Le blog de Serpentfou

Mes fictions et mes opinions dont tout le monde se fout

🇫🇷 Français

Géopolitique

Icône de l’article

Resume

Mes opinions sur les problème géopolitique

1) Ma vision des relations internationales

Pour moi et plus généralement pour une grande partie de la gauche altermondialiste, que ce soit au niveau national ou international, le monde est composé de différents groupes aux frontières changeantes qui défendent leurs intérêts par tous les moyens à leur disposition.

Autrement dit, contrairement à la vision propagée par beaucoup de médias et de géopoliticiens, pour moi, le monde n’est pas organisé en peuples culturellement homogènes qui s’organisent et agissent sur la scène internationale selon des valeurs et des visions du monde qui leur sont propres et qui changent très lentement (voire pas du tout). Pour moi, au contraire, les peuples sont divisés en de multiples groupes sociaux qui ont des cultures, des visions du monde et des intérêts très différents.

Pour moi, ce qui motive les États, ce n’est pas la défense de valeurs ou des façons de faire intrinsèques à la culture de leur peuple, mais la défense des intérêts du groupe social qui contrôle l’État. Ou plutôt d’un compromis entre les intérêts de plusieurs groupes sociaux au sein de cet État (car en général, il n’existe pas un groupe suffisamment nombreux ou puissant pour imposer ses volontés à tous les autres).

Pour être plus clair, prenons un exemple. Pour moi, ce qui a motivé la France à intervenir en Libye pour renverser Kadhafi, ce n’est pas la défense de valeurs humanistes ou des droits de l’homme. Ce qui a motivé cette intervention, c’est que les groupes sociaux les plus influents en France y trouvaient leur intérêt ou y étaient indifférents. Par exemple, les dirigeants et actionnaires de grands groupes français comme Total se sentaient menacés par les velléités de renationalisation du pétrole libyen par Kadhafi (source : mouammar-kadhafi-menace-de-nationaliser-les-entreprises-petrolieres-travaillant-en-libye ). Et des politiciens comme Sarkozy voyaient dans la guerre un bon moyen d’obtenir du prestige militaire et de focaliser le débat public sur autre chose que la crise économique (et de se débarrasser d’un personnage gênant).

Si au contraire le gouvernement libyen avait mené une politique très favorable aux grands groupes français et s'ils avaient eu peur que son remplaçant soit moins accommodant, pour moi, on aurait traité la répression des révoltes en Libye comme on a traité celles en Égypte ou comme on a traité la guerre au Yémen. C’est-à-dire qu’on en aurait peu parlé dans les médias. Ou alors comme d’une boucherie lointaine et regrettable, mais qui ne nous concerne pas et auxquelles on n'a aucun moyen de s’opposer. En bref, comme une affaire interne à la Libye. Et au passage, on aurait profité du conflit pour essayer de vendre des armes à Kadhafi.

Pour conclure cette partie, pour moi, il n’existe pas d’État moral ou pacifique. Il existe juste des propagandes qui le font croire et plus rarement des États dirigés par des groupes qui ont (temporairement) intérêt à une politique morale ou pacifique.

1) 1) Complément : Pourquoi le mal

Récemment des évangéliste sont venue chez moi pour tenter de me convertir. Autant dire qu’il ne savais pas dans quoi il venait de s’embarquer. Je pourrais vous faire le récit de cette rencontre avec quelque exagération. ce serait sans doute aussi drôle à écrire qu’à lire mais sa phrase d’ouverture c’était : Pourquoi le monde va mal à votre avis. Sa réponse à lui bien sur c’était l’influence du diable et le manque de fois mais en ce qui me concerne la réponse est un poil plus compliqué que cela . En ce qui me concerne même si le diable est effectivement responsable de tout les malheurs du monde ça n’épuise pas le sujet. Il faudrait encore dire comment il agit, pourquoi, qu’est ce qu’il veut, comment on sait tout ça et qu’elles sont les moyens pour le priver de son pouvoir, le diminuer ou le faire changer d’avis.

Mais je m’égare. Si j’ai fait cette longue digression c’est pour expliquer que suite à cette conversation m’ai venue le besoin de faire un ajout a cette partie. Dans ce qui vient de précéder j’ai expliqué ma vision de comment fonctionne les relation entre état. Mais suite à cette conversation j’ai ressenti le besoin de trouver une explication à pourquoi c’est comme ça. Pourquoi est ce que se système qui va à l’encontre des souhait et des valeur morales de la plupart des gens perdures ? Il y a bien sur plusieurs réponse à cette question.

Déjà un bon gauchiste je dois commencer par dire qu’il y a une partie de la population, qui est très content de la manière dont le monde fonctionne. Pour Trump, Poutine et leurs soutient c’est très bien que les relation international soit dominer par la loi du plus fort et la poursuite de ses intérêt égoïste . Au contraire pour eux le monde ne serait pas assez soumis au volonté des puissants. Les pauvres c’est fait pour être très pauvres, les riches pour être très riches et les faibles pour que les puissants leur marche dessus.

Mais ses gens ne représente qu’une minorité et comme Bourdieu en son temps je me demande pourquoi les masses accepte docilement cet état de fait. Pourquoi est ce qu’au lieu de provoqué des révoltes, les actualité internalisation ne provoque que résignation, ennui et dédain. Là encore il y a plein de réponse mais pour moi c’est Dumbledore dans le tome 4 d’Harry Potter qui donne la meilleur explication : « Nous aurons bientôt le choix entre le bien et la facilité ». Si la plupart des gens ne font rien ce n’est pas parce qu’il serait convaincu qu’il ne faudrait rien faire mais parce qu’agir est difficile et risqué. Par exemple, dans le cadre de mon travail j’ai été l’une des petite main qui ont implémenter les sanction sur l’Iran. A l’époque, je savais que ses sanctions était aussi illégal qu’immoral (voir la fin de cette vidéo pour plus d’info : LA VIOLENCE INSTITUTIONNALISÉE - Le droit international #2 ).

Je savais que dans l’histoire il n’y a pas d’exemple de cas ou des sanctions économiques ai fait tomber un régime. Je savais qu’au contraire ce type de sanction ont tendance à souder la population autour de son gouvernement et à lui fournir un boucs émissaire. Le seul contre exemple est l’Afrique du sud mais c’est plus la défaite militaire favoriser par ses sanctions qui a fait chuter le régime que les sanctions elle même.

Et même si c’était efficace on sait tous que nos dirigeants ne veulent pas d’un régime démocratique ou respectueux des droits de l’homme en Iran. Ce qu’ils veulent c’est que la mafia qui exploite actuellement l’Iran pour son bénéfice exclusif soit remplacer par une autre mafia qui exploitera l’Iran pour le profit des mafias qui dirige l’occident. Si ses sanction avait un jour pour conséquence que des manifestation monstre se produisait en Iran ils en profiterait pour imposer un dictateur à leur botte à la tête de l’Iran en bombardant les récalcitrants au nom de la défense du peule et de la liberté contre une dictature islamiste sanguinaire.

Je savais tout ça et pourtant je l’ai fait.  En conséquence j’ai participé à mon échelle très réduite à tuer des enfants innocents (ses sanction entraîne impossibilité d’importer légalement certain médicament donc provoque chaque année la mort d’enfant de maladie parfaitement soignable parce que leur parent ne sont pas assez riche pour se fournir sur le marché noire). Pour quoi je l’ai fait ? Tout simplement car j’ai un boulot en or et que je ne voulais pas démissionner à titre de protestation. Agir aurait été très coûteux pour au final un résultat minime.

Je pense que ce type de lâcheté et une bonne dose d’ignorance entretenue par nos managers sur les effet de notre travail sont les principaux responsable de l’apathie généralisé.

2) Ukraine ou la lutte contre l’international fasciste

Je suppose que tout comme moi, depuis quelque temps, vous êtes bombardé d’informations sur la guerre en Ukraine et que vous commencez à en avoir marre. Que ce soit dans la presse mainstream ou dans les médias indépendants, on parle en permanence de la guerre en Ukraine. Résultat : après être devenus des experts en épidémiologie, puis en gestion du réseau électrique européen, puis sur le réchauffement climatique, la plupart des blogueurs et autres influenceurs sont devenus experts en géopolitique.

Mais comment leur jeter la pierre tant les événements que nous sommes en train de vivre semblent historiques. Cette semaine, qui a vu s’enchaîner le discours de J.D. Vance à la conférence de Munich et l’humiliation publique de Zelensky par Trump (même si pour moi, ce sont plutôt les USA qui ont été humiliés par Trump lors de cette séquence), rentrera probablement dans les livres d’histoire européens comme le début d’un bouleversement complet des alliances qui assuraient la sécurité et la prospérité de l’Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Bouleversement qui entraînera probablement à son tour des changements économiques et politiques profonds de l'Union européenne et de ses États membres.

Aussi exaspérant que cela puisse être, il est donc normal et même souhaitable que l’on en parle en long, en large et en travers et que chacun donne son avis.

Cependant, jusqu’à présent, je pensais me taire sur ce sujet et cela pour deux raisons. La première, c’est que jusqu’à très récemment, je n’avais pas grand-chose d’original à dire sur le sujet. La deuxième, c’est que malgré ma boulimie récente d’opinions et d’informations parfois contradictoires sur cette guerre, je ne savais pas quoi en penser et quelle position soutenir. En effet, même si je me sentais plus proche de ceux soutenant l’Ukraine inconditionnellement, défendre cette position me faisait ressentir un malaise que je ne m’expliquais pas. Malaise exacerbé lorsque j’écoutais les arguments des autoproclamés « pacifiques » qui, même s’ils ne me convainquaient pas, me faisaient sérieusement douter (et qui en plus sont pour une bonne partie de mon camp politique).

En effet, je ne savais pas trop quoi répondre à leurs arguments phares qui sont :

Poutine et la Russie ne vont pas disparaître comme par magie, il faudra bien un jour négocier la paix avec eux et, à part des milliers de morts en plus, qu’est-ce que l’on peut bien espérer en prolongeant cette guerre ? À part un lent et meurtrier grignotage du territoire ukrainien par la Russie, que peut-on espérer de la poursuite de cette guerre ? Quelles sont les chances que plus d’armes et de temps permettent de bouleverser le rapport de force ? Et surtout, à quel moment considérera-t-on que le rapport de force est suffisamment en notre faveur pour enfin commencer à négocier ? Est-ce que les gains territoriaux que l’Ukraine pourrait arracher à la Russie, si elle négociait dans une position plus confortable méritent vraiment de sacrifier autant d’hommes ? Et d’ailleurs, est-ce que les Ukrainiens sont vraiment d’accord avec ça ou est-ce qu’ils sont juste trompés par des années de propagande de guerre qui font passer les Russes pour des monstres qu’ils ne sont pas (mais qui n’est pas dur à avaler étant donné les exactions commises par la Russie contre les Ukrainiens durant cette guerre).

Et puis récemment, j’ai eu le déclic. J’ai compris ce qui me dérangeait et j’ai forgé une opinion que je pense originale sur ce conflit et j’ai donc décidé de la partager.

Mais pour parler du futur de l’Ukraine, il faut d’abord parler de son passé. Et à l’occasion, je vais faire un mea-culpa. Ma position sur les origines du conflit a, jusqu’à très récemment, été celle propagée par la propagande russe et relayée (entre autres) par la France Insoumise (et les médias qui lui sont proches).

En effet à mon grand désarroi, depuis le début de la guerre en Ukraine, la gauche française se vautre soit dans un bellicisme écœurant (notamment au PS et chez EELV), soit dans un soutien mal assumé au régime fasciste de Poutine.

Comme d’habitude à gauche, seul le NPA semble avoir une approche raisonnée de la situation. Cela ne veut pas dire que je suis d’accord avec eux, loin de là, mais au moins ils font l’effort d’utiliser leur cerveau avant de donner leur avis.

