Travail, art et culture
Resume
Réflexion philosophique sur le travail et l’art
1) Est-ce que tout le monde peut être créatif ?
1) 1) Introduction
Récemment, en courant, j'ai écouté le podcast suivant : Ça sert à quoi d’être créatifs ?
Comme la plupart des choses faites par Bing Audio, c'est un podcast plutôt intéressant où, en très résumé, les intervenants expliquent qu'être créatif est essentiel pour être heureux. Mais attention, ils ne parlent pas de la créativité au sens artistique du terme (ou plutôt pas que). Ils ne disent pas que tout le monde devrait écrire un livre, peindre ou jouer d'un instrument de musique. Ce qu'ils appellent la créativité, c'est quelque chose qui, théoriquement, peut concerner n'importe quel travail. Une boulangère peut être créative dans le choix des gâteaux qu'elle met en vente, un commercial peut (et même devrait) être créatif dans sa manière de personnaliser les conseils qu'il donne à ses clients. La créativité, dans ce sens-là, c'est prendre son travail à cœur et le personnaliser. C'est mettre de soi et s'exprimer à travers ce que l'on fait (peu importe ce que c'est ou que les autres le remarquent).
Et je ne peux qu'être d'accord avec ça. La raison même de l'existence de ce blog est que j'ai besoin, pour être heureux, d'un espace où je peux créer des choses, et que, malheureusement, mon job alimentaire ne me permet pas d'être créatif (ou très peu). Et j'ai vraiment du mal à imaginer qu'on puisse être bien dans sa peau si on n'a pas une activité qui nous tient à cœur et où on peut s'exprimer un minimum.
Cependant, là où j'ai le plus de mal, c'est lorsqu'ils expliquent que tout le monde peut et devrait être créatif. Et quand ils rajoutent que ceux qui disent qu'ils ne peuvent pas être créatifs se trouvent des excuses et que leurs arguments ne sont que des blocages psychologiques, je les trouve carrément méprisants. Alors, bien sûr, ce n'est pas totalement faux. Il y a une part de blocage psychologique et même un dressage social qui fait que les femmes et les pauvres ne vont pas oser se lancer dans certaines activités créatives en dehors de leur travail ou ne vont pas avoir suffisamment confiance en eux pour imposer leur manière de faire au travail (et donc revendiquer un droit à être créatif dans leur travail), alors que souvent cela améliorerait le résultat final et que beaucoup d'employeurs sont demandeurs de ce genre d'initiative. Et d'ailleurs, je rajouterais que beaucoup d'employeurs jouent sur ce besoin des salariés de s'impliquer dans leur travail et d'être fiers de ce qu'ils font pour leur faire accepter l'inacceptable, mais c'est légèrement hors sujet.
Néanmoins, je trouve que c'est problématique à plus d'un titre.
1) 2) Tout le monde ne peut pas être créatif
Déjà, je pense que c'est totalement faux. Les blocages psychologiques sont non seulement une raison minoritaire pour laquelle certaines personnes n'ont pas autant d'occasions d'être créatives qu'elles le voudraient, mais en plus, ces blocages sont la conséquence de raisons plus fondamentales.
En effet, comme l'évoquait l'autrice d'un best-seller qu'ils ont cité, quand on est précaire, on ne peut pas être créatif. Pour en avoir eu un échantillon très faible au début de ma vie active, je peux témoigner que quand on a en permanence le souci de comment on va payer le loyer ou la peur de se faire virer ou de subir diverses humiliations ou de subir d'autres violences sociales, ça vous bouffe le cerveau. On pense en permanence et sans pouvoir s'en empêcher à comment être le plus proche de ce que l'on attend de nous et à trouver une astuce pour s'en sortir. Quand on est dans cette situation, dans ses moments de loisir, on a qu'une seule envie : se vider la tête.
Et à l'extérieur de chez soi (c'est-à-dire au travail et avec les gens que l'on croise), être soi-même représente un risque beaucoup trop important, car on n'est pas psychologiquement en état d'absorber des contrariétés supplémentaires si notre manière de faire déplaît (et bien entendu, au travail, il y a aussi le risque de diminuer ses chances d'acquérir le passeport vers la sortie de crise qu'est le CDI ou carrément de se faire virer). Et cela est démultiplié lorsque le vrai vous est très différent de la norme. Être soi-même, c'est facile et libérateur que quand votre identité est acceptée et valorisée. Si on prend le cas extrême des trans, beaucoup se suicident ou décident de détransitionner suite aux diverses brimades et violences qu'elles subissent lorsqu'elles assument publiquement qui elles sont vraiment. Et comment être créatif sans être soi-même ? Sans exposer publiquement qui l'on est. Vous me direz, il suffit de faire une activité artistique durant ses loisirs. Mais comme je l'ai dit, lorsque l'on est précaire, lors de ses loisirs, bien souvent, on n'a pas la tête et encore moins l'énergie pour ça. Et pourtant, je rejoins les auteurs de ce podcast sur le fait que la pratique d'une activité artistique leur serait extrêmement bénéfique.
Et comme j'ai suffisamment fait pleurer dans les chaumières dans cet article de blog et que je n'ai pas moi-même vécu ce type d'expérience, je vais me contenter de brièvement mentionner que de nombreux emplois, comme manutentionnaire dans un entrepôt Amazon, que certains sont contraints d'accepter pour sortir de la précarité, mais qui vous ôtent toute chance d'être créatif dans son travail ou d'avoir une activité artistique sur son temps libre.
Il en résulte de tout cela qu'il semble pour moi complètement faux de dire que tout le monde peut être créatif et que c'est une question de volonté et de vaincre ses blocages psychologiques. Pour moi, être créatif demande des conditions matérielles qui ne sont actuellement pas réunies pour beaucoup de gens. Et pour les obtenir, le seul moyen me semble être de se mobiliser collectivement dans des syndicats, dans des partis, dans des mouvements type gilets jaunes, etc. Prétendre le contraire, pour moi, c'est individualiser le problème et détourner les gens des vraies solutions à leur problème. Travailler sur soi, c'est beaucoup plus facile et agréable que le militantisme, mais ce ne sera efficace que chez les plus privilégiés (dont moi et les intervenants de ce podcast faisons partie). Prétendre le contraire, pour moi, c'est pousser les plus précaires à perdre leur temps dans une voie stérile et libérer les plus privilégiés de leur mauvaise conscience et de leur devoir d'user de leur privilège pour améliorer le sort du plus grand nombre à l'aide d'un discours finalement très méritocratique. Après tout, si les pauvres faisaient un petit effort, ils pourraient se libérer de leur blocage et être heureux, donc c'est de leur faute et pas de l'organisation sociale s'ils sont malheureux.
Et d'ailleurs, en parlant des dits blocages psychologiques, même si je ne nie pas leur réalité et l'importance de lutter contre, comme évoqué plus tôt, je pense qu'ils sont en partie dus à ces contraintes matérielles. Si les gens n'osent pas créer, se disent qu'ils ne sont pas capables ou que ce n'est pas pour eux, c'est en partie dû au phénomène bien connu et documenté scientifiquement de rationalisation. En effet, le cerveau humain est programmé pour trouver de la cohérence là où il n'y en a pas et préserver notre estime de nous-mêmes. Il en résulte pas mal de phénomènes étonnants comme sa capacité à inventer ou modifier des souvenirs. Mais dans le cas qui nous occupe, le phénomène qui nous intéresse, c'est qu'il a été prouvé que le cerveau passe son temps à inventer des raisons pour justifier nos actions et nos envies.
Par exemple, on sait maintenant que le choix de faire ou non des enfants n'a probablement pas grand-chose de conscient, et pourtant on a l'impression que c'est le cas. D'ailleurs, personnellement, je suis persuadé que c'est un choix conscient de ma part de ne pas avoir d'enfant, et je suis capable de l'argumenter en long, en large et en travers. Et pourtant, la recherche semble montrer que c'est notre inconscient qui décide si oui ou non on va vouloir des enfants et que ce n'est qu'après coup que notre cerveau va essayer de trouver des raisons pour justifier ce choix.
Autrement dit, on a l'illusion d'utiliser notre raison pour savoir si oui ou non on veut des enfants, mais en fait le choix a été fait par notre inconscient selon des critères que l'on ignore, et on utilise notre raison pour le justifier à posteriori. Et le cerveau fait cela car il a besoin que nos actes soient cohérents et que, dans notre culture, cela blesserait notre estime de nous-mêmes d'admettre que l'on ne sait pas pourquoi on a pris cette décision. Pour ceux qui se demanderaient, je le sais grâce à l'interview d'une biologiste dans un autre podcast de Bing Audio nommé : "Marie et les œufs en neige".
Mais cessons cette digression et faisons le lien avec le sujet initial. Je pense que les blocages psychologiques et les fausses excuses sont dus en partie à ce phénomène de rationalisation. Dans notre culture, reconnaître que nous sommes empêchés de faire ce que nous voulons par nos conditions de vie ou nos supérieurs hiérarchiques, c'est blesser notre estime de nous-mêmes.
Dans certains contextes, c'est même prendre le risque d'être accusé de se victimiser (malheureusement, notre société n'aime pas la faiblesse, alors que c'est la source de notre humanité). Il en résulte que ces excuses et blocages sont en partie créés par notre cerveau pour trouver une explication émotionnellement acceptable à notre absence d'activité créative. Ce sont donc des conséquences et non des causes de ce qui nous empêche de satisfaire notre besoin de créativité. Il y a bien sûr d'autres causes à ces blocages, à commencer par notre socialisation dans notre enfance. Certains vont être incités dans leur enfance à être créatifs et à s'affirmer en public (les hommes et les fils de bourgeois), tandis que d'autres vont être incités à être réservés et obéissants (les femmes et les fils de prolétaires).
Mais je vais arrêter là sur les causes et terminer cette partie en précisant que ces blocages persistent même lorsque les causes ayant entraîné leur création disparaissent, et donc que leur incitation à se débarrasser de ces blocages n'est pas inutile. Ce qui me gêne, c'est de se limiter à cela et de prétendre qu'il n'y a pas d'autres causes qui empêchent les gens d'être créatifs dans leur travail ou leur loisir.
1) 3) Tout le monde ne peut pas pratiquer une activité artistique
Pour finir, même si ce n'est pas le propos central de ce podcast, vers la fin, un intervenant dit que, pour lui, tout le monde peut dessiner et écrire et qu'il suffit de prendre un crayon, une feuille de papier et son courage à deux mains, puis de se lancer. Cela me pose problème pour deux raisons. La première, c'est que si ses deux mains sont utilisées pour tenir son courage, alors on n'en a plus qu'une seule de libre pour écrire (d'accord, je sors). Ma deuxième et vraie raison, c'est que cela va à l'encontre de ma propre expérience d'écrivain amateur. Pour moi, parfois (et même souvent) lorsque cela concerne des activités artistiques, les excuses et blocages psychologiques n'en sont tout simplement pas. La personne vous dit juste la vérité avec des arguments, et voir sa parole rejetée par des arguments psychologisants est juste extrêmement méprisant et agaçant.
