information voyage de manière instantanée sans aucune possibilité de censure, il est inévitable que les gens voyagent massivement d’un bout à l’autre de la Terre et s’installent là où il y a le plus d’opportunités économiques, ce qui entraîne un métissage des cultures. Or, dans le monde d’Harry Potter, les sorciers disposent de cette possibilité depuis au moins le Moyen Âge grâce à l’invention des portoloins internationaux, de la poudre de cheminette ou des miroirs magiques permettant de communiquer. Il est donc parfaitement normal que, presque mille ans plus tard, il y ait beaucoup de sorciers Noirs et Asiatiques.
Et de toute façon, contrairement à ce que tu écris, le jeu Hogwarts Legacy se passe à la fin du 19ème siècle, c’est-à-dire à l’apogée de l’empire britannique. Donc, au moment où se déroule le jeu, même du côté moldu, il n’est pas rare de croiser des Noirs.
Mais bien sûr, comme 90% des choix qui ont présidé à la création de ce jeu, la couleur de peau des PNJ a été déterminée sur des critères marketing et non artistiques, car n’oublions pas que les investisseurs qui ont mis des millions dans sa création ne l’ont pas fait par amour de l’art ou d’une quelconque idéologie. Tout ce qui a été inclus dans le jeu l’a été parce que quelqu’un chez Avalanche pensait que cela augmenterait la rentabilité du titre et pour aucune autre raison. Je connais les théories bidon disant que les grands fonds de pension auraient pour objectif prioritaire l’atteinte d’un score minimum en ESG et obligeraient ainsi à des choix qui baisseraient la rentabilité des entreprises qu’ils contrôlent pour atteindre lesdits critères, mais malheureusement, c’est totalement faux. La rentabilité reste le seul critère. Et même si c’était vrai, l’inclusion de personnages Noirs et Asiatiques dans les jeux ou les films d’une entreprise ne fait pas bouger sa note ESG d’un iota. Ce qui compte pour la note ESG, c’est le pourcentage de personnes appartenant à des minorités dans l’entreprise et non le pourcentage dans les films et séries produits.
Les actionnaires cherchant à maximiser la rentabilité de leur capital. Il est fort probable que cette inclusion ait été décidée pour les mêmes raisons que l’ont été tous les personnages Noirs et Asiatiques dans les œuvres mainstream de ces dernières années. Il y a bien sur plusieurs raisons mais les principales sont :
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D’après une théorie marketing, une œuvre augmente ses probabilités de plaire au public lorsqu’elle contient des personnages qui nous ressemblent ou auxquels on veut ressembler. Comme toutes les théories marketing, on ne peut pas la tester de manière directe et on ne saura donc jamais avec certitude si elle est vraie ou fausse. Cependant, nous avons de bonnes raisons de penser que c’est vrai. Quoi qu’il en soit, ces théories sont enseignées en école de marketing et, par conséquent, les décideurs y croient ou font semblant d’y croire. En conséquence, dans tous les dessins animés depuis 40 ans, on impose qu’il y ait au moins un personnage enfant qui accompagne le héros (coucou Robin), même quand cela n’a pas beaucoup de sens. Et depuis que le marché asiatique et des Noirs américains est devenu une économie importante pour les firmes, on impose des personnages Noirs et Asiatiques.
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D’après une autre théorie marketing, dans notre monde moderne, le meilleur moyen de maximiser ses ventes ce n’est pas d’être consensuel mais de cliver. La meilleure stratégie, c’est de créer une marque qui va volontairement tenir un discours et faire des choses qui vont choquer la droite ou la gauche. Ainsi, le camp qui est choqué va gratuitement en parler sur les réseaux sociaux en disant qu’il faut absolument boycotter le produit en question. Le camp adverse se sent ainsi attaqué et va alors acheter massivement le produit pour défendre son camp, et cela sans se poser la question de la qualité du produit. Les neutres, quant à eux, vont avoir entendu parler du produit grâce à la monstrueuse campagne marketing gratuite que les choqués ont faite et vont tester le produit par curiosité ou pour faire comme tout le monde.Le mieux pour une entreprise étant d’avoir une marque qui tape sur la gauche pour vendre à la droite et une autre qui tape sur la droite pour vendre à la gauche (et le tout avec des prix plus élevés au nom du soutien à l’idéologie et du respect de je ne sais quelle norme éthique bidon). Comme ça, elle monopolise le marché et fait des marges records. Et là, pour le coup, quoi qu’en disent les sciences actuellement, c’est une stratégie qui marche du tonnerre pour se faire des couilles en or et ce, quel que soit le domaine d’activité. Ça marche aussi bien pour vendre des films que pour vendre des voitures ou des jeans.