Bon, en vrai, je critique, mais en fait, à leur place, je ferais beaucoup moins bien. En effet, il est très difficile de se construire un avis sur le sujet tant on est noyé par la propagande de guerre des deux camps. Et eux, contrairement à moi, doivent immédiatement donner un avis, en plus à l’oral et en tenant compte des contraintes électorales et de ce qu'ils pensent être l'avis de leurs électeurs (ah, les élections, c'est tellement génial).

Malgré mon manque de compétence sur le sujet, comme je ne retrouvais mon avis nulle part et que l'on a grand besoin que davantage de personnes fassent la promotion de solutions pacifiques et réalistes au conflit, j'ai écrit cet article de blog.

2) 1) Ma vision de l’histoire récente de l’Ukraine

Et la guerre en Ukraine dans tout ça ?

Eh bien, pour moi, depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Ukraine a été traitée par la Russie comme une colonie. C’est-à-dire que dans l’URSS, les Ukrainiens étaient traités comme des citoyens de seconde zone. Ce qui implique, entre autres choses, que l’essentiel de la richesse produite par les Ukrainiens était accaparé par des Russes, que les postes de pouvoir étaient en grande partie réservés à des Russes et qu’au quotidien les Ukrainiens subissaient des brimades de la part du pouvoir russe (comme une répression de la langue ukrainienne).

Et cela, non pas parce que les Russes étaient méchants, mais parce que les dirigeants de l’URSS et une bonne partie des Russes considéraient que c’était dans leur intérêt. À la chute de l’URSS, la relation entre la Russie et l’Ukraine est devenue semblable à celle entre la France et ses anciennes colonies. C’est-à-dire que sur le papier l’Ukraine était devenue indépendante, mais dans les faits la Russie usait de divers moyens pour imposer en Ukraine des dirigeants favorables aux intérêts russes (ou plutôt à l’intérêt des dirigeants de la Russie). Et quand, pour une raison ou une autre, les élites dirigeantes ukrainiennes allaient à l’encontre de l’intérêt russe, le gouvernement russe prenait des mesures de représailles pour les forcer à revenir dans le droit chemin.

Et encore une fois, tous les États font pareil. La France et les USA font la même chose partout où ils le peuvent. Et en parlant des Occidentaux, cette situation déplaisait à beaucoup de gens. Tout d’abord, elle déplaisait à la plupart des Ukrainiens, car les dirigeants imposés par la Russie étaient corrompus, incompétents et pas tendres envers ceux qui osaient exprimer des opinions contraires. Mais surtout, elle déplaisait beaucoup aux dirigeants occidentaux qui trouvaient très désagréable de voir les entreprises russes rafler systématiquement des marchés ou des contrats très lucratifs (entre autres choses, les motivations des puissants ne sont pas qu’économiques). En conséquence, pendant des années, l’Occident a soutenu les groupes d’opposition pro-occidentaux. Oui, c’est de l’ingérence identique à celle dont on accuse aujourd’hui Musk, et pour moi ce n’est ni exceptionnel ni mal lorsque ça ne dépasse pas certaines limites (comme la livraison d’armes à des groupes d’opposition violents) et que les groupes promus ne sont pas d’extrême droite (et oui, les USA ont régulièrement soutenu des mouvements rebelles d’extrême droite comme les talibans en Afghanistan dans les années 80).

Ensuite, quand une révolte a éclaté en Ukraine, l’Occident l’a soutenue de toutes ses forces. Sans que l’on puisse déterminer si le soutien de l’Occident à ces révoltes a joué ou non un rôle, la population ukrainienne s'est massivement ralliée à ce mouvement de colère et ainsi la révolte s’est transformée en révolution qui a porté au pouvoir des groupes soutenus par l’Occident (car c’étaient eux les mieux organisés et financés). Ces groupes ont ensuite cherché à stabiliser leur pouvoir en trouvant un équilibre entre satisfaire les demandes de l’Occident, démocratiser le pays, lutter contre la corruption, enrichir les Ukrainiens (en priorité les plus puissants) et répondre aux demandes sociales des Ukrainiens afin de créer une base sociale qui soutienne le nouveau régime. En gros, même si cette révolution n’était pas le grand soir, c’était une amélioration des conditions de vie de la plupart des Ukrainiens. En soutenant la révolution en Ukraine, pour une fois, la position des États occidentaux était plutôt bien alignée sur les valeurs qu’ils prétendent défendre.

En revanche, ce changement n’a pas du tout plu à la Russie. En réponse, elle a envoyé son armée tenter de remettre son vassal sur le droit chemin. Elle a très facilement repris le contrôle de la Crimée. Cependant, dans les autres régions, l’armée russe a dû faire face à une forte résistance ukrainienne et Poutine a dû accepter qu’il ne pourrait pas reprendre le reste du territoire ukrainien sans sacrifier énormément d’hommes, de temps, d’argent et de prestige. Et inversement, les Occidentaux ne pouvaient espérer que l’Ukraine reconquière militairement ses territoires perdus à la Russie. Il y a donc eu des négociations entre les gouvernements russe, occidentaux et ukrainien qui ont abouti aux accords de Minsk, qui consistent en gros à dire que la Russie peut garder la Crimée et que l’Ukraine va devenir un État fédéral divisé entre une partie Est, sous influence russe, et une partie Ouest sous influence ukrainienne. En échange, la Russie promet de respecter les frontières ukrainiennes et de retirer ses troupes de la zone.

La Russie n’a pas signé cela par gentillesse ou respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, mais parce que cela lui permettait de sécuriser ses gains et qu’une guerre trop longue aurait été coûteuse et aurait mis à mal ses relations commerciales avec l’Allemagne (et les dirigeants russes ont besoin de l’argent que leur rapporte le commerce de gaz avec l’Allemagne pour se maintenir au pouvoir). Et inversement, les Occidentaux ont signé cet accord, car cela permettait aux Occidentaux de sécuriser leurs gains et que la poursuite de la guerre leur aurait également coûté très cher (avec en plus de fortes chances de perdre). Quant au gouvernement ukrainien, ce n’était pas le deal dont il rêvait, mais il n’avait pas d’autre choix que de l’accepter.

Huit ans passèrent où l’Ukraine profita de la paix pour panser ses blessures et profiter des faibles et fragiles acquis de sa révolution. Cependant, les accords de Minsk ne furent pas respectés. Il n’y eut aucun désarmement de l’Ukraine et aucune réforme vers davantage d’autonomie des régions de l’est de l’Ukraine.

Au contraire, durant ces huit ans, Kiev tenta de raffermir son emprise sur l’ouest, réprima les minorités russophones perçues comme des partisans de la Russie et pas de vrais citoyens ukrainiens. Mais surtout, elle a commencé à se réarmer, a cultivé ses liens avec les USA et essaie de rentrer dans l’OTAN (ce qui est vu par Moscou comme une menace importante pour sa sécurité et une ligne rouge à ne pas dépasser). En conséquence, après plusieurs ultimatums où elle a exigé le respect des accords de Minsk et des garanties que l’Ukraine ne rejoigne jamais l’OTAN, la Russie, dont l’armée avait considérablement gagné en puissance et qui était persuadée qu’une grande partie des Ukrainiens n’était pas radicalement opposée à revenir dans le giron russe, décida d’envahir l’Ukraine, persuadée que la guerre serait tellement rapide que les Occidentaux n’auraient pas le temps de protester. Cependant, la Russie a grandement surestimé la puissance de son armée et sous-estimé l’attachement des Ukrainiens à leur indépendance récemment acquise.

La suite, vous la connaissez. Voyant là une opportunité en or d’accroître son influence en Europe, d’affaiblir la Russie et d’éliminer un rival sur le marché du gaz, les USA ont massivement soutenu l’Ukraine et forcé leurs alliés à en faire de même. Et au passage, avec l’Angleterre, ils auraient saboté les négociations de paix qui ont eu lieu quelques mois après le début du conflit et qui étaient sur le point d’aboutir à un accord entre l’Ukraine et la Russie (honnêtement, cette partie-là, je n’ai jamais su si je devais y croire ou non).

Si on croit à cette vision du conflit, alors la Russie n’est pas plus une menace pour l’Europe que les USA ou la Chine. Si on croit à cette version de l’histoire, alors la responsabilité de cette guerre incombe autant à la Russie qui a déclaré la guerre, qu’à l’Occident et à l’Ukraine qui l’a poussée à cette décision. De la même manière que c’est à la fois personne et tout le monde qui est responsable de la Première Guerre mondiale (et pas seulement le premier pays à avoir déclaré la guerre), c’est à la fois personne et tout le monde qui est responsable de la guerre en Ukraine.

Cependant, le camp dont les revendications semblent les plus légitimes et raisonnables semble être celui de la Russie, et la marche à suivre pour nous Français semble être d’exiger un cessez-le-feu immédiat sous peine d’arrêter d’envoyer des armes à l’Ukraine (encore une fois, si on est d’accord avec cette version de l’histoire). Puis de négocier la paix avec un Poutine qui n’est pas plus monstrueux, irraisonnable ou indigne de confiance que n’importe quel autre dirigeant de grande puissance.

À ma décharge, il faut noter que l’explication alternative promue par les médias mainstream d’une Russie nazie qui considère depuis toujours qu’elle va disparaître si elle n’augmente pas son espace vital en envahissant tous ses voisins pour en faire des colonies (et qui donc n’acceptera jamais de négocier la paix avec ses voisins puisque la conquête est un enjeu existentiel pour elle), n’est pas très crédible.

Déjà parce que cela semble impensable que le gouvernement d’un grand pays comme la Russie pense comme cela, mais surtout parce que dans les années précédant la guerre en Ukraine, la Russie n’avait rien d’un État ultra-nationaliste ou opposé à l’Occident. Je rappelle que jusqu’en 2014, la Russie collaborait étroitement avec l’OTAN, au point que des groupes de gauche et d’ultra-nationalistes russes ont manifesté à Moscou pour dénoncer l’aide et la collaboration trop importante de la Russie avec l’OTAN (source : russians-protest-plan-for-nato ).

Et puis ses discours ressembleraient étrangement à la propagande russe bas de gamme d’une Ukraine qu’il faudrait dénazifier pour assurer la sécurité. Cependant, j’avais oublié que, contrairement à la fiction, la réalité n’a pas besoin d’être crédible.

Quant aux cris d’indignation poussés par nos dirigeants contre la Russie, parce qu’elle tente de renverser un gouvernement démocratiquement élu ou qu’elle s’oppose aux droits des peuples à disposer d’eux-mêmes, ils sont juste pitoyablement ridicules tant leur hypocrisie est flagrante pour qui a un tout petit peu de mémoire. Déjà, parce que l’Ukraine n’est pas plus une démocratie que la France (car aussi bizarre que cela puisse paraître aux éditorialistes et autres propagandistes, la démocratie et la dictature ne sont pas les seuls régimes qui existent, et tenter d’intégrer au forceps la France dans les régimes démocratiques alors que l’on n’est même pas un régime parlementaire fait qu’on se demande si on vit vraiment sur la même planète). Mais surtout parce que les États occidentaux violent régulièrement la souveraineté des autres États, les décisions de l’ONU et les traités internationaux qu’ils ont signés.

Bon, d’accord, je caricature un peu (beaucoup), mais je ne suis pas si loin que ça de la vérité. Pour avoir une présentation un peu plus honnête (et beaucoup moins drôle) de la position mainstream sur les origines du conflit et les motivations de la Russie, je vous encourage à écouter ce podcast récent du Collimateur (émission que j’aime beaucoup) : Que négocie-t-on avec Vladimir Poutine ?  

2) 2) Un changement dans la méta : la montée du fascisme

Cependant, les récents événements m'ont fait comprendre que la montée de l’extrême droite rend ce modèle obsolète. En effet, si vous suivez l’actualité, vous n’aurez sans doute pas manqué de remarquer que ce raisonnement est en totale contradiction avec ce que disent les officiels russes. En effet, si on s’intéresse à ce que disent ou écrivent les responsables russes, on se rend compte que la thèse des médias mainstream d’une Russie nazifiée pour qui la conquête de ses voisins est un enjeu vital n’est pas sans fondement.