Je suis désolé pour les tenants du mythe du génie artistique sur qui le don de l'écriture serait tombé du ciel comme la misère sur le pauvre monde, mais l'écriture d'une histoire, même courte et mauvaise, demande un apprentissage. Il ne viendrait jamais à la tête de personne de dire que l'on peut jouer d'un instrument de musique sans avoir appris, et bien c'est pareil pour l'écriture.
Personnellement, durant mon adolescence, j'ai essayé d'écrire une histoire, mais faute de savoir comment faire, j'ai dû abandonner avant d'avoir écrit plus de dix lignes. Si, à l'époque, je me disais que je n'étais pas capable, ce n'était pas parce que j'avais un blocage psychologique ou que je me cherchais des excuses, mais parce que je ne pouvais pas. Ce n'est que longtemps après que le hasard de la vie a fait que je suis tombé sur des gens sur internet qui m'ont appris à écrire (et je ne les remercierai jamais assez). Pour moi, si vous avez l'impression que c'est naturel et que vous savez écrire depuis l'enfance, c'est soit vous avez des capacités exceptionnelles (peu probable), soit que vous avez grandi auprès de gens qui savaient déjà écrire et qui vous ont transmis ces connaissances (beaucoup plus probable, surtout si vous venez d'un milieu culturellement aisé) sans que vous ne vous en rendiez compte (et peut-être sans que eux-mêmes s'en rendent compte tant les enfants sont forts pour apprendre juste en regardant les adultes faire).
Pour pratiquer un art, il faut au minimum que l'on ait du temps à perdre dans l'apprentissage d'un art (si votre temps de loisir est compté, vous pouvez oublier) et que l'on ait accès à un moyen d'apprendre. On pourrait dire que grâce à internet et maintenant aux IA, ces savoirs sont de plus en plus accessibles (et c'est vrai). Cependant, même parmi les jeunes, beaucoup ne savent pas utiliser les outils numériques ou n'y ont pas accès faute de moyens financiers. Et de toute façon, il y a beaucoup de types d'art qui ne peuvent pas s’apprendre à distance (ou difficilement).
De plus, même chez les ours comme moi, la pratique d'un art se doit d'être un minimum social. Si vos écrivains de fanfiction favoris réclament à cor et à cri des reviews, ce n'est pas juste pour faire plaisir aux algorithmes de recommandation ou pour flatter leur ego (en tout cas pas que). C'est aussi parce qu'avoir des retours est le meilleur moyen que l'on a pour s'améliorer et pour se motiver. Et je suis persuadé que si je progresse dans le futur et continue à être motivé, ce sera en grande partie grâce à vos futurs retours. Non, ce n'est pas une manière déguisée de faire un chantage au review, je vous rappelle juste qu'à chaque fois que j'écris un article et que je n'ai pas de retour, je pleure pendant une semaine et vous maudis sur trois générations, mais à part ça, vous faites ce que vous voulez.
En tout cas, cela est valable pour l'écriture, et je pense que c'est également valable pour tous les autres arts. Prenons par exemple la musique. Bien sûr, on peut apprendre à jouer d'un instrument tout seul en regardant des tutos sur internet et se contenter ensuite de jouer dans sa chambre, mais c'est quand même vachement plus motivant, agréable et facile d'apprendre avec un professeur ou de pratiquer avec un groupe ou au minimum d'avoir une personne qui vous écoute volontairement jouer.
Il en résulte qu'au risque de tout politiser, je pense qu'encore une fois, il ne faut pas individualiser le problème au risque de proposer des solutions à côté de la plaque.
En conclusion, même si la priorité doit être d’améliorer les conditions de travail pour que davantage de personnes puissent s’y sentir bien et y être créatives, je pense que ce n'est pas toujours possible ou souhaitable et qu'il est donc important que l'on ait l'opportunité de satisfaire ses besoins créatifs en dehors de son travail. Pour cela, même face à des personnes qui ne sont pas précaires et ne font pas des métiers usants, il ne suffit pas d'incitation à se bouger le cul. Il faut aussi créer les conditions pour que ces personnes puissent apprendre un art qui les attire. Et quand je parle d'art, je ne parle pas seulement des arts nobles qui sont socialement valorisés.
En ce qui me concerne, je ne considère pas que ce soit dévalorisé l'écriture que de dire que le sport, le bricolage, la pêche (oui, désolé, même avec beaucoup d'efforts, je ne peux pas considérer ça comme un sport), le jardinage ou tout autre activité que l'on fait pour le plaisir sont des arts à part entière et ont la même valeur que les soi-disant grands arts. Pour moi, cela implique de financer et développer au maximum le milieu associatif où les adhérents seraient libres de définir leur propre activité sans que les notables locaux ne s'en mêlent. Et en plus, si vous avez lu mon article sur la guerre en Ukraine, vous saurez que pour moi, développer le milieu associatif est un moyen bien plus efficace de renforcer notre défense nationale que de créer davantage de bombes atomiques
2) Complément en 2025 : alternative a la recherche d’un travail qui a du sens ou le vraie sens du travail
Précédemment j’ai un peu critiqué ceux qui veulent quitter leur travail pour essayer de vivre de leur passion ou au minimum d’un travail éthique. En gros je disais que ça revenait à rejoindre la cohorte qui se bat pour les 3 postes éthiques disponibles et à accepter des conditions de travail (et donc de vie) absolument merdiques pour pouvoir faire une activité qui nous plaît. En gros c’est faire un énorme sacrifice pour au final pas grand-chose (et encore dans la majorité des cas on obtient juste rien du tout car on échoue à vivre de sa passion ou d’un travail éthique). En conséquence je disais que je ne comprenais pas que l’on puisse faire ce choix. Je respecte mais je ne comprenais pas.
Pour moi, sauf si on fait partie de la minorité qui est assurée de toujours pouvoir rebondir grâce à son réseau ou qui peut vivre de ses rentes, c’est un choix suicidaire et absolument pas recommandable. Pour moi, dans notre société actuelle, le travail a juste pour but de gagner de l’argent et on ne doit pas se préoccuper de moral. On doit juste faire en sorte d’avoir les meilleures conditions de travail et le meilleur salaire possible. Pour moi, c’est en dehors du travail que l’on peut agir pour ses idées ou développer ses passions.
Cependant, dire qu’il faut mettre ses rêves et ses idéaux de côté et obéir à son boss 35 heures par semaine (pour les plus chanceux), ce n’est pas une réponse satisfaisante à ceux qui ne supportent plus leur travail. Même si le projet de tout plaquer pour poursuivre ses rêves est une solution ultra-risqué qui ne s’adresse qu’à une minorité de travailleur, c’est toujours mieux que de se résigner et d’attendre la retraite.
Je crois que le problème avec ma réponse, c’est qu’elle n’était pas assez cynique. Lorsque je l’ai écrit, j’avais encore des restes d’honnêteté et d’idéalisme sur le monde du travail. Mais j’ai été obligé de revoir ma position après une séance d’endoctrinement, formation à la méthode agile, où on a essayé de me faire croire qu’il était dans mon intérêt de donner à mes supérieurs les informations nécessaires pour qu’ils me fassent travailler le plus possible et puissent surveiller tout ce que je fais, car le but de la multinationale du CAC 40 où je travaille n’est pas de faire le plus de profit possible mais de faire le bien de l’humanité (Je soupçonne le formateur d’être en secret un militant marxiste qui démontre par l’absurde à quel point la propagande patronale est absurde et déconnectée de la réalité).
Maintenant j’ai vu la lumière et je pense toujours que la solution pour redonner du sens à son bulshit job, c’est de tout faire pour saboter la production sans se faire gauler. Attention la partie ’sans se faire gauler’ est primordial. Si une action de sabotage risque d’être découverte, aussi minime soit le risque alors il faut y renoncer systématiquement. Le but ce n’est pas de faire une action spectaculaire qui bloque toute l’entreprise pendant des jours, mais de trouver des failles qui permette de ralentir légèrement la marche de l’entreprise mais qui sera répéter tous les jours car on ne se sera pas fait gauler. C’est à la fois plus amusant et plus efficace sur le long terme. Mais pour cela il faut bien connaître l’entreprise où l’on est et les personnes qui y travail.
C’est pour cela que lorsque l’on est débutant dans une entreprise je préconise de sincèrement faire son travail du mieux possible afin d’apprendre et d’obtenir un poste stable en CDI. Puis de refuser les promotions et les mutations pour connaître le plus possible son poste de travail et ses collègues (et cela même si cela entraîne une perte financière). Au bout d’un temps, on connaît tellement son travail que l’on devient en mesure de le saboter sans que cela ne se voie.
Et au bout d’un certain temps aux yeux de la direction totalement ignare de comment fonctionne l’entreprise on devient un sachant. Cela a pour conséquence qu’ils se tournerons vers toi pour obtenir des conseils sur les modifications à apporter l’entreprise. Parfois ils te donneront même la responsabilité de décider de ses modifications et de les mettre en place en pensant s’être débarrassé d’une corvée en abusant de ta gentillesse.
A partir de là c’est le début de la fête du slip. Non seulement tu vas pouvoir énormément ralentir la production mais en plus tu recevras recevra les félicitations de tes manager pour être un gros bosseur qui fait avancer les projets. Et cerise sur le gâteau, tu vas pouvoir t’arranger pour réduire ton temps de travail.
Je ne peux bien évidement pas donner de conseil précis pour arriver à ce résultat. Les méthodes pour y parvenir dépende de chaque entreprise et des humains qui s’y trouve. Mais voici quelque astuce qui devrait fonctionner quel que soit l’entreprise :
-
Déjà il faut multiplier les réunions et y inviter le plus possible de personne (on ne fait rien, on ralentit considérablement la production et pourtant on passe pour un bosseur)
-
Créer dans les évolutions un problème qui générera des incidents réguliers faciles à résoudre mais que vous pourrez facilement faire passer pour une activité très longue.
-
Trouver des complices. En groupe on est beaucoup plus efficaces et vous serez surpris du nombre de personnes qui déteste l’entreprise autant que vous malgré la propagande patronale permanente sur le fait que l’on est une grande famille et que l’on devrait être reconnaissant de tout ce que l’entreprise fait pour nous et des opportunités qu’elle nous offre. Beaucoup se rende compte qu’aux yeux de la direction on est que des pions sacrifiables qu’ils faut pressuriser le plus possible et que s’ils nous payent c’est qu’ils y sont obligés. Notre intérêt en tant que citoyen c’est que l’entreprise fasse faillite et en tant que salarié même si ce sera triste cela ne changeras pas grande chose à note vie. De toute façon tôt ou tard on se serait fait virer pour permettre à un manager de dire qu’il a réduit les coûts (bien sûr en général sur le long terme c’est faux, mais soit ils s’en floutent soit ils en sont secrètement contents)
-
Créer énormément de doc dans tout le sens et y glisser volontairement des erreurs. Les manager adore les doc (surtout lorsqu’elles sont belles). Comme c’est censé être une activité que vous faite en plus de votre travail normal personne ne vous reprocheras des erreurs mineurs (surtout si les erreurs sont découvertes des années après) et ça vous fait passer pour un gros bosseur. Et si vous êtes habille ça vous fera passer pour un expert de votre domaine. Et bien sûr comme les gens vont se baser sur votre doc cela créera des tonnes d’incident qui ralentiront la production et que vous pourrez facilement résoudre. Mais bien sur vous ferez semblant de mettre des jours à résoudre le problème ou préconiserez une solution qui créera un autre problème. Et puis si vous faites des dizaines de doc les gens auront du mal à retrouver l’information. Cependant cela peut vous faire passer pour quelqu’un de désorganiser. A manier avec précaution.