Cependant, après un moment, j’ai réfléchi et je me suis rendu compte que la seule réponse intelligente était : espèce de gros con raciste, qu’est-ce qu’on en a à foutre de la couleur de peau des PNJ en arrière-plan ? J’arrive pas à croire que je suis de la même espèce qu’un taré pareil. Va t’acheter un cerveau et en attendant, abstiens-toi de vomir ta diarrhée verbale sur internet.
Et puis je me suis souvenu que, quelle que soit l’intelligence de ma réponse, cela ne servirait qu’à mettre son commentaire encore plus en avant qu’il ne l’est. Malheureusement, face aux trolls et aux fachos, la seule réponse intelligente consiste en un silence digne. Mais c’est frustrant alors j’ai écrit cet article pour me soulager.
4) 2) 2) 3) Le wokisme
J’aurais pu m’arrêter là, mais après je me suis dit qu’il serait bien d’en profiter pour définir ce qu’est le wokisme. Le wokisme, c’est un très, très vieux concept d’extrême droite qui change de nom au cours du temps. Avant, on parlait de SJW, de bien-pensant, d’humaniste ou de bisounours. Pour comprendre ce concept, il faut faire un truc aussi désagréable que difficile : se mettre dans la tête d’une personne d’extrême droite.Et cela passe par le fait de comprendre deux choses :Premièrement, leurs idées racistes, sexistes, xénophobes et nationalistes ne sont pas la conclusion d’une longue réflexion, mais des évidences qu’il serait absurde et immoral de remettre en cause. Pour eux, leurs idées relèvent du bon sens, donc toute personne qui dit ne pas les partager est soit un idiot, soit un menteur, soit une personne manipulée. Pour eux, il y a une bonne façon de penser et de se comporter, et le reste doit être moqué. Pour eux, quand une personne fait un truc qu’ils trouvent ridicule ou contraire à leurs valeurs, ils n’essayent pas de comprendre ou de se demander si c’est vraiment si ridicule que ça.
Deuxièmement : ils ont une vision binaire et très simpliste du monde. En gros, ce ne sont pas des intellectuels qui aiment la nuance. Par exemple, ces gens ne sont même pas au courant que les Arabes sont divisés en sous-groupes comme les chiites/sunnites, les athées/musulmans, islamistes/modérés, dirigeants/dirigés. Et encore moins qu’il pourrait y avoir des gradations (c’est-à-dire que l’on n’est pas soit dirigeant ou dirigé, mais que l’on peut être un peu des deux, comme le sont par exemple les cadres). Pour eux, tous les Arabes sont des islamistes et tous les musulmans sont des Arabes. Et pour les anti-racistes, c’est pareil. Pour eux, le NPA, les Indigènes de la République, Biden, les macronistes et les équipes marketing des grands groupes qui veulent donner une image consensuelle de leur marque partagent tous la même idéologie antiraciste. Pour eux, ce sont tous des wokes.
Et oui on rentre dans le dur et on aborde enfin le sujet : le wokisme. Le wokisme c’est juste le concept utilisé par les gens d’extrême droite pour expliquer que leurs idées ne sont combattues et globalement peu suivis alors que pour eux se sont des évidences partagées par tous. Pour eux les universités et les grands groupe serait contrôlé par les partisans d’une secte aux idées absurdes qui utiliserait leur pouvoir pour convertir des adeptes et imposer leur idée via la censure. Et les idées de cette secte c’est ça le wokisme.