Jusqu’à présent, je balayais cette objection en mettant ces discours en parallèle de ceux de Sarkozy, Attal, Retailleau ou Darmanin. Eux aussi, si on prend au premier degré ce qu’ils disent, on est obligé d’en conclure que ce sont des nazis qui ne seraient pas contre un bon génocide. Cependant, lorsqu’on compare leurs actes et leurs paroles, on est bien obligé d’admettre que même si ce sont de sacrés #*$@ (ce n’est pas une injure, mais le terme technique pour désigner ce type d’irresponsables politiques), ce ne sont pas des nazis. Ce sont juste des démagogues prêts à tout pour que l’on parle d’eux dans les médias, car ils sont persuadés (et à raison selon moi) que le meilleur moyen de faire carrière en politique est d’être omniprésent dans les médias.

Eh bien, je pensais que ces outrances de la part de responsables russes et même de Poutine n’étaient que ça : des outrances. Pour moi, il était juste impensable qu’ils puissent réellement croire en de telles conneries, qu’on puisse à un tel niveau de responsabilité être tellement déconnecté de la réalité et de la logique la plus élémentaire. Surtout que, je le répète, dans les années 2000, Poutine avait mené une politique tout à fait conventionnelle et à des kilomètres de l’ultranationalisme qu’il prône aujourd’hui.

Cependant, le début du mandat de Trump me force à revoir ma copie. Aussi aberrant que cela puisse paraître, certains profèrent ces discours avec sincérité et ils se trouvent une masse d’abrutis pour les suivre. Encore une fois, ce n’est pas une insulte, mais le terme technique à utiliser pour désigner ces abrutis (là, par contre, c’était une insulte). Et en Europe, on n’est pas en reste.

Lorsque j’étais étudiant, il y a plus de 10 ans maintenant, je discutais régulièrement avec un doctorant venu de Chine. Un jour où l’actualité tournait autour des tensions entre la Chine et le Japon pour la souveraineté sur des îles inhabitées et des pêcheurs qui avaient l’outrecuidance de ne pas se soucier de la ligne invisible qui sépare les eaux chinoises et japonaises, il m’a dit que la Chine devait s’armer et être ferme pour ne pas se retrouver envahie et asservie par le Japon. Ce jour-là, je n’ai rien dit, mais je trouvais particulièrement absurde l’idée qu’un petit pays vieillissant et faiblement armé de 180 millions d’habitants comme le Japon puisse menacer un géant nucléarisé de 1,4 milliard d’habitants comme la Chine. Mais aujourd’hui, je constate que les 500 millions d’Européens ne parlent que de s’armer massivement pour résister à la terrible menace que représentent les 140 millions de Russes.

Alors oui, bien sûr, c’est positif que l’Europe fasse enfin des efforts pour devenir indépendante des USA (surtout avec Trump au pouvoir) et que l’on se coordonne davantage. Cependant, même en supposant que la Russie voudrait nous attaquer, comment peut-on sérieusement penser qu’elle pourrait le faire ? Outre le fait que la population russe est l’une des plus vieillissantes d’Europe et qu’elle a déjà perdu une bonne partie de sa jeunesse apte à servir en Ukraine, il y a surtout le fait que même en 2025, son budget militaire est près de trois fois inférieur à celui cumulé des pays membres de l’UE (source : consilium.europa.eu et 130-milliards-d-euros-la-russie-prevoit-un-budget-militaire-record-pour-2025 ), alors que, contrairement à la Russie, l’UE est en paix et que la plupart de ses États membres consacrent très peu de ressources à leur armée. Conclusion la disproportion des forces est juste trop importante pour que l’on puisse rationnellement se sentir menacé (sauf si on considère le nombre de têtes nucléaires russes, mais ça, c’est un sujet un peu à part). Qu’est-ce que cela va changer si on passe d’un budget militaire trois fois supérieur à celui de la Russie à un budget cinq fois supérieur ? À partir de quel multiple est-ce que l’on se sentira enfin en sécurité ?

Bien sûr, au début, je me suis dit que, comme la plupart des déclarations des dirigeants européens, il ne s’agissait que de paroles en l’air. Que de bruit qui ne méritait pas de retenir notre attention. Mais en fait, il semble que ce coup-ci, ils soient totalement sérieux. Ils pensent vraiment que l’une des priorités de l’UE est de s’armer davantage.

Pour nos dirigeants, ce qui renforce le plus la sécurité et la souveraineté de l’UE, n’est pas de faire une transition énergétique la plus rapide possible afin de ne plus être dépendants du gaz ou du pétrole russe, saoudien et américain (et donc de financer la guerre en Ukraine par nos achats de gaz ou le fondamentalisme islamique par nos achats de pétrole).

Pour nos dirigeants, ce qui permet de lutter contre la menace fasciste, ce n’est pas de soumettre les riches au même taux d’imposition que les classes moyennes afin que l’on puisse financer des politiques sociales ambitieuses et remettre sur pied nos services publics.

Pour eux, ce qui est le plus utile, c’est d’avoir encore plus d’armes. Question : si les 300 ogives nucléaires françaises ne suffisent pas à nous garantir notre sécurité, alors à quoi servent-elles ? Combien en faudrait-il pour que notre dissuasion nucléaire soit enfin efficace ?

Donc, partout autour de moi, j’observe que des discours militaristes complètement délirants montent et qu’en plus, ils proviennent de gens qui, jusqu’à présent, étaient totalement opposés à ce genre de discours et avaient même soutenu les baisses des budgets militaires décidées par Hollande afin de pouvoir davantage arroser les milliardaires d’argent public et de baisses d’impôts (ce n’était guère réjouissant comme politique, mais je préférais). Du coup, je commence à penser qu’il est envisageable que les discours similaires provenant de la Russie soient à prendre au premier degré et que le régime russe a bel et bien basculé dans l’ultranationalisme.

Surtout que j’ai récemment découvert qu’il existait une version alternative de l’histoire récente de l’Ukraine plutôt crédible, disant que les accords de Minsk sont inapplicables et que tous les signataires le savaient. Je ne vais pas m’étendre sur les détails, mais cela détruit le narratif russe que j’ai exposé précédemment d’une Russie qui avait des demandes raisonnables en échange de la non-invasion de l’Ukraine.

Ce qui fait qu’aussi suicidaire et fou que cela puisse paraître, il est bien possible que dans les années à venir, la Russie déclare la guerre à un pays membre de l’UE ou inversement qu’un pays membre de l’UE déclare la guerre à la Russie (il faut bien qu’elles servent, toutes ces armes, et je ne crois pas que nos dirigeants soient plus vertueux ou pacifiques que ceux des Russes).

Et cette perspective me terrorise. Au point que mon premier réflexe a été de me dire qu’égoïstement, la politique actuelle de nos dirigeants était un moindre mal. Après tout, plus on fournira d’armes à l’Ukraine, plus la guerre se prolongera et plus l’armée russe sera affaiblie lorsque viendra le jour de l'affrontement final. Et plus nos budgets militaires auront été élevés, plus le risque que les civils tels que moi en subissent des désagréments sera faible (à condition que cette augmentation des budgets militaires ne serve pas d'excuse pour de nouvelles politiques d'austérité). Une position très rufiniste (ce qui prouve que c’est une mauvaise position).

2) 3) On ne lutte pas contre la Russie

Avant de poursuivre j’aimerais faire une longue digression pour être sûr que vous ayez bien compris un point fondamental pour moi : On ne lutte pas contre la Russie.

Pour être franc, je me fiche complètement que la Russie envahisse la Pologne, les pays baltes ou même la France, dans le sens où je n’ai pas d’attachement particulier aux frontières, aux langues, aux drapeaux, ou à l’emplacement de la capitale.

Ou en tout cas je considère que l'enjeu ne mérite pas que l'on verse ne serait-ce qu'une seule goutte de sang pour elle. Il y a sans doute des causes qui méritent que l’on meure pour elle, mais le nom et les frontières des structures supranationales qui administre l’Eurasie n’en fait pas partie. Et chaque heure de vie passée à fabriquer des armes ou à s'en servir est un crime contre notre humanité.

Pour moi, les communes, les régions ou les nations ne sont que des administrations auxquelles je n'ai aucune attache émotionnelle. Si demain, on me dit que ma commune va fusionner avec Trifouillis-les-Oies, je ne vais pas crier à la disparition de mon identité. Je n'en aurais juste rien à foutre. J’y verrai juste un changement administratif sans impact sur ma vie. Il en va de même pour les nations.

Personnellement lorsque la guerre en ukrainien a commence ma première réaction ça a été : « que les membres de l’UE rejoignent la fédération de Russie ou que les membres de la fédération de Russie rejoignent l’UE  mais foutez nous la paix avec vos guerres inutiles pour des lignes imaginaires sur une carte». Pour moi les Russes qui souhaitent cette invasion sont aussi cons que les Ukrainiens qui y resiste. Et ceux qui les aides à résister en leur vendant des armes des criminelles qui sont prêts à balancer par la fenêtre 80 ans de paix et de stabilité pour quelques euros suplementaire. De toute manière même si nous étions tous envahies par la Russie et contraint de rejoindre la fédération notre poids démographique, économique et culturelle est telle que nous ne tarderions pas y avoir plus d’influence que les Russes eux-mêmes. La Russie est un tigre de papier avec des dents atomiques. Pour la vaincre il y a juste à lui imposer une guerre ou elle ne pourra pas s’en servir. Et pour cela rien de telle que de faire partie d’un même ensemble politique

PS : Par contre nos ancêtres sont morts pour que l'on ait la retraite à 60 ans et tous nos autres conquis sociaux. Et je suis prêt à faire de même (mais un grand monsieur ayant dit que les sages en hésitant tourne autour du tombeau, j'ai décidé que se serait de mort lente).

2) 3) 1) Digression sur les langues

Quand on me dit : « Sans les Américains, on parlerait tous allemands », je trouve cet argument absurde. Le Troisième Reich n’avait ni l’intention ni les moyens d’imposer la langue allemande à toute l’Europe occupée.

Mais même si ça avait été le cas, moi, j’aurais trouvé ça très bien que la langue française disparaisse et qu’il n’y ait plus qu’une seule langue. Ce serait mille fois plus pratique si en Europe, on parlait tous la même langue. Et de toute façon, je pense que sur le long terme (on va dire mille ans), la disparition des différentes langues européennes est inévitable (si l’espèce humaine continue d’exister et d’avoir à disposition des moyens de déplacement et de communication performants).

Je ne comprends pas ceux qui se désolent de cette évolution. Pour moi, la diversité linguistique est juste une source de complexité inutile et de perte de temps (et d’argent). Pour moi, elle n'a aucun avantage.

Inversement, je ne comprends pas non plus ceux qui veulent interdire aux gens de parler leur langue maternelle. Qu’est-ce que ça peut faire si vos collègues parlent arabe entre eux ? Ou si certaines écoles enseignent le Breton ou le Basque ? Tant qu’ils ne font de mal à personne, où est le problème ? Même si je ne comprends pas le délire, tant qu’ils ne font de mal à personne, ils font bien ce qu’ils veulent. Et je ne vois pas en quoi ils menaceraient l’unité de la nation.

Et quand bien même, au risque de me répéter, l’unité de la nation, je m’en fous comme de l’an 40 (et peut-on vraiment parler d’unité si elle est maintenue par la force). S’ils veulent leur indépendance, je ne vois pas pourquoi on leur refuserait. Ça ne nous concerne pas. Les frontières administratives n’ont que peu d’importance. Ce qui compte, ce sont les rapports de force entre les différents groupes sociaux et leur envie de coopérer.

Mais cessons là notre digression et revenons au sujet.