Au bout d’un certain temps vous aurez d’avantage ralentit la méga-machine à opprimer ou à détruire les condition d’habitabilité de la planète que ne pourrait le faire n’importe quelle action d’Extinction Rébellion (qui sont malgré tous des actes très courageux et indispensable). Bien sûr même si chaque grain de sable dans cette machine impitoyable est une victoire, ça ne suffit pas. Mais le plus gros défaut de cette pratique c’est que ce n’est pas pour tout le monde.
Contrairement à la majorité des gens, certaines personnes comme les infirmières font vraiment un travail utile. Pour elle saboteur la production c’est tuer des gens ou faire souffrir un innocent. D’autres sont trop surveillées pour pouvoir saboter leur travail sans se faire prendre. D’autres n’ont pas d’autre choix que d’enchaîner les contrats courts et de changer souvent d’entreprise (voire carrément de secteur d’activité). Du coup, j’ai compris qu’en fait il n’y avait pas une solution unique qui fonctionne pour tout le monde, mais des solutions en fonction du cas où l’on est. Pour moi, c’est cette solution qui me permet de concilier mes aspirations et mes obligations financières, mais pour d’autres ce sera de quitter son travail, et pour d’autres ce sera encore autre chose. J’espère en écrivant cet article qu’un jour il donnera des pistes qui permettront à d’autres de trouver leur propre voie.Moi, je retourne essayer de trouver un moyen de réduire à 20 heures par semaine mon temps de présence au travail (et j’inclus dans le temps de présence le temps de télétravail). C’est un bien plus beau défi que celui d’augmenter ma productivité (désolé monsieur le formateur agile).
3) Critique spécifique du travail d’ingénieur
Les ingénieurs ne sont pas des révolutionnaires, des inventeurs ou des visionnaires, ce sont des optimiseurs.En effet, le rôle de l’ingénieur ce n’est pas d’imaginer d’autres mondes possibles, et encore moins un moyen d’y advenir. Son rôle, c’est d’optimiser l’existant.Dans la démarche d’un ingénieur, la culture, le mode de vie, le fonctionnement de la société et les buts qu’elle veut atteindre sont des données sur lesquelles on n’a pas de prise.Le travail de l’ingénieur, c’est de faire avec, ou plutôt malgré elle. En un mot, l’ingénieur fait son travail en supposant que les gens sont cons (peut-on vraiment lui donner tort dira le moi classiste et de droite).
C’est pour ça qu’ils sont à la fois aimés de la gauche et de la droite.La gauche et les apolitiques aiment qu’il améliore le monde. La droite aime qu’il le fasse sans le changer. L’extrême gauche, elle, voit que le problème des ingénieurs, c’est que, malgré la dénégation de leur ego boursouflé, ce sont des salariés comme les autres.Ils sont payés pour faire le mal et ils le font bien. Sauf qu’en plus, eux, ils optimisent.Grâce à eux, l’enfer se rafraîchit de plus en plus vite.
Et oui, dans notre monde optimisé sans rien remettre en question, c’est accélérer la course vers l’abîme. En temps de guerre, l’ingénieur optimise les machines et les process industriels pour maximiser le nombre de morts (avec un talent inouï). Et en temps d’écocide, il fait la même chose pour accélérer le génocide de toute vie sur Terre.
On pourrait se dire que la solution serait que les ingénieurs fassent grève. Ou mieux qu’ils désertent, comme l’ont fait les diplômés d’agropartiehc. Mais en vérité, c’est une fausse solution. Des fils à papa qui décident de tout plaquer pour aller élever des chèvres dans le Larzac, il y en a toujours eu et ça n’a jamais rien changé. La nouveauté, c’est qu’aujourd’hui on les médiatise.
Et puis je parie que leur destin sera le même que celui de leur aîné. Quand on a 20 ans, vivre du RSA sans savoir de quoi le lendemain sera fait, c’est exaltant (surtout lorsque l’on a des parents qui peuvent assurer en cas de vraie coup dur). Mais très vite ils vont ressentir le besoin d’un plus de confort et de sécurité (qui pourrait les en blâmer).À ce moment, soit un oligarque verra de la valeur dans ce qu’ils ont créé et leur fera une offre que l’on ne peut pas refuser (comme pour l’abeille rieuse), soit ils utiliseront leur diplôme et leur réseau pour rentrer dans le rang.
Je pense que la solution ne viendra pas des ingénieurs. Tout ce qu’ils peuvent faire, c’est subvertir leur travail pour le rendre un peu moins néfaste, voire même aider.
De la même manière que les médecins (autre catégorie aimée de la droite et de la gauche) ont récemment eu la mauvaise idée de vouloir soigner le stress au travail à coup d’arrêt maladie plutôt que d’antidépresseurs, il faudrait que les ingénieurs trouvent le moyen de faire leur travail d’une manière qui améliore vraiment les choses (même si c’est juste du paracétamol pour lutter contre un cancer) .
Pourquoi pas des IA qui disent la vérité ? Perso, je peux me tromper, mais je pense que le futur de l’IA, c’est de devenir le moyen numéro par lequel les gens s’informent. Avant, les gens ne cliquaient que sur les 3 premiers liens Google, donc pour une entreprise ne pas être dans les 3 premiers choix voulait dire mourir. Donc toutes les entreprises donnaient des masses d’argent à Google pour être dans les 3 premiers résultats.Demain, la plupart des gens ne s’informeront que via IA et il y en aura max 3 IA grand public. La création d’internet a permit l’émergence de la plus grande bibliothèque du monde et l’IA celui du plu grand bibliothécaire du monde. L’IA et l’évolution naturelle de Google.Résultat : si ton entreprise n’est pas mentionnée par ces IA lorsque un client fait des recherches en vue d’un achat, alors tu es mort. Du coup, les propriétaires des IA pourront soutirer des fortunes aux autres entreprises. Et bien sûr, pour la propagande, ce sera mieux que tout ce à quoi les dictateurs du 20e siècle ont rêvé.
Et les oligarques l’ont déjà compris. Musk a par exemple trafiqué son IA pour qu’elle parle en permanence du génocide des blancs en Afrique du Sud. Même si ce n’était qu’un accident (j’ai du mal à le croire, mais pourquoi pas), je pense que cela a donné des idées à certains.
Et bien, on pourrait imaginer des ingénieurs qui travaillent à rendre ce genre de manipulation extrêmement difficile voire impossible, ou à la rigueur à ce que la manipulation soit visible.Ce serait déjà une grande aide pour les futurs résistants.Un peu comme ce qui ont inventé Signal et autres plateformes permettant aux résistants d’échanger et s’organiser de manière sécurisée.
4) Différentes conception du travail entre les classes populaires et les classes supérieurs
4) 1) Introduction
On a tendance à méprise le travail des autre parce que l’on ne le connaît pas.
Par exemples les prof qui critique et dénonce le conducteur du bus payé pour la sortie scolaire en disant qu’ils ont payé pour un bus propre et que le nettoyage est compris dans le contrant qui ne savent pas qu’on laisse à la personne une heure par semaine pour nettoyer le bus et que ce n’est pas du tout suffisant.
Il a donc le choix entre ne pas faire ce travail correctement ou faire des heure supplémentaire non paye. Et parfois il récupère le bus d’un collègue qui a choisit de ne pas nettoyé au dernier moment.
Cette organisation est doublement efficace pour les actionnaire. Non seulement ça permet de faire des économie en ne payant pas une partie du travail mais en plus ça permet de casser les solidarité entre travailleur.
Les travailleur qui font l’effort de nettoyage vont avoir du ressentiment vis à vis de leur collègue qui ne nettoie pas les bus et les mettent en risque de se prendre une plainte des prof auprès de la direction. Ils vont penser que c’est des fainéant, des je m’en foutiste et des profiteur.
Et ceux qui décident de lutter contre cet abus de pouvoir du patron en refusant de travailler gratis vont voir ce qui s’y soumettent comme des lâches , des traîtres, des lèches-cul et des carriériste. Alors que bien souvent les deux camps sont compose de gens courageux qui veulent juste bien faire leur travail et mériter leur paye.
Mais l’ignorance n’est pas la seul raison pour laquelle le travailleur se divise entre eux, en se traitants mutuellement de faienant, au lieu de s’unir. L’une de ses raison et qu’ils ont des conception différente du travail.
4) 2) Ma vision du travail
Si je récapitule ma vision du travail c’est : Il faut travailler pour vire et non vivre pour travailler.
Si un médecin fait du zèle et des heures supplémentaire, il gagne beaucoup plus d’argent et/ou il a des gens qui le remercie de les avoir aidé. Bon je sais il y a aussi des ingrat qui se plaigne tout le temps. Bien sur parfois c’est a raison car comme tout les milieu il a son lot d’incompétent, de salop, de racisme, de manque de moyen de la part de l’état, d’erreur inévitable,… mails la je voulais jute dire que je sais que le monde c’est pas les bisounours et que parfois on se démène pour aider les gens et il vous réponde par un coup de pied au cul.
Par contre moi si je fait du zèle ou des heures supplémentaire celui qui va gagner beaucoup plus c’est un connard d’actionnaire qui va probablement utiliser cet argent pour obtenir d’avantage de pouvoir qu’il utilisera pour imposer des politiques en ma défaveur. Ou alors c’est un retraité américain qui vote Trump. Et personne ne va me remercier d’avoir permit a la finance française d’être plus efficace dan son œuvre de financement de la destruction de la planète.
La plupart d’entre nous font des métiers qui sont au mieux inutile et bien souvent nuisible a la société. Mais très utile au maintient du pouvoir des oligarques. ses métier la c’est un devoir de les saboter.
4) 3) La vision des classes populaire
Les classes populaire ont une vision complètement différent du travail. Eux valorise le fait de se défoncer le plus possible au travail, de prendre des risque avec sa santé. Pour eux il faut souffrir au travail sinon c’est que l’on est un fainéant. Il tire de la fierté du fait de ne pas écouter leur corps et de faire des heures supplémentaire. Perso je ne comprend pas cette conception du travail.