Pour eux, les dirigeants de Disney et d’autres grandes entreprises n’ont pas pour but de maximiser les profits mais de maximiser les notes ESG ou de propager leur idéologie woke. Et à chaque fois qu’ils sortent un film qui n’a pas de succès, ils disent que ses défauts sont le fruit de cette idéologie. Par contre, si le film est un succès, alors là il n’est pas woke. Par exemple, dans le deuxième film de la nostalgie Star Wars, si les personnages féminins sont mal écrits et que l’intrigue a peu de sens, ce serait parce qu’on a imposé aux scénaristes de les faire se comporter ainsi pour faire passer un message woke. Par contre, le septième film, dont les personnages étaient tout aussi mal écrits et avaient globalement les mêmes défauts, là ce n’est pas du wokisme, car le film a été un carton critique et commercial (à sa sortie, car maintenant les gens se sont réveillés et ont admis que ce film était nul).
Pour eux, les politiques de modération de Google, Facebook ou ex-Twitter visant à lutter contre les discours antisémites ou racistes les plus vénères, et qui ont été exigées par les annonceurs, c’est de la censure et c’est motivé par la volonté d’imposer une idéologie extrémiste. Ce n’est pas parce que la majorité de la population trouve ces propos racistes ignobles et que cela pourrait nuire à leur image de marque. Et lorsqu’un gouvernement propose des lois pour renforcer la modération de ces propos infâmes, car leur base politique est choquée par ces discours ou, pire, que des personnes osent leur répondre, alors là c’est le retour de l’URSS et des goulags. Ce que fait Trump actuellement, en faisant licencier les fonctionnaires ou journalistes qui tiennent des propos qui ne lui conviennent pas, en virant les humoristes ou les journalistes qui ne lui plaisent pas, serait exactement la même chose mais sur des personnes différentes.
Je vais m’arrêter là, je pense qu’il n’y a pas besoin d’une plus longue présentation ou d’un long discours.
4) 2) 2) 4) Evergreen
Je parlerai juste très rapidement d’un événement très important pour l’extrême droite française et qui est, pour eux, la preuve de l’existence du wokisme.
Depuis les années 1970, une université américaine nommée Evergreen organisait chaque année le “Day of Absence”, journée où les étudiants et professeurs non blancs choisissaient symboliquement de ne pas venir sur le campus pour montrer leur importance et leur invisibilisation dans la société, afin de sensibiliser les Blancs à la contribution des minorités.Et ce n’est pas la seule chose qui rend cette université atypique. Par exemple, il n’y a pas de notes traditionnelles (évaluations narratives), une grande liberté dans le choix des cours et, bien sûr, une forte tradition de militantisme social et écologique. En gros, c’est un peu l’équivalent de…
En 2017, ils ont décidé de changer le format et de demander aux professeurs et étudiants blancs de ne pas venir sur le campus pour une journée, afin de laisser l’espace aux personnes non blanches. Un professeur de biologie, Bret Weinstein, s’oppose à cette nouvelle formule et refuse de quitter le campus. En réaction, des étudiants militants l’accusent de racisme. Des manifestations éclatent : ils occupent des bâtiments, réclament la démission de Weinstein et de la direction, les débats deviennent virulents et des groupes d’extrême droite extérieur à l’université intervienne. Finalement l’université reçoit un coup de fil anonyme ou un homme menace de venir faire un massacre dans l’université (on ne sait toujours pas qui il était ou de quels camps idéologique il était). Finalement, l’université ferme temporairement pour raisons de sécurité et Bret Weinstein est licencié.
Vous allez dire : alors qu’est-ce que cette affaire a de si extraordinaire ou scandaleux et en quoi cela nous concerne-nous, Français ? La réponse est simple : en rien. C’est juste une obsession bizarre de l’extrême droite qui y voit une preuve qu’elle a raison sur le wokisme et une excuse pour verser leur haine des étudiants et des intellectuels. Car il ne faut pas oublier que l’un des terreaux de l’extrême droite est la haine des intellectuels, née en partie d’expériences traumatisantes avec nos écoles de merde.