2) 3) 2) On lutte contre le fascisme

La raison pour laquelle il fallait lutter contre le régime hitlérien n’était pas que les élites françaises étaient plus vertueuses ou plus alignées sur mes intérêts que les élites allemandes. D'ailleurs, contrairement au mythe propagé par Zemmour, les élites politiques et économiques françaises étaient pour beaucoup complices des nazis et ont collaboré activement, notamment dans la persécution des Juifs (voir : Robert Paxton, La France de Vichy 1940–1944, Seuil, 1999 ).

Non, il fallait combattre le Troisième Reich, car il s’agissait d’un régime fasciste, raciste, réactionnaire et génocidaire. Si l’Allemagne avait été une démocratie libérale, j’aurais plaidé pour la fin rapide de la guerre, quel que soit le vainqueur. Et si elle avait été une vraie démocratie progressiste, j’aurais probablement soutenu l’invasion.

Ce que nous devons combattre, ce n’est pas un pays, mais un système politique : le fascisme.

2) 3) 3) La Russie est une menace fasciste

Et la Russie actuelle est un régime fasciste selon les critères historiques : culte du chef, répression des opposants, idéologie ultranationaliste, militarisme, mépris des droits humains (cf. La Russie entre autoritarisme et fascisme et Poutine : le nouveau visage du fascisme ). Et il veut explicitement démanteler les régimes parlementaires libéraux d’Europe pour les remplacer par des dictatures réactionnaires soumises à Moscou (voir la page Wikipédia consacré à la Relations entre l'extrême droite européenne et la Russie depuis les années 2010 ).

Pour les gauches européennes, le gouvernement russe est donc une menace qu’il faut combattre. Déjà de manière défensive en soutenant l’Ukraine de toutes nos forces afin d’y fixer les troupes russes le plus longtemps possible et d’affaiblir le plus possible son armée. Ensuite, en mutualisant les moyens militaires européens dans le but de créer une armée suffisamment puissante pour dissuader Moscou de nous envahir. Mais aussi offensivement, en soutenant les groupes antifascistes russes et en ayant nos propres "fermes à trolls" pour diffuser des idées progressistes sur les réseaux sociaux russes. Oui, c’est de l’ingérence, et non, je ne vois pas en quoi c’est mal.

2) 3) 4) La Russie de Poutine n’est pas la plus grande menace pour la France

Cependant, la Russie de Poutine n’est pas le groupe qui menace le plus de faire basculer la France dans le fascisme.

Les manipulations médiatiques qui ont permis l’élection de Macron en 2017 et la délégitimation progressive des institutions démocratiques ne sont pas le fruit de l’ingérence russe, mais de nos propres milliardaires, qui contrôlent une large partie des médias français et en orientent les lignes éditoriales (voir : DÉLINQUANTS ET ULTRA-RICHES, comment ils ont fait élire Macron ).

On parle beaucoup des opérations de désinformation et de promotion des idées d’extrême droite de la Russie en France et plus généralement en Occident. Mais leur influence est ridiculement faible comparée à celle du groupe Bolloré.

Même à son apogée, les audiences de Russia Today en France étaient minuscules comparées à celles de CNews ou C8. Et leur discours est bien plus extrémiste et mensonger que celui des trolls russes.

De même, aux USA, le premier propagateur de mensonges et d’idées d’extrême droite, c’est Fox News.

On parle beaucoup des fermes à trolls russes, mais X, Facebook ou YouTube étaient bourrés de désinformation et de contenu d'extrême droite bien avant qu'ils existent.

Les comptes les plus actifs et influents dans la promotion des idées d’extrême droite en Occident sont financés et mis en avant grâce aux actions de milliardaires et d’entreprises occidentales. Les Russes n’y sont pour rien si les algorithmes de YouTube, Facebook ou de X favorisent la mise en avant de contenus réactionnaires ou haineux. Ils n’y sont pour rien non plus si ces plateformes manquent cruellement de modération.

Sur ces enjeux, voire par exemple :

De Musk à Trump : comment l’oligarchie techno-césariste veut renverser la démocratie en Amérique

Elon Musk réitère son soutien à l’extrême droite allemande pour construire un monde à sa botte

LA PARTIE ÉMERGÉE DE L’ICEBERG Des financements issus de l’extrémisme religieux visent à faire reculer les droits humains en matière de santé sexuelle et reproductive en Europe 2009 - 2018

Users Polarization on Facebook and Youtube

Telegramming Hate: Far-Right Themes

Et ils n'y sont pour rien si les conditions sont réunies dans les pays occidentaux pour qu'une large part de la population soit sensible à ses contenus.

2) 3) 5) Conclusion

Il ne faut pas nier la menace russe. Cependant, il ne faut pas oublier que la première menace pour nos valeurs démocratiques et le mode de vie des Français, ce sont Macron, Bolloré, Bernard Arnault, Dassault, Bettencourt, Marine Le Pen, et les électeurs qui les soutiennent.

Nous ne nous battons pas contre les Russes, mais contre les fascistes de tous les pays, aux côtés de nos frères et sœurs de tous les pays. En 1940, les Allemands eux-mêmes souffraient du régime hitlérien. Aujourd’hui, ce sont les Russes qui souffrent le plus du régime poutinien.

Toutes les personnes de bonne volonté doivent s’unir pour chasser les Macron, Trump, Le Pen, Poutine, Bolloré, Arnault, et tous les autres tyrans de notre époque.

Et nous ne devons pas dire : « ce qui se passe ailleurs ne nous regarde pas ». Il n’y a qu’une seule planète, et les fascistes n’accepteront jamais de la partager... sauf si nous les y contraignons.

2) 4) Ma position sur l’Ukraine

2) 4) 1) Ma solution sur le long terme: la dissuasion civile non violente

En 2023 a force de m’ennuyer au travail, je me suis mis à scroller les réseaux sociaux et j'ai découvert ce site : Mouvement pour une alternative non-violente et notamment ce document Une dissuasion civile non-violente . Et j'ai compris qu'il y avait une alternative à la guerre.

Avant de poursuivre la lecture de ce billet, je vous enjoins à lire ce document sur la dissuasion civile non violente, car je ne vais pas prendre la peine d'en résumer le contenu.

Ensuite, je vous préviens tout de suite que je ne suis pas d'accord avec eux sur le fait que la dissuasion civile pourrait remplacer la dissuasion militaire. La dissuasion civile pourrait effectivement empêcher un État dirigé par la droite classique de nous attaquer, mais elle est totalement inefficace pour faire face à la violence irrationnelle des fascistes.

Les fascistes se fichent qu'une guerre ne soit pas rentable. Pour eux, l'existence de l'autre est une menace existentielle et ils feront tout ce qui est en leur pouvoir pour le soumettre et l'éliminer. Et aucun des garanties de sécurité qu'on leur donne ne les fera changer d'avis (la seule chose qui les fait reculer, c'est la force brute).

Cependant, pour moi, si elle était mise en place, cette dissuasion civile non violente serait une révolution bien plus importante que ne pourra jamais être l'IA dont on parle tant. Si la population française disposait massivement d'outils de communication décentralisés, d'une formation à la résistance non violente, d'un réseau associatif fort qui fait que les gens se connaissent et se parlent, et d'une certaine autonomie pour satisfaire localement leurs besoins fondamentaux comme l'énergie et la nourriture, alors on pourrait enfin retrouver la possibilité d'imposer nos désirs à nos gouvernements. Et notamment, on pourrait leur imposer de mener de vraies politiques sociales et antifascistes. On pourrait faire de la France une vraie démocratie.

Et en voyant ce modèle s'imposer en France, nous serions rapidement imités par d'autres pays. En bref, cela pourrait totalement bouleverser le monde et faire reculer énormément le fascisme et la menace de la guerre. Au point que l'on se retrouverait peut-être dans un monde où il deviendra possible d'envisager des réformes permettant effectivement de se passer d'institutions violentes et oppressantes comme l'armée, la police et la prison (ou pas, comment savoir).

Et le mieux dans tout ça, c'est que l'on n'a pas forcément besoin de l'État pour le mettre en place (même si cela aiderait grandement, il ne faut pas se le cacher). Il suffit "juste" (avec de gros guillemets) que l'on rejoigne massivement des associations existantes, que l'on se forme massivement à la non-violence et que l'on répande ses savoirs autour de nous et que l'on abandonne les réseaux sociaux propriétaires au profit d'outils libres comme Mastodon ou Matrix.

Bon, je devrais peut-être tempérer mon enthousiasme, car cela n'a rien d'une solution facile à mettre en place, mais elle donne de l'espoir et en ce moment, c'est ce dont on a le plus besoin.

2) 4) 2) Ma solution sur le court terme

Cependant, c'est une solution de long terme encore bien chimérique, mais la guerre en Ukraine est un problème concret et immédiat sur lequel il faut bien se positionner (aussi futile cela soit-il étant donné que je le rappelle, on n'est pas en démocratie et que par conséquent mon opinion ou la vôtre n'a aucune influence sur le cours des événements).

Voilà donc ma position : pour moi, l'objectif de nos dirigeants devrait être d'obtenir le plus rapidement possible un cessez-le-feu. Et j’espère me tromper, mais je pense que le gouvernement russe va refuser la proposition de Trump. Je crains en effet qu'il n'accepte un cessez-le-feu que s'il a la démonstration que les Ukrainiens peuvent continuer la guerre encore plusieurs années, même sans l'aide des USA. C'est-à-dire que les Européens peuvent et vont se substituer aux USA (comme ils l'ont fait durant presque une année entière sous l'administration Biden). Pour cela, je pense qu'il est nécessaire de temporairement augmenter les budgets militaires européens.

Puis une fois un cessez-le-feu enfin obtenu, la seule issue possible me semble être un scénario à la Nord-Coréenne. C'est-à-dire de renoncer à obtenir un traité de paix, mais que le front soit gelé et le cessez-le-feu garanti par le déploiement sur place de soldats étrangers (de l’UE et si possible d'une autre grande puissance comme la Chine et les USA). Puis attendre en espérant que le temps et un changement de régime à l'est ou à l'ouest permettent un jour de trouver une solution finale.

En effet, à moins de continuer la guerre jusqu'à ce qu'un vainqueur ne se dégage (ce qui peut prendre plusieurs années et ferait beaucoup de morts inutiles), aucun des deux camps ne semble prêt à céder à l'autre la souveraineté sur l'est de l'Ukraine. Or, c'est une condition nécessaire à l'établissement d'un traité de paix.

Mais bon, c'est l'avis d'un pélo random qui n'a aucune compétence particulière. Il y a donc de grandes chances que mon avis soit à côté de la plaque et si je n'avais pas eu envie d'écrire un article de blog, pour faire à mon petit niveau la publicité de la dissuasion civile non violente, je me serais probablement abstenu de le donner.

Néanmoins, comme vous l'aurez sans doute noté, sur ce sujet, je suis totalement opposé à la position de la France Insoumise et bien plus proche de celle de Macron (même si on est en désaccord sur la nécessité d'augmenter les budgets militaires sur le long terme). Et il n'y a pas que sur ça que la position de la FI ne me convient pas.

Par exemple, même si je ne suis pas sûr d'y être favorable, je trouve absurdes les arguments de la FI pour s'opposer à étendre la dissuasion nucléaire française aux autres États de l'UE. Et je suis totalement défavorable au rétablissement du service militaire présent dans leur programme.

En fait, plus j'en apprends sur la position de politique étrangère de la France Insoumise, plus je me rends compte que sur ce sujet, on n'est pas du tout sur la même ligne.

Je continue malgré tout de soutenir ce parti, car sur la plupart des sujets, il est le plus proche de mes idées (planification écologique, assemblée constituante, Palestine, augmentation des impôts sur les plus riches, etc.) et que tous les autres partis me donnent juste envie de vomir.