Personnellement je trouve qu’ils sont complètement con de faire ça. Pour qui est ce qu’il mettent en danger leur santé. C’est pour cela qu’il y a 15 % des arrêt maladie qui ne sont pas pris. C’est l’une des pour laquelle l’on a temps d’infirmière en arrêt maladie ou carrément en invalidité (la raison majeur sa reste quand même les manager qui les pressurise)
Mais ça montre surtout que appartient à la petite bourgeoisie intellectuelle, chez qui la conception du travail c’est en général juste une source d’argent et qu’il faut se ménager. Pour nous il s’agit juste d’un jeu ou tu as un manger qui veut t’exploiter le plus possible. C’est à dire te faire travailler le plus possible en te payant le moins possible. Le but du salaire c’est d’obtenir le plus haut salaire en n’en faisant le moins possible. C’est de faire le moins d’heure sur site possible et lorsque tu y est de faire le plus souvent semblant de travailler sans que cela ne se remarque.
Ce qu’il faut c’est aller le plus lentement possible. Pour nous on est un homme si on ne se fait enculer parla direction. Pour eux on est un homme si on se fait le plus possible encule par son patrons. Si on est le plus grand lèche botte et traître possible. Pour nous être un homme c’est avoir l’intelligence de se ménager le plu possible, et donc d’être un fainéant à leur yeux. Alors que pour nous on fait juste le travail pour lesquels on est payé sans chercher à faire du zèle
Pour nous si on a un problème il faut se plaindre immédiatement et en gueulant le plus fort possible. Si on ne dit rien c’est que tout va bien. Pour nous il faut dire ce que l’on pense et pense ce que l’on dit. Quand on traître avec quelqu’un on lui fait confiance pour nous dire si quelque chose ne va pas. Nous on a reçus éducation permettant de verbaliser ou d’ecriere ce qui ne va pas. Et on se sent à l’aise pour le faire.
Alors que eux au contraire si quelque chose ne leur va pas il ne vont pas le dire. Ils vont rester digne en silence et il faut deviner que ce qu’on leur demande est impossible à supporter ou leur procure des souffrance. Bien sur cette incompréhension est aussi due a d’autre facteur comme le fait que les personne qui dirige n’ont bien souvent aucune idée du métier que font leur subalterne.
Perso je trouve que c’est ma culture qui est la meilleur mais c’est sans doute parce que c’est la mienne et donc que je suis biaisé.
Plus de détail dans cette vidéo qui a grandement inspiré l’écriture de cette partie : D'où vient la HAINE des fonctionnaires ? │ LECTURE de Sciences Sociales 📖 #5
5) Team-bulding
Personnellement je n’aime pas les activités de groupe comme les Team bulding. Je pourrais en faire une critique axé sur la dénonciation de la propagande patronal et du fait que c’est une tentative illusoire pour nous faire oublier que l’on travaille sous la contrainte de supérieur et pas volontairement avec des égaux. Que si dans une équipe il y a des problèmes relationnel ce n’est pas une journée a jouer a faire du coloriages ensemble qui va y changer quoique se soit. Aux cote infantilisant de activités proposes, a l’injonction de s‘amuser sur des activités que l’on a pas choisi avec de gens que l’on a pas choisi. Mais la vérité c’est que si je n’aime pas les team bulding c’est parce que pour moi, les moments où il faut socialiser sont toujours désagréables et difficiles. Parler de boulot, de politique ou de philosophie, ça je sais faire et j’aime bien. Mais parler de moi, de mes goûts, de mes loisirs, je ne sais pas faire et je n’aime pas ça.
Sans même m’en rendre compte, je digresse toujours sur la politique, la philosophie, ou des sujets généraux. Parler de sujets personnels ou faire du small talk, je ne sais pas faire et je n’aime pas. Et puis, il y a aussi le fait qu’une partie des gens s’informent principalement via les grands journaux ou les grandes chaînes télé, et du coup sortent sans réfléchir des trucs ultra-racistes, complotistes… Bref, des trucs pourris qui m’obligent à réagir, alors que pour eux c’est banal, des choses que tout le monde pense, même s’ils ne cautionnent pas. Alors que non, ce n’est pas banal — ça l’est juste dans ce microcosme qui se radicalise de plus en plus.
(D’ailleurs, tu vois, même là, je parle de choses personnelles et je digresse.) Je ne sais juste pas faire autrement. Je ne suis pas quelqu’un de chaleureux. Je suis solitaire. Les potes, ce n’est pas pour moi.
C’est un défaut, car ça fait que je me lie difficilement avec les gens, et que je dérive tout le temps, sans même m’en rendre compte, sur des sujets politiques ou philosophiques qui peuvent saouler ceux qui veulent juste faire du small talk ou apprendre à connaître les autres. Mais je suis comme ça, et je ne vais pas changer. Même si je le voulais, je ne pourrais pas. Tout ce que je peux faire, c’est m’assurer que ça ne nuise pas aux autres (ni à ma carrière). C’est d’ailleurs pour ça que je ne cherche pas à évoluer vers du management, mais plutôt vers la maîtrise technique (Il y a aussi le fait que je pense que les métiers techniques seront plus porteurs dans le futur que les métiers du management).
6) Bonus : article parodique sur le travail
6) 1) Introduction
Depuis peu, je suis représentant syndical dans mon entreprise. En conséquence, j’entends beaucoup de plaintes des salariés et des autres syndiqués au sujet des salaires qui pour le dire poliment me désarçonnent. Et pour des raisons évidentes dans la vie réelle, je ne peux pas dire honnêtement ce que j’en pense.
J’ai donc écrit ce billet de blog pour me défouler en critiquant les discours les plus fréquents que j’entends.
6) 2) Ce n’est pas juste les jeunes, ils vont pas devoir souffrir autant que moi
Commençons par la plainte la plus récurrente dans mon entreprise constituée essentiellement de vieux croûtons où les syndicats trouvent quand même le moyen d’avoir une surreprésentation des plus de 50 ans :
‘Nous, on a dû travailler pendant des années pour obtenir notre salaire/grade actuel et là la direction recrute des jeunes aux mêmes salaires que nous et en plus, on nous demande de les former. Il n’y a aucune reconnaissance de la fidélité à l’entreprise et de l’expertise accumulée durant toutes ces années. C’est totalement méprisant pour ses anciens salariés.’
Déjà, soyons directs, si la direction offre de bons salaires aux nouveaux employés comme moi, ce n’est pas par gentillesse, mais parce que même à ses niveaux de salaire, elle n’arrive pas à recruter des gens compètent (des incompétents ça par contre on arrive à en trouver). Et pour cause, tous mes camarades de promotion dont je connais le salaire actuel sont tous payés 25 % plus cher que moi.
La seule raison pour laquelle je ne démissionne pas immédiatement pour aller à la concurrence, c’est que pour contrebalancer son incapacité à s’aligner sur ses concurrents en termes de salaire mon entreprise offre d’autre avantage qui ont pour moi plus de valeur que l’argent et que je ne détaillerais pas pour des raisons de vie privée.
Donc même si je trouvais scandaleux que les jeunes ne commencent pas en bas de l’échelle avec des salaires moindres (ce qui ‘n’est pas le cas), la vérité, c’est que la direction n’a juste pas le choix d’agir ainsi.
Elle est obligée de recruter des juniors pour ses postes et de les payer aux mêmes salaires que les anciens, car sinon elle ne recrute juste pas du tout (et on n'arrive déjà pas à recruter suffisamment pour compenser les départs à la retraite).
Cependant moi ce qui me gêne le plus, c’est le fond de la remarque : pourquoi diable ont-ils envie que les jeunes soufres autant qu’ils ont souffert ?
Si encore, ils réclamaient des augmentations de salaire en menaçant de démissionner et en le justifiant moralement par leur compétence supérieure et leur fidélité (d’ailleurs à leur place, je ne demanderais même pas, je démissionnerais et j’irais voir ailleurs tant le gap de salaires avec les concurrents est indécent en termes de rémunération pour un senior).
Mais non ce qu’ils veulent, c’est que les jeunes ne soient pas recrutés cadre directement et ne commence pas en bas de l ’échelle (ou avec des salaires moindres). Au lieu de se réjouir que la société ait progressé et que l’on ait besoin de moins travailler pour obtenir la même chose ou que les postes les moins payés/valorisées aient disparu (où aient été délocalisé ou sous-traité ce qui est effectivement moins réjouissant, mais une bonne partie du travail a juste belle et bien disparu).
Juste je n’ai pas de mot pour dire à quel point je trouve ça con.
À chaque fois, je serre les dents, mais j’ai juste envie de leur dire : les vieux arrêtés de nous faire chier avec vos paniques morales à deux balles et occupez-vous de vos fesses.
Et puis c’est quoi cette idée de fidélité à l’entreprise ? Franchement, quand j’entends parler certain de mes collèges (ou des petits patrons), j’ai l’impression qu’ils vivent dans un pays communiste.
L’entreprise ce n'est pas ton ami, mais ton ennemi. Tu ne lui dois rien, si ce n’est d'en tirer le maximum de profit possible et de lui donner le moins possible en échange.
L’entreprise n’a aucune raison de t’être fidèle et toi non plus. C’est juste un échange commercial où chacun essaye d’entuber l’autre le plus possible. Si pour une raison ou une autre l’entreprise veut que ses salariés lui soient fidèles (certaines entreprises s’en foutent que ses salariés restent ou partent), alors il faut qu’elle paye des salaires au moins égaux à ceux de la concurrence (ou offre d’autre avantages).
Et si elle ne le fait pas et que tu lui restes quand même fidèle, alors tu es sacrément con. Et ta connerie n’a pas à affecter le salaire ou le statut des salariés plus jeune qui eux ont compris que l’URSS, c’était effondré et que personne n’allait reconstruire le mur de Berlin.
6) 3) Petite digression philosophique
Ça n’a rien à voir, mais qu’est-ce qu’ils en ont à foutre de la qualité de leur travail ou des produits proposé par la boite. Ça, c’est le problème du patron.
Bien entendu au boulot, je fais semblant d’en avoir quelque chose à foutre de mon travail et de faire de mon mieux. Mais justement moi, je fais semblant.
En vraie, je cherche pas à rendre le meilleur service possible, mais le service qui me nécessite le moins d’effort et qui aura la qualité minimum pour que l’on ne me reproche pas de faire du mauvais travail.
Personnellement, je ne travaille pas au-delà du strict nécessaire.
Dès que j’ai atteint mes objectifs minimaux, je m’arrête de bosser et je fais autre chose (comme écrire un article de blog). Et dans un pays capitaliste, tout le monde est censé faire ça.
Dans un pays capitaliste, on s’en fiche du sens de notre travail ou de sa qualité. La seule chose qui importe, c’est le fric qu’il nous rapporte. On ne doit faire plus que si on est payée plus. Le seul but du travail (que l’on soit salarié ou patron) c’est de s’enrichir, pas d’être utile socialement.
Quant à la fierté au travail, comment est-ce que l’on pourrait être fière d’être les esclaves d’un milliardaire (in fine même lorsque l’on est petit patron ou autoentrepreneur, on travaille tous pour Bernard Arnault, Bolloré, Bettencourt et consorts)? C’est juste ridicule. La fierté, c’est en dehors du travail.