Et puis il y a aussi le fait que tout ce que je viens de dire c’est ce qu’il faudrait faire si des gens voulant lutter contre le fascisme était au pouvoir. Mais spoiler-alerte non seulement ce n’est pas le cas, mais il y a de grande chance que bientôt se soit l’extrême droite qui prenne le pouvoir en France et en Europe. Docn soutenir actuellement le réarmement de la France c’est probablement faire en sorte que dans le futur les fascistes aient encore plus d’arme pour nous taper dessus. Donc la position de la France insoumise si elle n’était pas défendue avec des arguments aussi pourris pas si mauvaise.

En fait je crois qu’il est assez illusoire de penser que nos états vont lutter contre le fascisme. Ma solution sur le court terme a l’air plus réaliste mais sur le long terme elle risque d’être nusiible. Au contraire ma solution sur le long terme est peut être la plus réaliste que l’on est à notre disposition. Mais également la plus incertaine et doulouruese. Comme la écrite une personne que j ‘admirais avant qu’elle ne devienne une réac (#brûler vos idoles) : Bientôt nous aurons tous à choisir entre le bien et la faclite. Et perso je suis très tenté de choisir la facilité.

2) 5) Note de fin

Remarque : Si après lecture vous trouvez que mon avis n’a rien d’original, alors c’est une bonne nouvelle et je vous serais reconnaissant de me le signaler par mail. Si vous n’êtes pas d’accord, alors je serais encore plus heureux. Que vous m’envoyiez un mail pour qu’on en discute. Encore une fois, je n’ai aucune compétence ni dans le domaine militaire ni dans la géopolitique, mais je suis désireux d’apprendre.

Remarque 2 : J’ai hésité à inclure un debunkage des mensonges du Kremlin qui tourne le plus (y compris dans les milieux de gauche) comme Zelenski est un nazi (c’est vrai qu’à gauche on a tendance à traiter tout le monde de nazi) ou les russes n’ont jamais perdu une guerre (sérieux, comment peut-on sortir du lycée sans connaître l’issue de la guerre d’Afghanistan, de la guerre russo-finlandaise ou de la guerre russo-japonaise pour ne citer que les plus connues des défaites russes), mais j’y ai renoncé par fainéantise et manque de source fiable facile à trouver.

Remarque 3 : Dans mes billets de blog, je profite du fait que personne ne me lit (ou si peu) pour utiliser un ton qui, pour être poli, est très polémique. Je le fais parce que cela me fait rire et me défoule de décrire ainsi, mais ce n’est pas une manière de parler aux gens ni même de les considérer. À part les opinions de l’extrême droite, les autres opinions sont totalement respectables. Si un jour, par miracle, ce blog avait du succès, je remplacerais cet article par une version plus édulcorée (dans sa forme mais pas dans son fond).

2) 6) Liens utiles

Pour aller plus loin et vous aider à trouver les inévitables erreurs qui se sont glissées dans ce texte, voici des sources que je trouve de qualité sur ce conflit (je préviens, je n’ai pas eu le temps de toutes les lires en entier avant d’écrire ce livre, mais elles m’ont été utiles pour vérifier que je ne disais pas trop de bêtises) :

Global Conflict Tracker :Le Global Conflict Tracker du Council on Foreign Relations offre une vue d'ensemble interactive du conflit en Ukraine depuis 2014, incluant les derniers développements et l'implication de la Russie et des États-Unis. C'est une ressource précieuse pour comprendre les dynamiques actuelles du conflit et les propositions de cessez-le-feu.

Ukraine Conflict Monitor :L'Ukraine Conflict Monitor de ACLED fournit des informations en temps réel sur la guerre, y compris une carte interactive des événements depuis le début de l'invasion russe. Cela peut être utile pour suivre les développements récents et les tendances de la violence politique.

Council on Foreign Relations :Un article du Council on Foreign Relations explore comment le conflit en Ukraine est devenu un point central des relations internationales, avec des analyses sur l'invasion de 2022 et ses implications pour la sécurité européenne.

Institute for the Study of War :Les mises à jour de l'Institute for the Study of War fournissent des informations détaillées sur les opérations militaires et les développements stratégiques dans le conflit, y compris les déploiements de troupes et les négociations de cessez-le-feu.

CSIS Analysis : Un rapport du Center for Strategic and International Studies examine les échecs analytiques qui ont conduit à l'invasion russe de l'Ukraine, offrant des perspectives sur les erreurs de jugement et les implications politiques.

3) Taïwan ou la lutte contre le colonialisme

3) 1) Introduction

Récemment, une personne que j’apprécie m’a partagé la vidéo suivante sur les réseaux sociaux, car elle l’avait particulièrement appréciée.

La guerre avec la Chine ?

Or, personnellement, je trouve qu’elle est un condensé de tout ce que je n'aime pas sur Mélenchon. J’ai donc décidé d’en faire un prétexte pour écrire cet article de blog où je détaillerai ce qui me pose problème dans le discours de Mélenchon sur la politique étrangère.

3) 2) Essentialisation des peuples

Pour commencer, je vais pousser un petit coup de gueule qui n’a qu’un lien tenu avec le sujet de cette vidéo : Je trouve très désagréable de le voir une fois de plus tenir un discours totalement essentialisant sur un autre peuple en se basant sur des clichés éculés.

Contrairement à ce qu’il a dit lors d’un passage télé, si Zemmour est un fachiste ce n'est pas parce qu'il est Juif (pardon de culture Juive c’est totalement différent), si certains tchétchènes ont commis des atrocités ce n'est pas parce qu'ils sont Tchétchènes (très sympas pour les millions de Tchétchènes qui n’ont jamais rien fait de mal de leur vie) et si le gouvernement chinois à négocier plutôt que d'utiliser la force avec les Anglais pour récupérer Hong Kong, ce n'est pas à cause de leur culture qui ferait que tous les Chinois sont de patient stratège qui planifie leur coup longtemps en avance. C’est plutôt parce que déclarer la guerre à l’Angleterre aurait été du suicide.

C'est bien de s'excuser lorsque cette manière erronée, de penser les autres peuples le conduit à avoir des propos racistes. La plupart des politiciens français n'auraient pas l'honnêteté de le faire. Mais, ce serait mieux qu'au bout d'un moment, il corrige le problème.

Non seulement ça diminuerait le risque de dérapage qui nuise à ses candidatures, mais en plus, ça lui permettrait de profiter de son audience pour diffuser des grilles d’analyse plus intéressantes fondées sur les rapports de forces et les intérêts des différents groupes qui composent une société.

Sources : Mélenchon admet qu’il s’est "mal exprimé" après ses propos sur le judaïsme et Zemmour

Sources : Les Tchétchènes d'Europe appellent à porter plainte contre Jean-Luc Mélenchon pour "incitation à la haine"

3) 3) Sa position sur Taïwan et l’Ukraine (il était temps que j’aborde le sujet)

Mais, venons en au vif du sujet. Sa présentation qu’il fait de l’histoire de Taïwan ne contient rien de factuellement faux. Malgré tout je ne trouve pas sa présentation très honnête. Je vais donc me permettre de faire ma propre présentation totalement biaisée et pas du tout objectif de l’histoire de Taïwan (mais factuellement exact).

Comme il le dit, Taïwan a été rattaché à la Chine entre 1683 à 1895. Cependant, même durant cette période, c'était une province rebelle qui était de fait extrêmement indépendante et dont la population n'a jamais été majoritairement chinoise (ni un très grand fan de la domination chinoise). Taïwan a toujours été une île avec une langue, une culture, une histoire et une ethnie différente de celle dominante en Chine.

S'il veut vraiment comparer la situation de Taïwan avec celle d'un département français, alors il devrait plutôt le comparer à Mayotte. Et, encore, Mayotte est bien plus intégrée à la France que ne l'a jamais été Taïwan à la Chine. Par exemple, Mayotte n'a pas passé les 130 dernières années dirigée par un gouvernement totalement indépendant, à l’exception des 4 années entre 1945 et 1949 (où Taïwan était censé être dirigé par Pékin, mais dans les faits, la guerre civile l’a empêché de diriger quoi que ce soit).

Puisque Mélenchon aime les comparaisons qui n’ont aucun sens, Taïwan a été séparé de la Chine 30 avant que la Finlande ne soit séparée de la Russie et personne n’ose prétendre que la Russie aurait encore des droits sur la Finlande (quoiqu'avec Poutine, on ne sait jamais)

Pour moi, les revendications de la Chine sur Taiwan n'ont aucune justification, si ce n'est un nationalisme bas du front. Pour moi, Taïwan n’est pas plus chinoise que la Palestine n’est israélienne, que l’Ukraine n’est russe ou que la Kanaky n’est française.

En parlant de l’Ukraine, je pourrais faire à peu près le même paragraphe sur les ukrainiens, à ceux-ci prêt que lorsqu’elle faisait partie de l'empire Russe (puis de l'URSS), les Ukrainiens étaient traités comme des colonisés (en-tout-cas, c'est ce que disent des anarchistes ukrainiens avec qui j'ai pu parler sur discord). C'est-à-dire comme la France traître les Kanaks ou comme les Anglais traitent les Irlandais. Pour eux, l'enjeu n'est pas la perte d'une démocratie toute relative, mais de ne pas subir de nouveau la colonisation.

Les Taïwanais, les Palestiniens, le Kanak et les Ukrainiens, comme tous les peuples, ont le droit à l'auto-détermination et à ne pas vivre sous la menace constante de se faire envahir par un voisin tombé entre les mains de l'extrême droite.

Pour moi, être anti-colonial (comme prétend l’être Mélenchon), c'est soutenir les Ukrainiens, les Palestiniens, les Taïwanais et les Kanaks contre les impérialistes qui les menacent. Mais, savoir ce qu'il faut faire pour aider les Ukrainiens et les Taïwanais est compliqué. Sur ce sujet, il semble que l'on n'ait pas de bons choix évidents.

3) 4) Sacralisation du droit international et des traités signés par la France

Enfin, je suis d’accord que le droit international ne reconnaît pas Taïwan, mais ça ne veut pas dire que c'est bien ou que la France ou l'UE n'a pas le droit de réclamer que cela change.

J’aimerais bien qu’il comprenne qu’appeler à changer une loi (ou une frontière) parce qu’on la trouve injuste, ce n’est pas un appel à ne plus respecter la loi (ou les frontières). Entre voter un texte appelant à ce que la Chine donne son indépendance à Taïwan et œuvrer pour imposer ce changement par la force, il y a une différence majeure qu’il semble oublier.

D’ailleurs, je trouve un peu incohérent de sacraliser le droit international et les traités pour Taïwan ou Israël, mais d’appeler à ne pas respecter les traités européens. Après, on a tous nos incohérences (moi le premier).

Juste, je trouverai plus juste et cohérent de dire qu’il y a certains traités qui sont plus légitimes que d’autres.

Pour moi, ce paradoxe se résout en disant que les mesures qui ont été prises sont la contrainte des puissants ou de manière non démocratique, comme le rejet de l’indépendance de Taïwan ou le traité de Lisbonne, sont illégitimes. Alors que les mesures prises malgré les puissants ou qui promeuvent des principes qui nous paraissent justes comme les condamnations du génocide à Gaza ou les traités que la France a signés après la Seconde Guerre mondiale pour limiter le risque de génocide, sont légitimes.

S’il tient tellement à défendre la position chinoise, il pourrait dire que la loi internationale est injuste, mais que dans l’état actuel des choses, on ne peut pas s’y opposer. Ou alors que s’y opposer frontalement donnerait un résultat contraire à celui que souhaitent les Taïwanais. Après tout, ce que les Taïwanais désirent, c'est une solution négociée, pas une guerre d’indépendance. Or, la dénonciation bête et méchante des traités actuels et l’instrumentalisation par les USA du conflit pour accroître leur présence militaire dans la région ne va pas dans ce sens.

Toutefois, s’il dit ça, il faudrait également qu’il propose une politique alternative que pourrait mener l’UE (ou la France) pour favoriser la paix et le respect de l’indépendance de Taïwan. Et ça, ce n’est pas facile (moi en tout je n’en suis pas capable).

3) 5) Et s’il avait raison d’avoir tort (il faut bien que je termine par un chapitre de défense de Mélenchon si je veux éviter que mes amis de la FI ne me trucident dans une ruelle)

3) 5) 1) Introduction

Bon, ça y est j’ai bien critiqué le vieux, maintenant, je peux faire mon fanboy de Mélenchon sans passer pour un sectaire islamo-gauchiste woke. En effet, malgré toutes les critiques que je viens d’adresser à Mélenchon, j’aime bien ses prises de positions publiques sur la politique étrangère, pour une simple bonne raison : Elles vont toujours dans le sens d’une défense de la paix dans le monde.

Et dans le contexte actuel de montée des tensions, de retour du nationalisme guerrier (aussi bien en occident que chez les BRICS) et de la généralisation du rejet du droit international (initié par George Bush avec sa guerre en Irak ou Obama/Sarkozy avec leur guerre en Libye et non par la Russie avec sa guerre en Ukraine), on a cruellement besoin de ce genre de discours.

D’ailleurs, parlons-en du contexte.

Si Mélenchon était un professeur d’université donnant un cours de géopolitique dans une ambiance chill et détendu avec autant de temps qu’il le souhaite, je pense que j’ai suffisamment démontré que son discours serait tout simplement inadmissible.

Mais, au cas où cela n’aurait pas échappé à quelqu’un Mélenchon est un militant politique qui doit trouver un moyen de faire passer son message de paix sur des médias hostiles où on est coupé lorsque l’on fait une phrase de plus de 30 secondes. Il faut aussi que son message soit audible par une masse de personnes qui allume sa télé, après avoir été épuisées par le boulot et les gosses. Une masse qui ne s’intéresse pas particulièrement à ce qui se passe dans le Pacifique et qui est quotidiennement abreuvée d’une propagande pro-guerre disant que toutes les tensions en mers de Chine sont intégralement dues à la politique chinoise. Et que les USA ne font que protéger les faibles et pacifiques démocraties de l’Asie du Sud-Est.

Là, chers lecteurs, c’est le moment où vous vous insurgez qu’en France les médias sont libres et que je ne peux donc pas tenir de tel propos à la limite du complotisme. Et, vous aurez raison. En France (contrairement à la Chine), il n’y a pas de censure d’état.

En conséquence, pour qui se donne la peine de les chercher, on trouvera moult analyses nuancées indiquant les arguments des uns et des autres ou qui tenteront de présenter ce conflit dans un cadre plus général.

Qui se donne la peine de chercher, en France, aboutira à la conclusion que la question taïwanaise est avant tout une lutte entre deux impérialistes pour le contrôle de voix commerciales, de territoire, de minerai, d’industrie de pointe et pour la suprématie mondiale. Mais, certainement, pas un combat entre la démocratie et le totalitarisme.

Qui se donne la peine de chercher conclura que les USA se fichent comme de leur premier génocide de la souveraineté de Taïwan et ne fait qu’instrumentaliser la question taïwanaise pour pouvoir déployer ses forces militaires dans la régio. Qu’ils ne cherchent nullement à obtenir un règlement négocié du conflit entre Taïwan et la Chine (pour moi la Chine non plus, ne veut pas d’un règlement pacifique du conflit, mais même si elle le voulait, ce ne serait pas possible avec l’attitude actuelle des USA).

Cependant, les mots importants étaient : ‘pour qui se donne la peine de les chercher’, car la France et les autres pays occidentaux ont trouvé une méthode bien plus efficace pour contrôler les médias qu’une censure bourrine : faire des médias des entreprises comme les autres.

Mais, pour le comprendre, il faut revenir en arrière.

3) 5) 2) Critique des médias

Après la Seconde Guerre mondiale, dans la plupart des pays occidentaux, de fort mouvement antifasciste, c’était constitué.

Et, ils avaient fait l’analyse que durant les années 30, partout en occident la presse avait fait la courte échelle à l’extrême droite et que cela avait été une des causes principales de l’accession au pouvoir du nazisme en Allemagne et à la constitution de partie NAZI extrêmement puissant dans tous les pays occidentaux (suffisamment puissant pour diminuer l’opposition des démocraties au nazisme lorsqu’il en était encore temps).

En conséquence, des lois avaient été passées pour encadrer l’activité de la presse et en faire des entreprises pas tout à fait comme les autres. Par exemple, aux USA, des lois avaient été passées pour interdire à la presse de diffuser de fausses nouvelles et des subventions leur étaient accordées pour qu’ils ne dépendent pas uniquement des revenus publicitaires.

Et, en France, des lois avaient été passées pour que les journalistes ne soient pas soumis à leur chef de rédaction et interdire à une personne de posséder plusieurs médias. C’était loin d’être parfait, mais ses réglementations avaient le mérite d’exister et avaient une certaine efficacité.

Cependant, durant les années 80, ses réglementations ont été totalement supprimées et les médias sont redevenus des entreprises n’ayant que pour seul objectif de faire le plus de bénéfices possible. Ils sont redevenus des entreprises possédées par un petit nombre d’ultra-riches. Ils sont redevenus des entreprises dirigées par des chefs de rédaction tout-puissants et recrutés parmi une sous-bourgeoisie aux parcours et aux idées uniformes. Des chefs de rédaction alignés sur les intérêts et opinion réactionnaire de la petite caste d’ultra-riches (comme Bernard Arnault ou Bolloré) qui les a nommées.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il n’a pas fallu attendre longtemps pour que les médias :

Il en résulte que le résultat est très semblable à celui que l’on aurait dans une dictature qui applique une violente censure sur ses médias.

Attention, j’ai dit semblable, mais pas identique. En effet, dans nos pays démocratiques, il existe des médias militant qui échappent à ses logiques et la possibilité pour des anonymes comme moi de s’exprimer. De plus, il subsiste dans certains journaux de premier plan comme le monde ou les médias de service public un reste de déontologies journalistique les pousse à laisser une place très minoritaire à des opinions divergentes (à 2 heures du matin ou dans un encart de la page 36).

Ce n’est pas le cas en Chine, ou plutôt ça l’est beaucoup moins. (Aussi totalitaire que soit l’État chinois, il ne peut pas tout contrôler et il subsiste en Chine des espaces de liberté d’expression)

Cependant, au final, seule une ultra minorité de la population sera confrontée au cour de sa vie à ce discours divergent. Et même, si elle l’est, cette opinion divergente sera vite noyée sous la masse de propagande qui lui est répétée jour après jour. D’où le fait que je soutiens que le résultat est très semblable.

3) 5) 3) Conséquence et conclusion

Dans un tel contexte, si l’on souhaite lutter contre la montée des tensions, recourir à des simplifications abusives, à l’essentialisation et à des discours tranchés et sans nuances peut se justifier.

Étant donné qu’on est déjà abreuvé d’un discours anti-chinois qui nous incite à accepter une course à l’armement, il a peut-être raison de mettre l’accent sur la critique des USA et la défense de la Chine ? En effet, est-ce qu’il est vraiment utile de rappeler que la Chine à ses torts lorsque l’on est abreuvé du matin au soir de critique (véridique) de la Chine ? Surtout si on considère le peu de temps de cerveau disponible auquel Mélenchon a accès.

Sur le court terme je suis convaincu que c’est une bonne stratégie. Cependant, sur le long terme, son soutien sans faille à la dictature d’extrême droite chinoise risque de décrédibiliser son camp (comme l’a été le PCF par son soutien sans faille à l’URSS). Sans compter que cela fait fuir des électeurs et des militants potentiels qui comme moi supportent très mal ce genre de discours. Cependant, étant donné le contexte, est-ce qu’on peut vraiment se permettre le luxe de penser au long terme ? Est-ce que c’est vraiment aux gens déjà convaincus comme moi qu’il faut s’adresser ?

Je n’ai pas la réponse à ses questions. Pour des raisons morales évidentes, je préférerais qu’il renonce à cette stratégie et essaye de présenter la situation avec le plus de justesse et de nuance possible. Mais, je ne jette pas la pierre à ceux qui au contraire soutiennent qu’il faut qu’il maintienne ce discours.

3) 5) 4) Remarque

Cependant, il y a quand même quelque chose qui me pose un réel problème.

Si à la télé, cette stratégie peut se justifier par tout ce que je viens de dire, je ne pense pas qu’elle se justifie quand il s’exprime sur son blog ou sur sa chaîne YouTube.

En effet, si à la télé, il est évident qu’il ne peut pas faire autre chose que de prendre des positions tranchées et simplistes, sur YouTube ou sur son blog, il a tout le loisir de détailler sa position.

Du coup, le voir persister sur ses médias dans une défense bête et méchante de la Chine me fait me demander, si ce ne seraient pas ses véritables opinions. Et ça, ça me fait peur.

Mais, ça ne m'empêchera pas de voter pour lui aux prochaines élections, car aussi désespérant que cela puisse être sur ce sujet comme sur les autres, il reste le candidat qui a les meilleures positions. En effet, je préfère que la France soit dirigée par quelqu’un qui ne sera pas suffisamment pro-Taïwanais ou pro-Ukrainien que d’être dirigé par quelqu’un qui ne voit aucun problème à la course aux armements actuels ou à livrer des armes à Israël en sachant qu’elles serviront à commettre un génocide (je sais que les organisations internationales ne qualifient pas ce qui se passe à Gaza comme un génocide, mais comme une succession de crimes de guerre risquant de dégénérer en génocide, mais je considère que politiquement, il est légitime de la qualifier de génocide)

4) Complément en 2026 sur le Groenland

En réponse à : Thread de cal.monty

Pour moi, le droit n’a jamais prévalu sur la force.

En effet, à mon sens, le droit n’est respecté que s’il fait l’unanimité ou s’il existe une force capable d’obliger les récalcitrants à le suivre. Or, le monde n’a jamais été une fédération anarchiste où tout est décidé par consensus ; on peut donc éliminer la première option.

Appeler la France et l’UE à cesser de livrer des armes à Israël, voire à imposer des sanctions économiques contre ce pays au nom du droit international, a du sens pour moi, car les élites françaises sont convaincu (à raison celons moi) , que la France a intérêt à voir perdurer l’ordre international issu de la Seconde Guerre mondiale et parce que sanctionner Israël serait très contraignant pour Israël et peu coûteux pour la France et l’UE.

En revanche, je ne vois pas l’intérêt d’appeler l’UE ou la France à sanctionner les USA afin de les dissuader d’envahir le Groenland.

Plus précisément, à part des mesures symboliques comme des droits de douane élevés sur le bourbon, je ne vois pas ce que l’on peut faire d’efficace. En effet, nous importons des États‑Unis des produits vitaux (gaz, pétrole) ainsi que des biens très sensibles (produits informatiques) et il nous est impossible de nous approvisionner ailleurs. À l’inverse, nous exportons vers les USA essentiellement des produits dont ils peuvent se passer (voitures de luxe, champagne) ou qu’ils trouvent ailleurs (médicaments). Or, pour les dirigeants actuels des USA, l’invasion du Groenland apparaît comme un enjeu de sécurité nationale (à tort, celons moi).

Ainsi, imposer des sanctions économiques aux USA ferait plus de mal à l’Europe qu’aux USA ; et même si ce n’était pas le cas, cela ne les découragerait en rien.

Pour moi, si on veut empêcher le Groenland de tomber entre les mains des USA, la seul solution c’est de les persuader que l’on et prêt partir en guerre nucléaire contre eux pour défendre le Groenland. Or je ne vois vraiment pas comment réussir à convaincre les USA de ça. Déjà je ne vois pas comment les convaincre que l’on serait prêt à partir en guerre conventionnelle contre eux pour le Groenland.

On peut essayer mais vu leurs capacité en renseignement, je doute qu’on arrive vraiment à les tromper. Avec cette stratégie il y a le risque que l’agent orange prenne le risque d’attaquer quand même. Et dans ce cas la, j’ose espérer que l’on ne sera pas assez con pour partir en guerre contre les USA juste pour ça, car au cas ou quelqu’un l’aurait oublié, pour le moment, ils sont un poil plus puissant que nous (militairement parlant). Et même si on gagnait se serait une boucherie abominable qui ne profiterait à personne.