Tous les discours contraires que l’on entend de plus en plus, j’ai toujours trouvé ça ridicule.
Quand j’étais ados et que la conseillère d’orientation m’a demandé quel métier je voulais faire, j’ai répondu : un métier avec peu de chômage, bien payé et avec beaucoup de vacances (premier degré et je ne vois toujours pas le problème avec cette réponse, même si je vois bien qu’elle déplaît à ce qui l’entende). Moi la seule question que j’avais, c’est : qu’elle est le métier où le chômage est le plus faible ? Qu’elle est celui ou on manque le plus de personnel ? Et j’ai fait mes choix en fonction de la réponse (erronée) qu’elle m’avait donnée.
L’idée de corrompre l’une de mes passions en n’en faisant un travail me donne des sueurs froides et provoquées chez moi une profonde incompréhension. Je ne comprends pas que l’on puisse plaquer un CDI bien payé qui vous laisse plein de temps libre pour devenir précaire et faire des horaires de dingue dans un métier qui rapporte des clopinettes et qui aurait soi-disant plus de sens.
Pour moi, la vie n’a pas de sens et c’est très bien comme ça, ça veut dire qu’on est libre de faire tout ce qu’on veut. Quoi que l’on fasse collectivement ou individuellement rien de ce que l’on fait n’a réellement d’importance.
Notre civilisation et toute trace de notre existence vont irrémédiablement disparaître. L’idée d’une société durable est ridicule. La deuxième loi de la thermodynamique impose que rien ne peut être durable.
Et la débilité profonde de l’humanité, qu’il y a peu de chance que notre espèce survive un millénaire de plus. À un moment, tout doit mourir et disparaître. Et à moins de croire aux balivernes des religieux, c’est jute le néant qui nous attend.
Et à titre personnel, je ne vois pas ce que cela à de déprimant. Au contraire, ça veut dire qu’on n’a pas le temps de déprimer. On a juste 80 ans pour en profiter, alors il ne faut pas perdre une seconde dans des considérations morales absurdes.
On ne doit pas perdre une seule de nos précieuses ressource à rendre la société durable, mais au contraire tout faire pour la rendre le plus agréable possible pour nous et ce qui nous entoure durant le peu de temps que l’on aura à passer dedans.
C’est l’une des nombreuses raisons pour laquelle je ne soutiendrais jamais EELV alors que je suis plus proche de leur programme que de celui de LFI.
Personnellement, si je suis végétarien, ce n’est pas parceque c’est une alimentation plus durable, mais parce que c’est bien plus agréable et bon pour la santé d’être végétarien (sérieux la bouffe végétarienne c’est bien meilleur et ça simplifie tellement les courses et la cuisines).
Personnellement, si je n’ai pas de voiture et ne pars jamais en voyage, ce n’est pas parce que j’ai envie de me sacrifier pour la planète, mais parce que je ne vois pas l’intérêt (perso, je considère que l’envie de voyage est une bizarrerie moderne, provenant du fait que la plupart des gens vivent dans des endroits moches, pollués et bruyants.).
Mais bon tout le monde fait bien ce qu’il veut du moment qu’il n’emmerde pas les autres.
Fin de la digression philosophique.
6) 4) Le misérabilisme
Maintenant, venons-en à la plainte la plus fréquente qu’elle soit l’âge : « non mais avec l’inflation vous comprenez, on s’en sort plus, le prix de l’essence, il n'arrête pas d’augmenter, alors que nos salaires, ils stagnent »
Quand lors d’un CSE le grand patron (qui était exceptionnellement présent) a rembarré le représentant d’une autre organisation syndicale qui venait de faire se discourt en répondant : ‘si vous croyez que vous allez me faire pleurer’, je n’ai rien dit, car ça aurait été le plus grand contre son camp de l’histoire des trahisons, mais intérieurement, j’applaudissais.
Si on était dans une entreprise où les gens se cassent le dos toute la journée pour à peine le SMIC, je comprendrais la remarque. Si on était situé en rase campagne et que la voiture était obligatoire pour le moindre trajet, je soutiendrais totalement.
Mais nous, on est une entreprise composée quasi uniquement de cadre payé au minimum 3 000 euros nets par mois qui passe leur journée le cul assis sur une chaise à produire du vent. Et on est situé dans un centre-ville extrêmement bien desservi en logement, transport en commun, commerce, écoles…. Soyons claires s’ils sont aussi affectés par le prix de l’essence, c’est parce qu’ils ont besoin de faire le trajet entre leur château situé en rase campagne (pour moi, quand il y a plus de 2 étages ce n’est pas une maison, mais un château) avec une bagnole qui fait la taille de mon logement du CROUS lorsque j’étais étudiant. À ce stade de déconnections au réel, on ne parle plus de princesse au petit poids, mais de reine des pleurnicheries.
Moi quant à la machine à café, j’entends ce genre de plainte, suivit juste après d’une diatribe contre l’interdiction de survol du territoire russe par les compagnies aériennes européen qui ont rallongé la durée (et donc renchérie le prix) de son voyage à Tokyo, j’ai envie de me pendre avec un câble USB. Franchement, je te plains mon pauvre Jean-Louis.
Tient-il me reste quelques billets de cent euros, essuie tes larmes avec.
Oui Jean-Louis, bien sûr que ne pas survoler un territoire en guerre est une interdiction débile que rien ne justifie. Qu’est-ce qui pourrait mal se passer dans une zone de guerre, on se le demande ? Les autochtones n’ont aucune réaction agressive lorsqu’il détecte sur leurs radars un gros appareil volant dans leur direction. Comme ils connaissent l’importance que nous accordons à l’honneur et à la parole donnée, il suffit que le pilote annonce à la radio « jurée craché, nous venons en paix, promis si je mens, je vais en enfer » pour qu’ils désactivent leur système de défense anti-aérienne et laisse passer ton avion.
D’accord, ils massacrent, ils violent et ils pillent, mais ils ne vont quand même pas prendre le risque de perturber les vacances de Jean-Louis juste pour observer le spectacle rare de l’accouplement entre un missile B19 et un A380.
Le meilleur, c’est quand il a dit que cette interdiction n’était pas écologique vue qu’elle rallongeait le trajet et donc les émissions de CO2. Oui, bien sûr que ton voyage en avion à Tokyo serait écologiquement moins problématique si on raccourcissait le vol.
Bref, j’ai l’impression que mes collègues vivent dans un autre monde à la fois magnifique pour la légèreté des problèmes qui y règne et sordide par l’insignifiance et la fadeur des vies qu’on y mène.
Où est le panache, la beauté et la grandeur ? Quels plaisirs peuvent-ils donc retirer de cette succession de loisirs dénués d’intérêt et de divertissement abrutissant ?
Sont-ils à ce point lobotomisés par la télé pour ne pas voir le coût environnemental et social de ce cauchemar qu’ils confondent avec un rêve ? Que ne rien changer à leur vie, se fera en sacrifiant celle de tous les autres ? Que cette inflation qui a fait basculer tant de gens à travers le monde dans la pauvreté le vrai est le résultat direct de leur inconséquence et le signe que leur mode de vie ne peut plus durer (avec ou sans guerre en Ukraine)?
Augmenter leur salaire déjà mirobolant n’y changera rien. Dans le meilleur des cas cela ne fera que reporter l’échéance.
Bref, mes collègues Macrono-lepeniste à tendance complotiste me donnent envie de me pendre avec un câble USB épisode 1351. Vivement la prochaine saison.
6) 5) Les primes c’est génial
Pour finir, je vais répondre sur un ton plus calme à une question qui est venue régulièrement après les gilets jaunes : Pourquoi est-ce que tu as voté contre la prime proposée par la direction ? Une prime défiscalisée, c’est génial. C’est gagnant-gagnant. Ça évite à la direction de payer des charges sociales et à nous de paye des impôts.
Oui sauf que la prime défiscalisée le patron peut la supprimer à n’importe quel moment alors qu’une augmentation de salaire, c’est permanent.
Sauf que comme leur nom l’indique, les cotisations sociales ne sont pas des impôts, mais des cotisations. Autrement dit, c’est du salaire en natures.
Si lors des embauches les employeurs communiquent le salaire brut et non le salaire net, ce n’est pas pour entuber le salarié en lui faisant miroiter un salaire plus élevé qu’en réalité, mais parce que c’est vraiment ce que le salarié va toucher sous une forme ou sous une autre.
Réduire le montant des cotisations cela implique une réduction directe du montant de leur retraite et indirectement des remboursements de santé dans quelques années ?
Et pour une population de cet âge tout baisse des cotisations se paye très cher sur le long terme.
Pour moi encore cela pourrait être une bonne affaire étant donné que je compte partir en retraite à 45-50 ans grâce à mon épargne, mais lorsque l’on a plus de 50 ans et qu’on a un faible taux d’épargne baisser le montant sur lequel est calculé la retraite est un très mauvais calcul.
6) 6) Fausse conclusion
Tout ceci bien qu’inspirer de fait réel est largement inventé. Cette nouvelle série sera une succession de petite histoire visant à illustrer une critique du monde du travail.
Par exemple, le discours misérabiliste de mon collègue syndicaliste est vraie (c’est le fait réel qui a inspiré cette fausse anecdote) mais dans la vraie vie, il s’explique par le fait que même s’ils ne sont pas nombreux, dans mon entreprise, il y a des gens au SMIC. Et il y a une masse de gens que je vois peu qui ont des salaires qui tournent autour de 2 000 euros nets et à qui l’inflation a fait vraiment mal (même s’ils ont continué à avoir une vie confortable). Et mon patron n’a jamais répondu ça. Même si on a de nombreux différent, il ne se serait jamais permis de dédaigner avec autant de légèreté un salarié lui faisant part de ses difficultés (après, il a pas non plus répondu par une augmentation des salaires, il ne faut pas déconner non plus).
Et en vraie, j’adore mes collègues et la plupart sont plus intelligent et cultivé que moi (sans vouloir être prétentieux, il y a peu de milieux ou j’ai ressenti cela).
C’est une fiction aux relents populistes décrivant une entreprise largement imaginaire. Si vous y avez crue désolé de vous avoir trompé, mais prenez-le comme une leçon : les récits binaires et populistes comme ce texte ou des séries comme Kaamelott qui consiste à décrire un comportement bizarre puis à s’en moquer (éventuellement en sur-jouant la colère ou le désespoir) sont très agréables à lire et à écrire, mais n’ont rien à voir avec la réalité.
De plus, lorsque l’on est confronté à un phénomène/comportement bizarre, le bon réflexe n’est pas de s’en moquer ou de s’en énerver, mais d’essayer de le comprendre. En général, il n’est bizarre/choquant que parce que l’on manque d’information. En s’en moquant, on a à l’impression de se montrer supérieur (en rabaissant les autres au passage), alors qu’en fait, on ne fait qu’étaler notre ignorance (voir même notre fierté à être ignorant).
Or depuis une dizaine d’années les textes et vidéos reprenant ce type d’humour se sont multiplié sur Internet et ont de plus en plus de succès. Je pense qu’en France, le premier à avoir eu du succès avec ce concept est le dinosaure du net le plus connus : Le Joueur Du Grenier . Le gros qui a été enlevé par les Shin-Wa et remplacé par une contrefaçon maigre (ils sont très fort en contrefaçon ses Shin-Wa).
Étant moi-même très friand de ce genre de contenu au début cela me ravissait. Malheureusement, avec le succès, viennent les excès, et très vite, on est passé de fiction bonne enfant à des contenus se voulant plus sérieux. Pour ne citer que les meilleurs et les moins polémiques, je donnerais comme exemple : Pourquoi j'ai Raison et vous avez Tort et les debunkage de la La Tronche en Biais (mais ça concerne plein d’autre contenu sur internet y compris certain article de ce blog).
Que le joueur du grenier rabaisse de vieux jeu effectivement très mauvais au lieu de se demander pourquoi ses choix, qui nous paraissait bizarre, ont été faits, ça ne pose pas de problème (Bon, on ne va pas se mentir 90 % du temps la réponse doit être : l’argent, mais si ça se trouve il y avait une intention artistique intéressante et des gens ont aimé ses jeux grâce et non malgré ce que le joueur du grenier considère comme un défaut).
D’autant plus que dans les vidéos du joueur du grenier, il est clair qu’il s’agit d’une fausse critique. Mais dans les autres cas, les vidéos sont assumées comme étant de vraie critiques sincère et cela pose problème, car les gens se mettent à les imiter. Résultat, on se retrouve avec une masse de gens qui insulte dénigre et harcèle.
Pour prendre un exemple bénin, on se retrouve avec une masse de gens qui fustige ‘Mad Max: Fury Road’ pour l’illogisme que serait de montrer des personnages gaspillés de l’eau en plein désert, alors qu’en fait dans la réalité il n’est pas rare que des régimes extrêmes inégalitaire et autoritaire gaspille ostensiblement des ressources rares justement pour montrer et imposer leur pouvoir et que l’intention du réalisateur est justement de dénoncer et vulgariser les travers de l’inégalité et de l’autoritarisme.
Résultat, on se retrouve avec une masse de gens qui sont passés à côté d’un bon film, une équipe qui s’est pris un torrent de haine dans la gueule et des producteurs qui ne veulent plus financer de projet s’éloignant un tant soit peu des schémas pré-convenu et des clichés pour ne pas se couper d’une partie du public ou avoir une mauvaise image sur les réseaux sociaux.
Et dieu sait qu’en ce moment, on n'a pas besoin d’incitation supplémentaire à la conformité dans le cinéma. Vous me direz sans doute que ce critique est malhonnête. Le problème ce ne sont pas ses vidéos qui réussissent à la fois à être très divertissantes et très instructives, mais une partie de leur public qui se comporte comme des connards intolérants et fermer d’esprit.
Que si ce comportement est si répandu dans notre société ce n’est pas à cause de ses vidéastes qui font un travail formidable, mais à cause de toute sorte de facteur éducatif/culturel et biologique qui favorise ses modes de penser conservateur et intolérant.
S’il y a dans les pays occidentaux une masse de gens qui ne rêve que d’écraser les autres et s’il est si dur de remettre en cause nos visons préconçus du monde ou d’admettre qu’on ne sait pas ou que l’on sait tromper ce n’est pas parce que depuis 10 ans, il publie des vidéos sur internet. En fait, c’est même plutôt l’inverse. C’est à cause de la présence de cet attrait, pour les humiliations publiques et ce besoin de se sentir supérieur que ses vidéos existent et ont autant de succès.
Cependant, à leur échelle, elles renforcent ce trait regrettable, et même si pour la plupart ses créateurs essayent de combattre cette tendance, il faut bien admettre que leurs efforts sont insuffisants.
Attention, mon message n’est pas qu’il faudrait qu’ils arrêtent de publier leur vidéo ou change de ton au risque d’ennuyer leur publique et de se retrouver au chômage, mais que ce serait bien que collectivement, on essaye de d’avantage étudier et combattre se penchant qui pourrit la vie de tout le monde et à des conséquences qui vont bien au-delà du monde de l'art.
En effet, le besoin d’écraser les autres et le refus de remettre en question les idées préconçues est le fondement de la pensée d’extrême droite, du harcèlement et de pas mal de saloperie qui se produise dans les milieux militant ou associatif.
J’aimerais prolonger indéfiniment ce billet afin de démonter chacune de ses points et aussi évoquer d’autres points comme le fait que d’après mes lectures les hommes sont surreprésentés parmi ceux qui ont ce genre de comportement sur les réseaux sociaux, mais malheureusement, il se retrouve que j’ai une vie alors je vais terminer en reformulant de manière rigolote la morale de ce billet :
-
Le philosophe dit comment le monde devrait être.
-
Le curé (ou l’éditorialiste de plateaux) se plaint que le monde n’est pas identique à l’utopie inventée par le philosophe et cherche un responsable à envoyer au bûcher.
-
Le scientifique cherche pourquoi le monde est comme ça.
-
L’ingénieur utilise le travail du scientifique pour trouver des moyens de corriger les problèmes dont se plaint le curé.
-
Le technicien se dépatouille pour exécuter les plans mal branlés de l’ingénieur qui ne fonctionne que dans le monde merveilleux de la théorie.
-
Le citoyen doit essayer de survivre au changement que lui impose les 4 zozos cités plus haut, qui s’il avait pris la peine de lui parler aurait compris que sa principale demande était qu’ils lui foutent la paix.
Comportez-vous moins comme des curés et plus comme des ingénieurs.
7) Critique de l’élitisme
7) 1) réponse a CDAL sur l’objectivité de la valeur d’une œuvre d’art
7) 1) 1) Introduction
Récemment Ces dessins animés-là qui méritent qu'on s'en souvienne , une chaîne que j’adore qui fait des critiques des vieux dessins animés des années 90 et début 2000 (donc de mon enfance) a sorti une vidéo un peu spécial dont voici le lien : CDAL négatif - Single 30 - Conclusion : qu'est-ce qui fait qu'un mauvais dessin animé est mauvais ? .
Dans cette vidéo, exceptionnellement, Al ne fait pas une critique d’un dessin anime, mais annonce qu’il ne fera plus de critiques de dessin animé qu’il n’a pas aimé et explique pourquoi ainsi que leur vision de la critique d’art. J’ai trouvé cette vidéo très intéressante et j’y ai appris des choses que j’ignorais. Cependant, il y a un point central de son discours avec lequel je suis en désaccord et ça m’a motivé à écrire ce billet pour m’expliquer.
À partir de ce moment de la vidéo : CDAL négatif - Single 30 , il répond à une objection qu’il a beaucoup reçue suite à ses vidéos où ils fait des critiques négatives de certains vieux dessins animés qui est : ‘qu’il ne faut pas dire c’est nul, mais j’aime pas’.
Personnellement, je comprends parfaitement son exaspération face à cette critique récurrente. A chaque fois que je la vois quelque part, j’ai envie de secouer son auteur comme un prunier en lui disant de péter un coup. Évidemment que l’on ne fait que donner un avis personnel. Évidement qu’en art, il n y’a pas de vérité absolue. C’est un tel truisme que cela ne mérite même pas d’être mentionné.
Et au cas où, vous l’auriez oublié, on parle juste de vieux dessins animés, de films ou de jeux vidéo. Pas d’une affaire de viol, de la guerre à gaza ou des hémorroïdes de notre seigneur et maître Macron 1er.
Ce n’est pas un sujet sensible qui mérite que l’on prenne mille précautions oratoire afin d’être sûr de ne heurter la sensibilité de personne. Alors lâcher la grappe aux créateurs, pour que l‘on continue à avoir des vidéos avec un minimum de sincérité. Si vous ne pouvez vraiment pas supporter que l’on critique votre madeleine de Proust personnelle, allez taper sur un odieux connard il adore ça (sérieux pour publier un article de l’odieux connard sur l’internet de 2025 il faut être Sado-maso).
Cependant, la réponse de Al m’a fait reconsidérer ma position et j‘ai vu tout d’un coup tous les avatars des auteurs de ses commentaires envahir mon champ de vision en criant : ‘qui c’est qui qui avait raison’. En effet, dans cette vidéo Al répond à ses commentaires en affirmant que leur vidéo vise à être des jugements de valeur absolus sur une œuvre. Quand ils disent ‘c’est nul’ ce n’est pas une approximation visant à rendre leur discours plus fluide, mais leur véritable opinion.
Or, l’opinion inverse est tellement répandu qu’il y a fort à parier qu’ils connaissent parfaitement les arguments qui la soutiennent (ou au moins les plus connus). Arguments qui à titre personnel, m’ont toujours semblé parfaitement convaincants. J’ai donc très envie de savoir pourquoi ils ne les ont pas convaincues. Cependant, dans aucune de ses vidéos, il n’argumente cette position plutôt iconoclaste.
J’ai donc décidé d’exposer ce billet les arguments soutenant que des gouts et des couleurs, on ne discute pas, plus pour passer ma frustration et mettre mes propres idées au clair que dans l’esprit d’avoir une réponse étant donné la faiblesse de mon audience. Et, tant qu’à faire, j’en profiterai aussi pour exposer certains autres désaccords que j’ai avec Al et Tchoucky.
7) 1) 2) Le problème de la valeur
‘Des goûts et des couleurs, on ne discute pas’. Mais dans ce cas-là de quoi est-ce que l’on peut bien discuter ?
Et bien comme le dit très bien AL dans sa vidéo, on peut se mettre d’accord sur les éléments qui composent une œuvre d’art. On peut exposer lesquelles de ses éléments nous ont plu ou déplut. On peut indiquer ce qui a plus ou déplu à une majorité de gens. On peut également se demander ce qui dans notre vécu notre culture à causer ses goûts ou ses dégoûts pour tels éléments dans une fiction. Tout ça se sont des faits objectifs sur lesquels on peut tout tomber d’accord et qu’à titre personnel, je trouve intéressant de connaître.
En effet, j’adore découvrir les œuvres que j’ai aimés sous un jour nouveau et voir ce qui m’avait échappé. Dans ce domaine j’adore particulièrement avoir le regard d’un professionnel du cinéma comme Durendal de pourquoi j’ai raison et vous avez tort (ou du moins qui a fait des études dans le domaine).
De par leur formation, ils voient et savent des choses qui m’échappent complètement sur les films. J’adore comprendre pourquoi certaines personnes aiment des films, des séries, des jeux vidéo qui personnellement me dégoûtent (et inversement, pourquoi certains détestent des films que j’adore).
Et même si c’est la plupart du temps hautement spéculatif, j’adore ceux qui tentent d’expliquer les causes pour lesquelles on a ses goûts et ses dégoûts.