Pour ma part, plusieurs options (non mutuellement exclusives) sont possible:

Aucune de ces options n’est parfaite, mais il faut en choisir une.

Bien sur je ne connais pas grand chose au sujet, donc je peut me tromper. Il est possible que l’on puisse réellement dissuader les USA d’envahir le Groenland en combinant sanctions économiques et présence militaire (par exemple le porte‑avions Charles de Gaulle patrouillant au large du Groenland).

Donc perso, quelle que soit la décision de nos dirigeants, pour une fois, je ne m’insurgerais pas devant mon écran d’ordinateur. Je me contenterai de m’insurger contre le fait que l’on ai pas voix au chapitre sur le sujet et ferait ce que je peut (c’est à dire pas grand chose), pour que lorsque j’aurais une opinions tranché sur ce qu’il faut faire, elle s’exprime dans un pays plus démocratique et moins dépendante du pétrole et du gaz.

4) 1) Complément du complètement réalisé en février 2026 (après que Trump ai renoncé à annexé le Groenland)

Il semblerait que les événement me donne finalement tort et j’en suis plus que ravis. Finalement Trump a renoncé à annexer le Groenland. Cependant je ne suis pas sur que cela soit du à la fermeté européen sur la question. Déjà car la réaction de l’Europe n’a pas été si unanime et que les mesure de dissuasion prise concrètement à l’égard des USA été assez faible.

Pour moi si Trump a changé d’avis c’est à cause de la baisse des marché financier suite à ses menaces sur les Groenland (comme au début de 2025 quand il reculé sur les droits de douane suite à la baisse des marché financier).

Pour moi le seul vrai contre-pouvoir à Trump se sont les marche financier. L’avis des européen, de ses électeurs ou du sénat il s’en moque. Quoi que l’à opposition était elle au sain des républicains et de leur électeur que cela a peut être joué un rôle (qui sait ce qui se passe dans la tête de ce vieux sénile et des Nazis qui l’entoure).

Mais c’est aussi parce que Trump ne s’engage que dans des opération de courte durée. Les USA sont traumatisé par le bourbier Afghan et le Groenland avait tout les caractéristique d’un tel bourbier (population hostile et géographie difficile).

5) Palestine ou la lutte contre le racisme

Ce chapitre un énorme plagiat de plusieurs commentaires que le youtubeur Tzitzimitl - Esprit Critique à écrit suite à une conversation dans les commentaires youtuber. Je n’ai fait que le recopier, changer quelques phrases et changer l’ordre des paragraphes pour que plusieurs commentaires fassent un seul texte cohérent.

Je ne lui ai pas demandé son autorisation pour cela et je doute qu’il soit au courant. J’ai juste fait ça, car j’ai trouvé ses commentaires géniaux et je voulais en garder une trace. 

Comme les seuls lecteurs de ce blog doivent être moi et ma mère j’estime que ce n’est pas grave (J’ai menti même ma mère ne veut pas le lire).

Mais si ce blog venait à avoir du succès je lui demanderai son avis et je supprimerais cette partie à la moindre demande de sa part. Ou si j’estimais que ça pourrait d’une manière ou d’une autre lui causer du tort.

5) 1) Légitimité d’Israël

5) 1) 1) Les Arabes sont antisémites

Oui l'islam encourage l'antisémitisme, oui l'antisémitisme est banal dans les pays musulmans, oui c'est à cause de l'antisémitisme que les juifs ont pensé qu'il leur fallait un état.

Mais ce sont les juifs d'Occident qui ont réclamé et fondé Israël. Ils n'avaient pas subit l'antisémitisme musulman mais l'antisémitisme chrétien et occidental, et particulièrement la Shoah, qui a été commise par des européens, chrétiens ou athées, pas des musulmans.

Et le résultat, c'est que des européens (juifs en l'occurrence mais ça reste des européens) ont pris par la force des terres à des peuples locaux, en ont viré une bonne part et soumis le reste, et se sont installés là.

C'est ce qu'on appelle une colonisation.

5) 1) 2) Les juifs ne font que rependre leur terre

Les juifs des pays musulmans n'ont rejoint Israël qu'ensuite, sont toujours minoritaires en Israël et ont même été discriminé en Israël par les juifs européens. Quant aux juifs du Yishouv, ceux qui étaient déjà en Palestine avant la création d'Israël, la plupart vivaient en bonne entente avec les autres palestiniens et se sont opposés à la création d'un état juif. Ils demandaient juste le départ des colonisateurs, qui n'étaient pas les arabes mais les anglais à l'époque.

Il est donc faux de dire que les juifs européens ne feraient que "revenir" sur leur terre.

Les juifs européens sont pour la plupart des descendants de convertis, et tous se sont mélangés avec les populations locales, mais même s'ils étaient strictement descendants de gens ayant fui la Palestine depuis 1400 ans, pourquoi est-ce 1400 ans et des dizaines de générations ne suffirait pas à en faire des européens ?

Pour affirmer le contraire il faut un sacré niveau d'antisémitisme.

Non, les juifs européens ne sont pas "originaires" d'ailleurs que de l'Europe, sur 1400 ans, les européens ont des ancêtres du monde entier, de mouvements de populations millénaires, mais ce sont des européens.

Les juifs européens sont des européens qui ont colonisé un territoire du moyen-orient à une époque où la colonisation du monde par les européens était encore la norme. La question est donc : est-ce que la colonisation c'est bien ? Est-ce que ça devient bien si les colonisateurs se revendiquent d'une religion persécutée ? Si oui, alors les protestants fuyant les persécutions catholiques ont eu raison de coloniser l'Afrique du Sud et de faire l'Appartheid ou l'Amérique du Nord en décimant les amérindiens et en les enfermant dans des réserves ? Les catholiques irlandais fuyant les persécutions anglaises ont eu raison de coloniser l'Amérique du Nord et de soumettre eux aussi les amérindiens ? Est-ce qu'on ne peut pas fuir une oppression sans coloniser et dominer un peuple local, mais en demandant juste un statut de réfugié ?

Si on accepte qu’un état qui subit une attaque se défende(comme l’Ukraine actuellement), comment peut-on ne pas accepter qu'un peuple qui se fait coloniser se révolte et rejette ses colonisateurs ? Bien sûr ça ne signifie pas que toutes leurs actions sont légitimes, dans la guerre d'Algérie le FLN a fait des attentats contre des civils dont on aurait aimé qu'ils se passent, mais ça n'empêche pas aujourd'hui la plupart des gens de reconnaître au moins que c'est normal que les algériens se soient révoltés.

Les nouveaux arrivés qui ont conquis et dominé la région, ce sont les juifs européens, et les colonisés ce sont les palestiniens. Après peut-être que tu es prêt à assumer que la colonisation c'est bien hein, que les pays colonisés auraient du rester soumis aux européens etc. Ou peut-être que les peuples n'ont pas le droit de refuser d'être colonisés s'ils sont musulmans ou antisémites, je ne sais pas...

5) 1) 3) Les Arabes ont fait pareille

L'empire ottoman n'a jamais expulsé les juifs. Au contraire, il a accueilli les juifs expulsés d'Espagne et du Portugal par les chrétiens lors de la Reconquista. Donc il n'y avait aucune terre de juifs à distribuer, à moins de compter celles des juifs expulsés sous l'empire romain, qui ne sont évidemment pas restées vides tout ce temps et avaient déjà été récupérées par d'autres.

Par ailleurs, l'empire Ottoman est un empire turc, pas arabe. Les turcs ont effectivement colonisé les peuples présents sur les terres qu'ils ont conquis ( les grecs, les arméniens, les kurdes, les arabes, les berbères, les juifs, les slaves, les albanais...) et oui ils ont organisé des déplacements de population colonisées. Les colons c'était les turcs, les arabes étaient des colonisés, dont certains ont été déplacés par les colons.

Si tu veux trouver une époque ou les arabes ont été des colons et pas des colonisés en Palestine, il faut remonter au Calife Omar qui a annexé la Palestine en 638, bien avant l'empire Ottoman (1516). Et oui, dans cette région du monde comme dans le monde entier, si tu remontes suffisamment, tu trouveras toujours une époque ou ceux qui sont considérés comme autochtones étaient à l'origine venus en colons.

La Torah raconte la conquête de la "terre promise" par les hébreux et le massacre des populations locales avant de s'y installer. Les juifs se présentent eux-mêmes comme des colons en Palestine dans leur texte sacré.

On peut jouer à ce jeu là en France aussi, les francs ont colonisé les gallo-romains, les romains ont colonisé les gaulois, les celtes dont faisaient partie les gaulois ont colonisé les peuples préhistoriques précédents. Donc si on joue à ça, oui, tout le monde est colon, personne n'est autochtone. Et les "premiers" peuples à avoir habité un lieu sur la planète se perdent dans notre ignorance des peuples préhistoriques.

Les arabes ont colonisé la Palestine un siècle à peine après que les francs ont conquis la gaule romaine. Réclamer que les arabes "rendent" leurs terres aux juifs, c'est comme réclamer que les francs "rendent" leurs terres aux gaulois, ça n'a aucun sens.

Avec le temps, les colons et les colonisés finissent par se mélanger, se confondre, et ne plus former qu'un seul peuple, et au bout de quelques siècles, réclamer une décolonisation n'a plus de sens. D'autant plus que la plupart du temps, les colons sont peu nombreux, et c'est surtout les colonisés qui finissent par adopter l'identité des colons comme la leur. Les gallo-romains n'ont pas disparus, ils ont juste fini par se considérer comme francs puis français. Tout comme les juifs et les samaritains de Palestine n'ont pas disparu de la Palestine avec la conquête arabe, ils se sont convertis massivement à l'Islam et ont fini par se considérer comme des arabes.

Les palestiniens ont bien plus d'ancêtres juifs colonisés qu'arabes colons.

Les arabes n'ont pas à "rendre leurs terres" à des juifs européens, qui ne "reviennent" pas sur "leurs terres", puisque les descendants des hébreux conquis par les arabes SONT principalement les palestiniens actuels, qui n'ont pris les terres de personne.

Ce qui fait qu'une décolonisation est envisageable et encore pertinente, c'est tant que les populations restent séparées en identités distinctes, l'une continuant à dominer l'autre. Ça peut durer plus ou moins longtemps selon les lieux et les époques.

La colonisation arabe de la Palestine en 638 ne peut plus être annulée, pas plus que les colonisations romaines, grecques, assyriennes ou hébraïques qui l'ont précédé. Les colonisations ottomanes puis anglaises ont pu être renversées parce que les identités culturelles et administratives séparées entre colons et colonisés étaient encore factuelles.

Tout comme la colonisation juive européenne datant de 1948. Quant à la façon de décoloniser, il y a 2 manières : soit les colons acceptent de renoncer à leurs privilèges, de fonder une nouvelle identité commune sans discrimination entre les peuples présents sur le territoire (donc en l'occurrence renoncer à l'existence d'un état juif et accepter un état démocratique, intégrant toutes les religions et ethnies à égalité, comme l'a fait la France en métropole et dans certains territoires d'outre-mer, bien que le racisme reste une grosse limite, un autre modèle plus proche pourrait être le Liban, ou encore la fin de l'Apartheid en Afrique du Sud), soit les colons s'obstinent et il n'y a plus d'autre solution que l'expulsion des colons par la force, comme les algériens ou les vietnamiens l'ont fait avec les français.

Je préfère largement la première option, et c'est ce que réclame Rima Hassan et l'essentiel de la jeunesse palestinienne.