Par contre, cela fait plusieurs millénaires que les philosophes échouent à trouver une procédure pour déterminer objectivement la valeur d’une chose. Et depuis deux siècles, ils ont été rejoints par les économistes, les financiers qui ont littéralement investi des milliards pour essayer d’atteindre ce Graal. Sans le moindre succès, faut-il le préciser. Et j'affirme qu’une telle découverte rendrait son auteur immédiatement richissime tant elle aurait d’implication dans le monde merveilleux de la spéculation boursière.
Mais à mon grand regret, pour le moment, m’a position est que l’on peut se mettre d’accord sur ce que contient une œuvre, mais pas sur la valeur de ce qu’elle contient. On peut se mettre d’accord que celons tel ou tel critère, une série est meilleure qu’une autre, mais pas sur l’importance de ce critère pour juger d’une œuvre.
7) 1) 3) Jugement avec un point de vue d’expert
7) 1) 3) 1) L’expertise apporte une vision différente sur les œuvre pas une meilleur vision
Pour reprendre un exemple récent qui me vient en tête, personnellement, je trouve comme la plupart des spectateurs que le dessin de la série Arcane est magnifique. Cependant, Durendal en tant que personne ne qui connaît la technique d’animation, voit surtout une bidouille technique pas très belle et y préfère des séries où les techniques employés sont plus conforme à l’état de l’art comme l’excellent film français Flow . Cependant, à mes yeux de néophyte totalement ignare, Arcane est plus belle et réussie techniquement.
En tant que technicien je ne peux que comprendre son sentiment. Moi aussi, dans mon métier d’informaticien, j’ai ressenti ce besoin de faire du code propre tout en sachant que l’utilisateur final ne verrait pas la différence, voire préférerait la version ‘défectueuse’. Je comprends ce besoin du technicien de faire des choses techniquement belles. Cet amour de comment l’objet a été fabriqué qui dépasse celui de l’objet en lui-même.
Cependant, est-ce que l’on peut dire que dans l’absolu, le dessin d’Arcane est moins beau que celui de Flow . Ou qu’il a moins de valeur. Que les gens comme moi qui préfèrent le dessin d'arcane ont tort ?
Personnellement, je ne pense pas. Ou en tout cas, je ne vois pas comment on pourrait l’argumenter. Je ne vois pas pourquoi les sentiments ressentis par le technicien qui connaît l’envers du décor auraient plus de valeur que ceux ressentis par le néophyte. On peut expliquer la raison de cette différence de perception, mais on ne peut pas dire que l’un a davantage raison que l’autre.
7) 1) 3) 2) Le pédantisme des experts pour pour les œuvre populaire est un handicap, pas une preuve de supériorité
D’ailleurs petit aparté, mais dans le domaine des sceptiques (dont je revendique avec fierté, faire partie malgré les énormes défauts de ce milieux de gros cerveaux adepte du harcèlement), on est souvent confronté à l’objection que les scientifiques avec tout leur savoir sont devenus incapables d’apprécier la beauté des choses simples. Que l’on ne sait plus s’émerveiller de la beauté d’une fleur à force de la réduire à des équations ou des relations de causes à effets.
En général, on répond qu’au contraire le biologiste est tout aussi capable que durant son enfant d’en apprécie la beauté, mais que grâce à la science il peut maintenant en apprécier des aspects cachés comme la beauté des mécanismes de la photosynthèse ou des équations fractales qui gouverne son développement.
Cependant, je pense que c’est une réponse erronée et qu’effectivement, le scientifique, le technicien, le critique d’art chevronné ne sont plus capables d’apprécier certaines choses de la même manière que le néophyte.
Souvent l’expert décrète alors avec pédantisme que le néophyte aime de la merde (pour être poli) et que son goût est supérieur. Que son savoir supérieur n’a pas modifié son goût, mais lui a donné accès à une forme de vérité supérieure.
Et je pense qu’il y a de ça dans la raison pour laquelle Al pense que ses avis sur la qualité d’une œuvre sont objectifs. Je pense qu’il croit avoir davantage de culture et donc avoir un avis plus informé. Que si les autres avaient les mêmes connaissances que lui, alors il se rangerait à son avis que les œuvres qu’il n’aime pas sont objectivement de la merde.
Et je pense d’ailleurs qu’il a raison. Pour moi, nous ne sommes que des ordinateurs au système d’exploitation à peu près tous identiques à la naissance, mais qui finissent par fournir des sorties différentes, principalement parce que leurs données d’entrées sont différentes. Dit plus simplement, si on avait tous les mêmes connaissances, tous le même vécu, alors on aurait pratiquement les mêmes opinions sur tout.
Mais, penser que le changement de goût qui s’est opéré lorsqu‘on eut acquis plus de culture est une amélioration est pour moi une erreur. Si je m’y connaissais plus en graphisme, je veux bien croie que j’apprécierais moins la série Arcane , mais je refuse de considérer cela comme une amélioration. Je considère au contraire cela comme une détérioration de ma capacité à apprécier une certaine forme de beauté, dont je ne me consolerais que parce que dans le même mouvement, j’aurais acquis la capacité d’apprécier d'autres formes de beauté qui m’étaient jusqu’alors inaccessibles.
En accumulant connaissance et expérience loin du cocon familial, je suis graduellement devenue incapable d’apprécier les séries et les films que nous avions l’habitude de partager avec ma mère.
Voir même je suis devenue allergique à ses moments comme le visionnage de l’épisode du jour de ‘plus belle la vie en famille’. Comment pourrais-je considérer cela autrement que comme une amputation ?
Pour moi, en sortant de la caverne, l’homme du mythe de Platon en échange d’un savoir supérieur à perdu la capacité à apprécier la beauté des ombres. À ressentir et à comprendre ce qui faisait leur valeur. D’une certaine manière, il a perdu accès à une forme de connaissance. Il n’y a pas à regretter cette perte mais il ne faut pas nier son existence derrière un élitisme qui énerve légitimement ceux qui ne font pas partie de nos cercles soi-disant supérieurs.
7) 1) 3) 3) Illustration dans le monde du jeux vidéo
Mais pour illustrer, prenons un exemple plus proche de notre sujet : les jeux vidéo. En effet, depuis des années, la plupart des critiques professionnels du jeu-vidéo crachent sur les opens-worlds grand public sous prétexte que leur gameplay et leur histoire sont trop convenues, manquent d’originalité et surtout sont rendus trop faciles par un level-design qui guiderait trop le joueur. Et ils semblent oublier de noter leurs autres qualités comme la beauté et le dépaysement apporté par leur monde (rempli de micro–transaction à la con). Mais, en vrai, il n’oublie pas, c’est juste que pour eux se sont des critères secondaires, alors qu’ils forment le cœur de l’expérience perçue par le joueur occasionnel qui ne joue qu’à deux jeux par an maximum et qui a bien le droit de consacrer sa vie à autres choses que le jeu vidéo. Ils oublient que pour ses joueurs occasionnels, un gameplay innovant et un level-design guidant moins le joueur serait surtout un obstacle inutile, vers l’expérience recherchée par ses joueurs occasionnels. Au fond, le joueur occasionnel n'ai pas un pigeon qui a mauvais goût, mais un adepte d’un autre type de jeux vidéo que les critiques ou les passionnés blasés par des jeux n’offrant bien souvent à leur joueur que le visionnage de beaux paysages. Je me retrouve largement parmi ses blasés des opens-worlds grand public, mais je pense que c'est une erreur de mépriser les goûts des joueurs occasionnels ou de vouloir la disparition es jeux qui lui sont destinés.
Même le meilleur plat du monde parait indigeste lorsqu’on la consommé des dizaines de fois par jour. Mais, ce n’est pas le plat qui est mauvais juste nos papilles qui ne sont plus capable de l’apprécier. Il en va de même pour ce que Al appelle la mélasse télévisuelle. Ce n’est pas que 90% des plats qui y sont servis sont nul mais que 90% des plats qui y sont servi le sont depuis des décennies de manière quasi identique.
Le spectateur occasionnel les percevra comme des dessins animés de qualité mais le passionné trouvera que c'est de la merde. Et, aucune des deux n'a plus raison que l'autre.Quoi que dans ce cas-là je pense que c'est le spectateur occasionnel qui a le plus raison. Cette mélasse est en général de bonne qualité c'est juste qu'on ne peut plus le percevoir.
7) 1) 3) 4) On a raison de mépriser parce nous on sait et on a une conscience social.
Par contre on a raison de mépriser les conditions de travail dans lesquelles ils sont faites, mais aussi désireux que je sois de vouloir lier les deux, pour donner un surcroît de moral à mes goûts personnels, je sais que cela n’a en fait rien à voir avec les opens-worlds ou les dessins animés de la mélasse et tout avoir avec le capitalisme.
Si le grand public se passionnait pour les jeux 2D en pixel art, on aurait les mêmes problèmes de crunch et de manque de créativité au sein des compagnies les produisant. D’ailleurs c’est ce qu’il se produisait dans les années 81-90, où s’était effectivement la mode. Si les studios de développements ne recrutent pas suffisamment pour pouvoir faire face sereinement à la masse de travail demandé par la création d’un open-world, ou s’ils ne réduisent pas leurs ambitions pour coller à leurs moyens limités, ce n’est pas à cause des open-world mais de la pression exercée par les actionnaires et leur concurrent sur le marché.
Si les développeurs n’ont pas leur mot à dire sur le produit final et que la prise de risque est interdite au sein de ses grosses productions, c'est également à cause de la légitime envie des actionnaires d’avoir un minime de chance d’avoir un retour sur investissement. Et puis, même si moi je n’aime pas ces jeux cathédraux, il y a une armée de gens qui les adore y compris chez les développeurs. En effet, il y a beaucoup de gens qui rêvent sincèrement de participer à leur création (même en tant que petite main qui aurait fait les buissons que personne ne remarque).
La réponse à leur apporter, c’est de les soutenir dans leur grève et dans leur revendication pour que les choses changent au sein de cette industrie, pas de dire à leur place ce qu’il faudrait produire comme jeux. Désolé pour cette énième digression aux accents de pamphlet politique, même dans un sujet parlant d’art je ne peux pas m’empêcher.
7) 1) 4) Jugement sur le critère politique
Mais c’est une transition parfaite pour une autre critique que j‘adresse à la vidéo de Al : pourquoi se refuser à juger les œuvres du point de vue politiques ? Pour d’ailleurs leur faire juste après.
7) 1) 4) 1) Réalisme contre idéalisme
Et oui, même s’il ne l’a sûrement pas remarqué, mais qu’un dessin anime est mauvais, car à un moment les personnages qui sont des chefs de guerre devant prendre des décisions importantes au sujet d’une bataille prochaine se mettent à rigoler et à faire des blagues potache entre eux sur la mort prochaine de leur soldat, c'est politique. Surtout dans la période de guerre que nous connaissons.
Dire que des officiers ne devraient pas avoir ce comportement et devraient être punis ou démis de leur fonction s’ils le faisaient, c’est politique. Dire que ce genre de chose ne devrait pas être représenté ou devrait être mal considéré par le public, c’est politique. Moi, au contraire, j’adore ce genre d’humour provocant et j’aime les séries qui savent avoir ce changement de ton.
Et surtout, je les trouve réalistes, car même lorsque l’on est un parangon de vertus, les témoignages de gens ayant connu des expériences difficiles montrent souvent que dans ces moments-là, on a besoin d’avoir ce genre de comportement immature qui au fond ne fond de mal à personne. Même si les circonstances le méritent, personne ne peut éternellement rester grave, sérieux et responsable.
Pour moi le point soulevé par Al n’est pas la différence entre une bonne œuvre et une mauvaise, mais entre une œuvre présentant une situation idéaliste et réaliste. Entre une œuvre présentant la situation, telle qu’on s’imagine qu’elle se déroulerait dans l’imaginaire collectif, contre comment elle se déroulerait d’après les rares personnes qui ont effectivement vécu ce genre de chose.
On est typiquement confronté au même problème qu’avec les spectateurs qui habitué au bruit exagéré des armes à feu dans les films, jugent que les bruitages d’un documentaire de guerre se voulant réaliste sont nulles et pas réalistes (car eux ont vu plein de films sur le sujet et savent donc qu’elle est le vrai bruit des armes à feu).
Pour Al ce genre de comportement ne peut être que le fait que de personnages immatures ou immoraux. Or, les personnages ne sont pas immatures ou immoraux. Il a donc l’impression d’une incohérence qui le sort du récit et qui en plus viole sa morale personnelle.
Alors que d’autres ne verront dans cette scène ni incohérence ni immoralité. Juste un moment drôle et touchant.
7) 1) 4) 2) La politique est un critère de jugement comme les autres
Mais clôturons cet exemple pour en revenir à mon vrai point : sans aller jusqu’à dire que tout est politique et que l’on devrait systématiquement aborder les dessins animés celons l’angle politique (dans la plupart des dessins animés même si ça peut être amusant, je reconnais que ce n’est pas pertinent et très casse-gueule de faire une analyse politique).
Sans aller non plus jusqu’à dire que l’on devrait rejeter les dessins animés qui ont un message politique contraire à nos valeurs (par exemple, j’adore Batman et Death-Note, mais je n’aime pas leur message), je pense que c’est un critère d’appréciation comme un autre. Pour moi, on devrait systématiquement dire lorsqu’un dessin animé contient un message qui nous a plu ou au contraire, lorsque la présence d’un élément politique a nuit à notre visionnage.
Pour moi, le politique devrait être un critère d’appréciation comme un autre d’une série ou d’un film. Surtout lorsque la politique était au centre des buts affichés par l‘artiste au moment de sa création.
Personnellement dans leur vidéo sur les adaptions en dessin anime des misérables de Victor Hugo, je pense qu’au moment de parler de la fidélité à l’œuvre d’origine il aurait été utile de parler davantage de la fidélité au message d’origine de l’œuvre de Victor Hugo et un peu moins à l’intrigue global ou aux symboles brandit par les personnages. En effet, je pense ne pas trop m’avancer en disant que pour un auteur aussi engagé à l’extrême gauche que Victor Hugo ce qui aurait le plus compté, c'est la fidélité des adaptations à ses idées politiques et pas que l’on décide de faire survivre certains personnages pour ne pas risquer de traumatiser les enfants.
Ce qu’il l’aurait dérangé, ce n’est pas tant qu’on édulcore la violence présente dans son roman, mais qu’on change le message et les responsables de cette violence. Après, leur vidéo est vraiment géniale et je comprends très bien pourquoi, dans leur cadre, il était plus pertinent de s’attarder sur d'autres aspects.
7) 1) 5) Jugement sur la maîtrise technique de l’auteur
Mais nous nous sommes beaucoup éloignés du sujet. Je vais juste terminer en évoquant rapidement un autre critère qui revient souvent chez ceux qui entendent juger objectivement de la qualité d’une œuvre qui serait le respect de l’intention initiale de l’auteur.
C’est-à-dire que si un auteur voulait raconter une histoire d’amour et que le résultat est une histoire d’amour, alors même si on n’aime pas les histoires d’amour, alors on serait obligé de reconnaître que c’est une œuvre de qualité. Mais personnellement, je trouve cela absurde. Tout ce que cela prouve, c'est la maîtrise technique de l’artiste, mais pas la qualité de l’œuvre. Si un artiste fait une comédie qui fait pleurer de rire tout le monde, mais que lui voulait faire une tragédie, est-ce que c’est une mauvaise œuvre (oui c’est le scénario du Schpountz ) ? Bien sûr que non.
À la rigueur, apprendre ce que voulait faire l’artiste à l’origine, peut nous faire reconsidérer une œuvre.
Par exemple lorsque que les gens apprennent que ce qu’ils ont détesté dans le film A.I. Intelligence artificielle de Steven Spielberg et y a été mis exprès par Spielberg, en sachant que cela déplairait à son publique, afin de rendre hommage à l’un de ses meilleurs amis morts peu de temps avant le tournage, en général cela change leur perception du film.
Mais est-ce que cela rend A.I. Intelligence artificielle meilleur (au passage, moi j’adore ce film justement grâce à ce que beaucoup considèrent comme des défauts)? Eh bien oui, d’une certaine manière, mais ceux qui continuent à n’y voir qu’un mauvais film n’ont pour moi pas davantage tort que ceux qui se mettent à l’aimer juste à cause de ça.
7) 1) 6) Conclusion
La conclusion de tout cela c’est que pour moi, il n’existe pas de manière de donner une valeur objective une œuvre, car il n’existe pas de critère universel.
Il en découle que pour moi, il n’existe pas de bonne ou de mauvaise manière d’analyser une œuvre. Pas de critère plus pertinent que d’autres. Pour moi, ceux comme l’odieux connard qui se focalisent uniquement sur le scénario et leur inévitable incohérence (réel ou supposé), sont tout aussi pertinents que ceux qui s’en fichent et se concentrent sur des critères plus graphiques.
Ceux qui se concentrent sur le message politique et rejettent ceux qui promeuvent des idées trop éloignées des leurs sont tout aussi pertinents que ceux qui s’en fichent et vont plutôt se demander si le message est cohérent d’un bout à l’autre de l’œuvre.
Pour moi, les œuvres qui ne plaisent qu’à un public de niche et celles qui plaisent au plus grand nombre sont tout aussi bonnes les unes que les autres. Pour moi, les œuvres qui ont un message, un thème ou des références qui vont traverser les siècles sont aussi pertinents que celles qui ne seront compréhensibles et appréciables que durant un très court laps de temps.
Pour moi, la valeur de ses œuvres n’est pas universelle, mais dépend totalement de celui qui les juge et aucun critère d’appréciation n’est meilleur qu’un autre.
Pour moi, la seule règle dans la critique, c'est de parler des aspects avec sincérité, des aspects qui nous ont plu ou déplut, mais sans être insultant, dénigrant ou harcelant. Et c’est là que j’ai un problème avec beaucoup de critiques sur internet.
Bien trop souvent, leur critique afin d’être drôle des œuvres qui leur ont déplu se transforme bien malgré eux en campagne de dénigrement (voire de harcèlement) de certaines œuvres ou auteurs qui paralysent de peur les studios. De manière assez contre-intuitive, je pense que les critiques qui se plaignent du manque de prise des créatifs de Hollywood sont l’une des causes de cette aversion au risque plus grande que jamais.
Pour y échapper, la meilleure méthode est celle qu’ont adoptée ses dessins animés qui mérite que l’on s'en souvienne : parler principalement des œuvres qui nous plaisent. Cela fait moins de vues, mais personnellement, je trouve cela plus agréable à regarder et les conséquences bien plus positives.
En un mot, malgré cette longue critique d’un point de détail de leur dernière vidéo, je soutiens à 100% leur décision d’arrêter les critiques négatives et j'espère qu'ils continueront pendant encore longtemps de nous régaler de leurs vidéos faites avec trois bouts de ficelle et beaucoup de passion.
8) Bonus : réponse à ploum
Je tiens d’abords à dire que j’adore le travail de ploum et que c’est grâce à lui si j’ai fini par ouvrir mon propre blog c’est grâce. Cependant je ressent le besoin de critiquer ce ce poste : https://ploum.net/2025-04-08-la-fin.html .
En gros je trouve que dan ce poste, il tombe dans le c’était mieux avant. En gros comme le dit l’aphorisme je trouve qu’il devrait moins juger et essayer de d’avantage comprendre. Et aussi envisager que les comportements qu’il attribue aux nouvelles technologie pourrait être due à autre choses. Après tout en 20 ans bien des choses ont changé. A commencer par lui-même. Comment être sûr que ce sont bien les étudiants qui ont changé et non la vision qu’il en a et qui avec l’âge se serait idéalisé (non, je vous assure je ne le traite pas de vieux cons).
Et d’ailleurs sa défense de l’écrit comme une forme supérieur d’échange et la glorification de la voix intérieure m’a tout de suite fait penser à cette phrase de Platon :
« L'apprentissage par l'écriture serait vain en ce qu'il ne fournirait qu'une apparence de savoir, et dispenserait l'apprenant de compréhension propre. L'écriture ne devrait ainsi jamais être qu'un aide-mémoire pour s'aider à retrouver un mouvement de pensée à oraliser. »
C’est marrant de se dire qu’il y a 2000 ans, c’est ce qu’il appele la voix intérieure qui était considérer par les grands intellectuels comme une forme inférieur d’apprentissage.
Je pense personnellement qu’aucune de ses formes n’est inférieur à l’autre. Je pense que tout le monde à des fonctionnent cognitif différent et qu’ils produisent des esprits complémentaires. Je pense qu’il y a des personnes qui apprennent mieux avec l ‘oral qu’avec l’écrit et qu’elles ne font pas de moins bon scientifique ingénie ou tout simplement citoyen que ceux qui ont une prédisposions pour l’écrit.
Mais si je devais choisir je pense devoir donner raison à Aristote contre lui. L’écriture étant un phénomène très récent à l’échelle de l’évolution, il me semblerait logique que le cerveau soit optimisé pour apprendre lors d’échange oral. Cane veut pas dire que c’est moi qui ai raison mai qu’il n’est pas aussi intuitif que ce qu’il appelle le déchiffrement soit la forme d’apprentissage la moins optimal.
9) Bonus : quoi dire a un manager qui réagit mal lorsqu’on lui dut non
Récemment j’ai du refuser une demande de mon manager ; J’ai obtenue gain de cause car jetait dans mon droit et que je pouvais argumenter que ce refus était autant dans mon intérêt que celui de l’entreprise. Cependant même s‘il n’a rien dit j’ai eu l’impression qu’il l’a mal pris. Pour me venger de ce moment j’ai écrit ici ce que j’aurai aimé lui dire mais qui ne m’ai pas venue en tête sur le moment :
C’est normal de devoir dire non. C’est ça, le principe de la communication : prendre en compte le point de vue et les besoins de l’autre. C’est d’ailleurs ce qui fait la supériorité de la communication par rapport à une gestion autoritaire. Sans la possibilité de dire non, et si on considère ça comme une attaque, ça devient juste des discussions inutiles et des pertes de temps.