La "solution à 2 états" est une 3ème option supposée, celle réclamée par l'ONU depuis 1948, mais elle paraît de plus en plus irréaliste et elle ne pourra jamais éteindre les tensions, car elle revient à demander à tous les palestiniens expulsés depuis la Nakbah de rester éternellement des réfugiés, et Israël, pour maintenir son identité d'"Etat juif" est condamnée à discriminer les palestiniens israéliens et même à en réduire régulièrement le nombre par des méthodes plus ou moins violentes pour éviter qu'ils ne deviennent majoritaires en Israël par la simple évolution démographique.

Israël ne devrait pas avoir pour ambition d'être un état juif, mais un état démocratique, donc pour tous ses citoyens quelles que soient leur religion ou origine, oui, c'est précisément la revendication de beaucoup de militants pro-palestiniens, et notamment de Rima Hassan.

Les autres se sont juste résignés au fait qu'Israël soit un état juif et donc demandent simplement un état palestinien à côté, surtout que c'est l'accord international défendu par l'ONU depuis 1948, refusé par les pays arabes, effectivement, mais aussi jamais respecté par Israël qui ne respecte aucune résolution de l'ONU depuis 70 ans.

Affirmer qu'Israël est une démocratie (la seule dans la région) est contradictoire avec le fait de se revendiquer être un état juif (ou n'importe quelle religion ou ethnie).

5) 1) 4) Les accords de paix

Lors des accords d'Oslo qui avançaient au moins un peu vers la paix et une solution à 2 états, Netanyahou manifestait en brandissant des pancartes assimilant le dirigeant qui les avait signés, Yitzhak Rabin, à Hitler, et quelques mois plus tard, Rabin était assassiné par un partisan de Netanyahou et les accords enterrés. Netanyahou a affirmé face aux caméras qu'il avait financé le Hamas pour diviser les palestiniens entre Fatah et Hamas et rendre impossibles les négociations avec les palestiniens. Smotrich a affirmé publiquement à de nombreuses reprises qu'ils allaient éradiquer les palestiniens, et encore là ces jours-ci, il s'oppose au plan de paix de Trump parce qu'il exige de continuer la guerre même une fois les otages récupérés.

Mais on continue à nous dire que ce ne sont que des gens parfaitement raisonnables et moraux, qui évidemment n'auraient jamais fait de mal aux palestiniens sans le 7 Octobre et vont redevenir très gentils dès qu'on leur rendra les otages...

Oui, les autorités musulmanes et les gouvernements des pays musulmans sont des maffieux qui instrumentalisent la cause palestinienne et développent l'antisémitisme à leur profit, et oui il est compliqué de se défaire de cette propagande même après avoir apostasié. Mais ça ne veut pas dire que la vérité est forcément toujours dans l'exact inverse, et qu'il n'y a pas de la propagande dans l'autre sens dont il faudrait aussi se méfier. Les juifs, les israéliens ou les gens qui les soutiennent ne sont pas plus immunisés à la propagande, à la haine et à l’irrationalité que les musulmans, les palestiniens ou les gens qui les soutiennent.

5) 2) Bonus histoire de la Palestine

D’après certain extrémiste : le territoire israélien du plan de partage de 47 serait "des terres juives presque sans interruption" en dehors de Gaza et la Cisjordanie. Évidement c’est totalement faux

Les juifs autochtones descendant des juifs présents avant la conquête arabe de 638 c'est ce qu'on appelle les Moustarabim, nom commun des juifs habitant en Egypte, en Syrie, en Irak, au Liban et en Palestine avant le XVème siècle. Vers 1178, le rabbin Benjamin de Tudèle visitant la Palestine parle seulement de 200 juifs restants à Acco et 200 juifs à Jérusalem. Donc au XIIème siècle il n'y avait aucune zone à majorité juive en Palestine.

En 1492, après avoir achevé la Reconquista, les rois catholiques d'Espagne puis du Portugal décident d'imposer la conversion au catholicisme aux juifs et d'expulser ceux qui refusent. On estime à 250 000 le nombre de convertis, et entre 40 000 et 120 000 sont expulsés. Ils se répartissent dans différents pays mais la majorité se réfugie dans l'Empire Ottoman, une partie étant autorisée à s'installer en Palestine. Ce sont ces Séfarades venus d'Espagne qui donnent aux juifs arabisés déjà présent le nom de Moustarabim. Ces Séfarades nouvellement installés sont donc au grand grand maximum 120 000 dans tout l'Empire Ottoman, et pourtant ils submergent en nombre les Moustarabim, au point que ces derniers finissent par s'assimiler aux Séfarades. Pour moi ces Séfarades sont des réfugiés.

Mais si pour toi un colon est un colon, qu'il soit venu de lui-même ou placé par l'Empire Ottoman, donc les Séfarades arrivés au XVème siècle sont des colons. Mais de toutes façons, réfugiés ou colons, ils ne sont pas autochtones. Et même avec l'arrivée des Séfarades, ils restent très peu nombreux et ne sont nulle part majoritaire. Au XVIème siècle, on avance le chiffre de 10 000 Juifs en Palestine, soit 5% de la population de l'époque.

Source : Peters, The Monotheists : Jews, Christians, and Muslims in Conflict and Competition, Volume II : The Words and Will of Godfirst1=Francis E., Princeton University Press, 2005, 432 p

La population juive en Palestine va ensuite augmenter très lentement avec d'autres petites vagues de réfugiés installés là par l'empire Ottoman, que par cohérence et honnêteté intellectuelle tu vas la encore considérer comme des colons, puisqu'ils arrivent en Palestine ottomane de la même façon que les égyptiens que tu appelles colons.

C'est donc avec ces vagues de "colons" (selon toi) ou de réfugiés (selon moi) successifs qu'à la moitié du XIXème on estime le nombre de juifs en Palestine à 24 000, et qu'enfin on peut parler de zones à majorité juive, principalement autour de Safed au Nord. Ce sont ces populations, très majoritairement issues donc des migrations entre le XVème et le XIXème siècle qu'on appelle le "vieux Yishouv".

Ces populations juives arrivées avant le sionisme sont considérées comme des palestiniens par l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine, correspondant aujourd'hui à l'"Autorité Palestinienne" en Cisjordanie). Avec la naissance du sionisme, l'immigration juive s'accélère, la population juive en Palestine étant estimée entre 60 000 et 80 000 en 1914.

Mais la population arabe augmente également, entre autres effectivement avec des égyptiens. Accessoirement il est compliqué d'affirmer que ce sont des "terres juives" qui ont été attribuées aux égyptiens alors qu'au même moment la population juive en Palestine triplait ou quadruplait.

Cette première vague d'immigration sioniste dans l'empire Ottoman est englobée avec le "vieux Yishouv" dans le concept de "Yishouv", présenté par les sionistes arrivant ultérieurement comme les "juifs autochtones", même si les 3 quarts ne sont là que depuis le XIXème siècle. L'immigration juive se démultiplie avec le contrôle anglais de la Palestine à partir de 1923, les anglais encourageant l'immigration juive. On passe de 83 790 (11% de la population) en 1923 à 608 230 (33% de la population) en 1945, et c'est seulement à la veille de la création d'Israël en 1948 que la majorité des terres attribuées aux juifs dans le plan de partage de 1947 finissent par être à majorité juive. Pour résumer, en Palestine, il n'y a pas de zone à majorité juive en Palestine entre 638 et 1945 pour l'essentiel des terres, ou pour être gentil entre 638 et 1850 pour uniquement le nord autour de Safed.

C'est ça que l’on appelle "des terres juives presque sans interruption" ?? 12 ou 13 siècles c'est négligeable comme interruption ?

Oui, les juifs ET les chrétiens étaient soumis au statut de dhimmis sous les califats arabes puis ottoman, ils subissaient des brimades, avaient moins de droits que les musulmans, et surtout ils payaient des impôts réservés aux dhimmis.

Mais à partir de l'empire ottoman, les arabes, bien que musulmans, n'étaient plus dominants, ils étaient soumis aux turcs. Ce n'est pas pour rien que les arabes se sont révoltés contre les ottomans en 1916-1918.

Les juifs, les chrétiens et les musulmans arabes étaient donc tous des colonisés, et savaient donc cohabiter et s'entendre relativement bien dans le rejet de l'occupant ottoman (je n'ai pas parlé d'"harmonie" non plus on n'est pas chez les bisounours).

Avec la fin de l'empire ottoman ce sont les anglais qui sont devenus les colons entre 1923 et 1945, le statut de dhimmi n'existait plus, les musulmans n'étaient plus privilégiés. Les juifs du Yishouv et les arabes musulmans ou chrétiens avaient donc un statut semblable, et ils s'opposaient ensemble à la fois à l'occupant anglais et aux nouveaux colons sionistes bien plus riches et privilégiés par les anglais et à leur projet d'Etat juif.

Il y a quelques exemples de massacres de juifs par des musulmans dans l'histoire, presque tous dans des pays musulmans sous colonisation européenne, les colons européens étant bien content d'encourager la colère des musulmans contre les juifs plutôt que contre la colonisation.

Et je réitère, dans toute l'histoire de l'Empire Ottoman, il n'y a AUCUN massacre ni AUCUNE expulsion des juifs. Jamais. Quant aux califats arabes, la seule expulsion des juifs ayant eu lieu avant la création d'Israël est l'exil de Mawza entre 1679 et 1680 au Yémen.

Mais le premier reproche du roi du Yémen aux juifs est de les accuser d'avoir pris le parti des ottomans. Ensuite c'est un exil au sein même du Yémen, les rejetant dans le désert. Et enfin au final le roi les a autorisé à revenir quand la population musulmane s'est plaint de la difficulté à obtenir les outils dont la fabrication était surtout assurée par les juifs.

Alors oui, c'était une violence extrême envers les juifs yéménites, beaucoup sont morts, beaucoup ont perdu leurs habitations et leurs biens, beaucoup ont du s'installer ailleurs au Yémen, mais la population juive est restée très importante après ça au Yémen.

En tous cas, il n'y a eu absolument aucune expulsion des juifs de la Palestine par des musulmans, aucune.

Et il y a une bonne raison pour laquelle les musulmans n'ont quasiment pas tué ou expulsé les juifs jusqu'aux implantations sionistes : c'est justement le statut de dhimmi et les impôts spéciaux leur étant réservé qui en faisait une source non négligeable de revenus pour les califats.

C'est seulement en réaction à la création d'Israël que les pays musulmans ont vraiment massivement opprimé les juifs, qui ont fuit vers Israël ou ont été expulsés, aboutissant à la disparition des communautés juives des pays musulmans. Je ne dis pas que c'était justifié, ça reste des horreurs antisémites.

Mais ça ne peut pas être mobilisé comme motivation au sionisme et à la création d'Israël, puisque l'ordre chronologique est inverse.

Mais oui, effectivement, avec la conquête musulmane de la Palestine et plus largement du Moyen-orient, le nombre de juifs a drastiquement diminué (avant de réaugmenter sous l'empire ottoman en Palestine). Comment ça s'explique en l'absence de massacres ou d'expulsions ? Eh bien effectivement avant tout par la conversion des juifs à l'Islam. Justement pour échapper au statut de dhimmi et aux impôts réservés aux dhimmis.

Et du coup, oui, de nombreuses terres autrefois juives en Palestine ou plus largement au Moyen-Orient sont devenues des terres musulmanes, pas à cause d'un remplacement de population, mais simplement parce que les mêmes familles, qui ont gardé leurs terres, se sont converties à l'Islam et ont fini par se considérer arabes, palestiniens, syriens, etc. Il n'y a pas de "terres juives presque sans interruption", par contre il y avait des "terres ayant appartenu sans interruption aux descendants des juifs devenus musulmans".

Et c'est justement l'immigration juive européenne, réfugiée puis militante sioniste, qui, en achetant d'abord des terres, puis en expulsant violemment les palestiniens lors de la Nakbah pour créer un "Etat juif", ont interrompu cette continuité et ont retiré leurs terres aux derniers descendants locaux des hébreux qui avaient réussi à les garder pendant 13 siècles après l'empire romain, malgré l'invasion arabe puis ottomane.